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La violence conjugale, un fléau sur la Côte-Nord : une femme ose parler

Le slogan de la campagne du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Photo : Radio-Canada

Alix-Anne Turcotti

La lutte contre la violence conjugale est un combat de tous les instants en région éloignée où les ressources d'aide sont limitées. Sur la Côte-Nord, le taux de violence conjugale est deux fois élevé qu'ailleurs au Québec, selon les dernières études réalisées entre 2008 et 2015. Une femme, qui a déjà été victime de violence conjugale, témoigne en espérant inciter d’autres femmes comme elle à demander de l’aide.

Il aura fallu cinq tentatives avant que Lise Bouchard réussisse à quitter définitivement le domicile familial.

Ce n’est pas de l’amour les fleurs qu’on reçoit après les pleurs.

Lise Bouchard, survivante de violence conjugale
Lise Bouchard regarde la caméra.

Lise Bouchard est une survivante de la violence conjugale.

Photo : Radio-Canada

Moi, c’était de la violence psychologique, économique. On n’a pas besoin de recevoir des coups, pour souffrir, pour être blessée, pour être détruite; les mots, ça blesse, ça détruit l’estime de soi, ça détruit la confiance en soi, témoigne-t-elle.

Épuisée, c’est à la maison des femmes de Sept-Îles qu'elle a trouvé refuge à l'époque.

Accompagnée, écoutée, hébergée et en sécurité, elle a été soutenue par le personnel de la maison qui lui a réapprit à vivre.

Je n’aurais pas pu m’en sortir sans eux. Je vous conseille de téléphoner. Vous pouvez rester anonyme, vous ne sentirez pas de pression, mais c’est important. Moi, je ne m’en serais pas sortie sans eux.

Lise Bouchard, survivante de violence conjugale

Comme Lise, des dizaines de femmes se retrouvent chaque année dans cette maison.

Malgré la grandeur du territoire et la rareté de main-d’œuvre qualifiée, la directrice générale de l'établissement, Martine Girard, accueille toutes les femmes qui vivent de la violence. La concurrence avec le réseau de la santé est difficile, lorsque des postes sont à pourvoir. Plusieurs mois peuvent s’écouler avant de trouver du personnel.

Elle aimerait avoir davantage de ressources pour permettre aux intervenantes de se déplacer.

Je vous dirais que c’est beaucoup dans les services externes qu’on est limité, lorsque c’est le temps d’aller rencontrer des femmes qui ne peuvent pas se déplacer ou pour faire de la prévention, explique Mme Girard.

Un taux élevé de violence conjugale

Selon, Martine Girard les causes et les facteurs de risques liés à la violence conjugale sont multiples.

Martine Girard est assise dans son bureau, elle regarde la caméra.

La directrice générale de la Maison des Femmes de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup de facteurs. L'éducation est un facteur, bien que la violence conjugale touche tout le monde, toutes les classes sociales.

Martine Girard, directrice de la maison des femmes de Sept-Îles

Difficile d'avoir un portrait statistique précis sur la question puisque l'Institut national de la santé publique constate aussi que de nombreux cas de violence conjugale ne sont pas dénoncés à la police, et donc ne sont pas pris en compte dans les études.

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