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L'utilisation par la GRC de la reconnaissance faciale fait l'objet d'une enquête

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : iStock

L'utilisation de technologies de reconnaissance faciale par des entreprises et des corps de police au pays soulève des craintes chez les partis d’opposition à Ottawa. Elle retient aussi l’attention du commissaire fédéral à la vie privée, qui enquête sur l’utilisation par la GRC d’un logiciel controversé.

Le Bloc québécois exige un moratoire sur l’utilisation de ces logiciels de reconnaissance faciales par les entreprises privées de juridiction fédérale, le temps d’établir des règles claires de protection de la vie privée.

Déjà avec la publicité ciblée on a l’impression d’être surveillé; là, ça serait une coche au-dessus, estime Christine Normandin, députée bloquiste de Saint-Jean.

L’équilibre entre le bénéfice pour l’entreprise et le préjudice pour la personne qui verrait ses données utilisées ne vaut pas la chandelle.

Christine Normandin, députée bloquiste de Saint-Jean

La députée s’inquiète de la fuite potentielle des données et de l’atteinte à la vie privée. Big Brother, est-ce qu’on veut l’avoir au quotidien et pour le bénéfice d’entreprises privées?

De son côté, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice insiste pour que le gouvernement impose des balises claires aux corps policiers qui utilisent cette technologie de reconnaissance faciale. Si on laisse ce monstre-là naître, dit-il, ça va être difficile de le faire reculer par la suite.

Le député recommande des critères comme la menace terroriste, l’enlèvement d’enfants, le trafic ou l’exploitation sexuelle. Ça prend des balises et des gens capables de vérifier ces balises-là, comme un juge doit le faire pour l’écoute électronique, précise-t-il.

On ne veut pas vivre dans une société où la vie privée est bafouée constamment.

Alexandre Boulerice, député néo-démocrate de Rosemont-La Petite-Patrie

Quant à l’utilisation du logiciel en catimini par la GRC, les partis d’opposition à Ottawa y voient un manque de transparence de la part du gouvernement. Il devrait y avoir des vérifications à l’interne, croit M. Boulerice. Et des sanctions pour les gens qui ont fait ça.

Enquête du commissaire à la vie privée

Le commissaire fédéral à la vie privée a confirmé vendredi qu’il se pencherait sur l’utilisation par la GRC d’un logiciel controversé de l’entreprise Clearview AI. Ce programme de reconnaissance faciale était déjà sous la loupe de son bureau dans un effort conjoint avec ses homologues de l’Alberta et du Québec.

Ils ont convenu d’élaborer ensemble des orientations à l’intention des organisations – y compris les organismes d’application de la loi – sur l’utilisation de la technologie biométrique, dont la reconnaissance faciale, a expliqué le Commissariat fédéral à la vie privée du Canada dans un communiqué.

Pour l’instant, le gouvernement Trudeau s’en remet au travail du commissaire et de ses homologues provinciaux.

Le secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, Joël Lightbound, juge que les révélations des derniers jours sont préoccupantes. Il faut toujours essayer de balancer d’une part le droit à la vie privée et d’autre part le devoir de protéger les Canadiens, a-t-il ajouté, en référence à l’utilisation du logiciel de Clearview AI par le corps de police fédéral.

À ses yeux, il revient au commissaire à la vie privée de trouver cet équilibre.

On est vraiment en retard, note le député conservateur Pierre Paul-Hus. Pour lui, la réaction des autorités gouvernementales est trop lente.

Il souhaite que le Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes se penche sur l’encadrement de ces nouvelles technologies.

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