•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dès que le vent soufflera

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2004 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bernie Ecclestone a décidé d'envoyer les équipes de F1 dans une nouvelle région du monde, le Moyen-Orient. Une région du monde riche grâce au pétrole mais dont la nature pourrait s'avérer un ennemi impossible à combattre.

29 mars 2004 - Le circuit de Barheïn est situé en plein désert. À 30 km de la ville de Manama, la capitale. Il a coûté 150 millions de dollars US et la première édition a failli être annulée au début du mois de mars. Les organisateurs ne croyaient pas avoir le temps de terminer les travaux.

Ce qui a fait dire à Patrick Head, directeur technique de Williams : «Le circuit sera terminé mais on fera attention à ne pas mettre les mains sur la peinture fraîche».

L'endroit est exotique à souhait. Ce sera le premier Grand Prix de F1 au Moyen-Orient et le deuxième dans un pays arabe (après le Grand Prix du Maroc en 1958 remporté par Stirling Moss).

La piste est considérée comme peu adhérente. Elle se compare à celle de Silverstone qui est déjà inférieure de 1% à la moyenne. La vitesse moyenne devrait se situer autour de 210 km/h. Les moteurs tourneront à plein régime sur 60% du circuit et dans la ligne droite, les moteurs seront sollicités au maximum pendant 13 secondes, ce qui en fait un des circuits les plus exigeants avec celui de Montréal.

Mais la plus grande inquiétude concerne le sable... et le vent. Le circuit est entouré de dunes. On le compare à celui de Zandvoort, aux Pays-Bas, qui reçoit régulièrement sa dose de sable des dunes longeant la mer du nord. La F1 n'y va plus.

Un risque non calculé

Voilà que la F1 a décidé d'aller en plein désert! Le sable du désert pose le même problème que la poussière : il va partout car il est très pulvérulent (réduit à l'état de poudre), comme du talc. Si transporté par le vent, il va s'infiltrer partout et endommager moteurs, roulements de roues, composants électroniques. Les moteurs pourraient mourir «par asphyxie». Par conséquent, les organisateurs et les équipes doivent donc trouver des solutions pour contrer cet ennemi naturel:

  • Les organisateurs ont érigé de grands murs d'enceinte et ont annoncé le plus sérieusement du monde qu'ils répandront de la colle sur les dunes ceinturant le circuit! Une solution qui devrait fonctionner en cas de petite brise, mais pas en cas de tempête...
  • Les mécaniciens comptent installer des filtres sur le système d'admission des moteurs pour éviter qu'ils n'en absorbent trop. Mais comme l'explique Denis Chevrier, de Renault F1, «si on augmente la capacité de filtration, la pénalisation en performance est immédiate».
  • En cas de bris par asphyxie, les écuries pourraient-elles demander à la FIA une suspension provisoire de la règle du «moteur unique»? Le risque est énorme. Si le sable s'invite à la fête, ce sera un désastre, surtout que dans cette région du monde, c'est justement au printemps que les tempêtes de sable sont les plus fréquentes. Et elles peuvent plonger toute une région dans la pénombre, même quand le soleil est au zénith...

    «Tout devrait bien se passer s'il n'y a pas de tempête de sable, auquel cas tout deviendrait très compliqué», a admis Patrick Head.

    «Nous verrons sur place s'il faut en rire», a avoué Michael Schumacher.

    Bernie Ecclestone a choisi d'ouvrir le Moyen-Orient (riche en pétrole) à la F1, mais le Bahreïn est une région du monde minée par sa nature même, mille fois plus forte que l'Homme. Ce faisant, Ecclestone fait courir un risque incalculable à toutes les écuries et au spectacle de la F1. Croisons les doigts...

    À bientôt!

    Commentaires fermés

    L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.