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Malgré les protestations, le César de la meilleure réalisation décerné à Polanski

Roman Polanski

Le réalisateur Roman Polanski

Photo : Getty Images / GUILLAUME SOUVANT

Radio-Canada

Accusé de viol, le réalisateur franco-polonais Roman Polanski s’est vu décerner le César de la meilleure réalisation pour le film J’accuse. La 45e cérémonie des César, l'équivalent français des Oscar, s’est tenue vendredi soir sous haute tension à Paris. Plus d'une centaine de personnes ont manifesté avant la soirée contre les 12 nominations du film J'accuse. 

Roman Polanski n’est pas monté sur scène pour recevoir son trophée. Jeudi, le cinéaste âgé de 86 ans avait annoncé qu’il renonçait à assister à la cérémonie pour protéger [sa] famille, [sa] femme et [ses] enfants, à qui l'on fait subir injures et affronts.

Plus tôt dans la journée vendredi, l’ensemble de l'équipe du film J'accuse avait décidé de ne pas être présente à la cérémonie, dénonçant un tribunal d'opinion contre Roman Polanski, soupçonné d'abus sexuels.

Au fil des années, Roman Polanski a déjà été récompensé à de multiples reprises par l’Académie des César.

Thriller historique sur l'affaire Dreyfus (un des grands scandales politiques de l'histoire de la France moderne), J’accuse a également remporté deux autres César durant la soirée : celui de la meilleure adaptation et celui des meilleurs costumes.

Plusieurs personnes ont quitté la salle où se tenait la cérémonie des César après que la victoire de Polanski pour le prix de la meilleure réalisation a été annoncée. L'actrice française Adèle Haenel, qui accuse d'agressions sexuelles un autre réalisateur, Christophe Ruggia, a très visiblement manifesté son dégoût alors qu'elle se dirigeait vers la sortie.

Le film Les misérables et Fanny Ardant honorés

Nommé aux Oscars, le film Les misérables, du réalisateur Ladj Ly, a été récompensé du César du meilleur film.

Plusieurs hommes et une femme se tiennent sur une scène.

Le réalisateur Ladj Ly, pendant la cérémonie des César, entouré d'une partie de l'équipe du film « Les misérables »

Photo : Reuters / Piroschka Van De Wouw

Anaïs Demoustier a reçu le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Alice et le maire aux côtés de Fabrice Luchini. Et c'est Roschdy Zem qui s'est vu remettre le César du meilleur acteur pour sa prestation dans Roubaix, une lumière.

Le César de la meilleure actrice dans un second rôle est allé à Fanny Ardant pour La belle époque. Quant au César du meilleur acteur dans un second rôle, il a été attribué à Swann Arlaud (Grâce à Dieu).

Des slogans hostiles à Roman Polanski

Moins de deux heures avant le début de la cérémonie, des activistes – en majorité des femmes –, avec des fumigènes, ont tenté d'approcher de la salle Pleyel, où se tenait la soirée, protégée par la police et des barrières métalliques. Elles criaient : « Enfermez Polanski ».

Les femmes protestent avec une bannière

Plus d'une centaine de manifestants protestent contre les 12 nominations du film «J'accuse», de Roman Polanski, qui est accusé de viol.

Photo : La Presse canadienne / Rafael Yaghobzadeh

Les manifestantes qui tentaient de renverser des barrières ont été repoussées par la police. Elles lançaient des slogans hostiles au cinéaste, comme « Polanski violeur, cinéma coupable, public complice ».

On veut interpeller le milieu du cinéma qui peut soutenir [l'actrice française] Adèle Haenel, qui dénonce des faits d'agressions sexuelles et, dans le même temps, avec une hypocrisie incroyable, soutient Roman Polanski, a expliqué Céline Piques, porte-parole de l'organisme Osez le féminisme, à une journaliste de l'Agence France-Presse (AFP).

Des femmes qui manifestent.

La perspective d'une pluie de récompenses pour le cinéaste franco-polonais de 86 ans a été jugée inacceptable par une partie de l'opinion publique et les féministes, en pleine ère post-#MoiAussi.

Photo : La Presse canadienne / Rafael Yaghobzadeh

La perspective d'une pluie de récompenses pour le cinéaste franco-polonais de 86 ans a été jugée inacceptable par une partie de l'opinion publique et les féministes, en pleine ère post-#MoiAussi. Toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d'une procédure pour détournement de mineure déclenchée en 1977, Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol.

Une femme tient une affiche sur laquelle on peut lire « J'accuse Polanski, les Césars».

Une manifestante à la cérémonie de remise des César

Photo : La Presse canadienne / Rafael Yaghobzadeh

La photographe française Valentine Monnier affirme avoir été frappée et violée par le cinéaste en 1975, en Suisse, quand elle avait 18 ans. Son témoignage s'ajoute aux accusations de plusieurs femmes ces dernières années, pour des faits prescrits.

Le réalisateur Costa Gavras a regretté pour sa part que Roman Polanski et l'équipe du film ne soient pas là.

Les nominations pour le film ont été décidées démocratiquement. Il faut distinguer l'homme et l'œuvre.

Costa Gavras, réalisateur

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a estimé vendredi matin qu'un César du meilleur réalisateur pour Roman Polanski serait un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Deux mondes en opposition

Cette cérémonie des César symbolise la fracture de la société. L'affrontement entre un ancien monde en train de s'effriter face à des hommes et des femmes qui ont envie de réfléchir aux représentations, juge l'universitaire Iris Brey, spécialiste du genre au cinéma, dans un entretien au journal L'Humanité.

Le renouveau était incarné notamment par Adèle Haenel, nommée pour le César de la meilleure actrice et devenue l'icône d'un nouvel élan du mouvement #MoiAussi en France depuis qu'elle a accusé, en novembre, le réalisateur Christophe Ruggia d'« attouchements répétés » quand elle était adolescente.

Celle qui avait créé un séisme dans le cinéma français à l'automne avec son témoignage a estimé lundi, dans une entrevue accordée au New York Times, que « distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes ».

Réalisatrice du Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma, qui participe activement à la parité dans le cinéma, n'a pas remporté le César de la meilleure réalisation. Ce prix a été attribué seulement une fois à une femme, Tonie Marshall, pour Vénus Beauté (Institut), il y a tout juste 20 ans.

Cette soirée devait aussi être celle du début d'une renaissance pour l'institution des César, accusée d'opacité, de manque de diversité et de parité. Une tribune signée par 400 personnalités du cinéma avait conduit, à la mi-février, à la démission en bloc de son conseil d'administration.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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