•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En quête d'appui en Syrie, Erdogan menace l'Europe d'une vague migratoire

Le président turc Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une réunion à Istanbul, en Turquie et fait des gestes avec ses mains.

Le président turc Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une réunion à Istanbul, en Turquie,

Photo : Reuters / Handout .

Agence France-Presse

La Turquie a menacé samedi l'Europe d'une nouvelle vague migratoire, cherchant ainsi à obtenir un soutien occidental contre le régime syrien auquel le président Recep Tayyip Erdogan a promis de « faire payer le prix » de ses attaques contre les militaires turcs.

Samedi, à la frontière entre la Turquie et la Grèce où plusieurs milliers de personnes voulant se rendre en Union européenne ont afflué, la situation était tendue, avec des échauffourées entre policiers grecs tirant des grenades lacrymogènes et des migrants jetant des pierres.

Des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, étaient bloquées près du poste-frontière de Pazarkule (côté turc), se regroupant autour de braseros de fortune en espérant qu'Athènes les laisse passer.

Déjà la veille, des nuages de gaz lacrymogène se mêlaient à la fumée âcre des feux de camp tandis que des migrants attendaient l'occasion de passer.

Des migrants assis avec le nez couvert.

Les combats en Syrie ont provoqué une catastrophe humanitaire, obligeant près d'un million de personnes à se déplacer.

Photo : Reuters / HUSEYIN ALDEMIR

En dépit des vents violents, d'autres migrants ont choisi de gagner la Grèce par les îles de la mer Égée, où 180 personnes sont arrivées entre vendredi et samedi matin.

Samedi, un canot pneumatique transportant des Gambiens et des Congolais s'est échoué sur le rivage rocheux de Lesbos. Secoués par la traversée et récitant des prières, les 27 rescapés, dont une femme enceinte, ont été recueillis par des bénévoles.

Qu'avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes. Nous n'allons pas fermer les portes, a déclaré samedi M. Erdogan.

Un migrant debout garde son enfant dans les bras au milieu d'une foule.

Des milliers de migrants, dont des enfants, étaient bloqués près du poste-frontière entre la Grèce et la Turquie.

Photo : Reuters / HUSEYIN ALDEMIR

Le ministre turc de l'Intérieur a affirmé que plus de 36 000 migrants étaient entrés en Europe depuis la province turque d'Edirne (nord-ouest) depuis vendredi, un chiffre invérifiable qui semble largement surévalué par rapport à ce que les journalistes de l'AFP ont constaté.

Athènes bloque ses frontières

Face à ces scènes qui réveillent le souvenir des centaines de milliers de personnes qui sont arrivées en Europe par la Turquie en 2015, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a exprimé samedi sa « préoccupation ».

Elle a indiqué que l'UE était prête à « fournir un appui supplémentaire » à la Grèce et la Bulgarie qui, voisines de la Turquie, se sont barricadées.

Des migrants lancent des objets  sur les policiers grecs  lors d'affrontements à un poste-frontière en Turquie.

Des migrants et la police grecque se sont affrontés au poste frontière de Pazarkule, en Turquie.

Photo : Reuters / HUSEYIN ALDEMIR

Samedi, M. Erdogan a accusé l'UE de ne pas avoir fourni toute l'aide financière promise pour accueillir les migrants. Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a vivement critiqué les mesures prises par la Grèce à la frontière.

Ils tirent des grenades lacrymogènes sur les milliers de personnes qui attendent à leur porte, une honte, a encore dit le premier ministre turc.

Athènes a déclaré samedi avoir empêché 4 000 personnes d'entrer « illégalement » sur le territoire grec, ajoutant que 136 migrants avaient été arrêtés dans la région d'Evros.

Revers en Syrie pour la Turquie

Jeudi, Ankara a essuyé de lourdes pertes en Syrie, avec 33 militaires tués dans des frappes aériennes attribuées au régime de Bachar al-Assad, soutenu par Moscou, dans la province d'Idleb (nord-ouest). Un autre soldat turc a été tué vendredi.

La Turquie a riposté par des bombardements d'artillerie et de drones, tuant au moins 74 soldats syriens et 14 combattants de groupes alliés à Damas depuis vendredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le président turc a aussi durci le ton envers son homologue russe Vladimir Poutine, avec lequel il s'est pourtant efforcé de cultiver une étroite relation personnelle depuis 2016.

Ankara a sommé plusieurs fois les troupes syriennes de se retirer de certaines zones d'Idleb d'ici à la fin février, menaçant de les y contraindre par la force. En théorie, ce délai arrive à expiration samedi à minuit.

Le régime de Damas, appuyé par la Russie, mène depuis décembre une offensive pour reprendre la province d'Idleb, l'ultime bastion rebelle et djihadiste.

Les combats y ont provoqué une catastrophe humanitaire, obligeant près d'un million de personnes à se déplacer. Vendredi, la communauté internationale a multiplié les appels à la trêve. Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts depuis 2011.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Europe

International