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La GRC et 34 services policiers canadiens ont utilisé l'application de Clearview AI

Des personnes dans la foule d'un concert avec des carrés sur leur visage. Simulation d'un système de reconnaissance faciale.

La technologie de reconnaissance faciale de Clearview AI peut identifier quelqu'un à partir d'une seule photo.

Photo : Twitter / Fight for the Future

Après que la liste volée de plus de 2200 clients de l’entreprise d’intelligence artificielle Clearview AI a été obtenue jeudi par le média BuzzFeed News, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a avoué avoir utilisé sa technologie de reconnaissance faciale controversée. Plus d’une trentaine de services policiers canadiens figurent aussi dans la liste.

Le Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants (CNCEE) de la GRC utilise et examine le logiciel de Clearview AI depuis environ quatre mois dans des enquêtes sur des cas d'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet, a déclaré la police fédérale par voie de communiqué, soutenant que l’application lui a permis d'identifier et de sauver deux enfants.

La GRC affirme avoir divulgué ces informations par souci de transparence, soutenant y avoir eu recours dans seulement 15 cas. Le quotidien The Toronto Star, qui a pu consulter en exclusivité la liste de clients obtenue par BuzzFeed News, rapporte que la police fédérale aurait effectué plus de 450 recherches avec le logiciel.

Quelques unités au sein de la GRC mettent à l'essai, dans une capacité limitée, le logiciel de Clearview AI afin d'en déterminer l'utilité et de faciliter les enquêtes criminelles. La GRC s'entretiendra avec le commissaire à la protection de la vie privée [...] pour élaborer des lignes directrices et des politiques conformes à la loi et aux règlements, poursuit-on dans le communiqué.

Le commissaire Daniel Therrien a ensuite annoncé vendredi qu'il enquêterait sur l'utilisation du logiciel par la GRC. La semaine dernière, lui et trois de ses homologues provinciaux, dont l'équipe de la Commission d'accès à l'information du Québec, ont annoncé qu’ils enquêtaient conjointement sur l'utilisation de la technologie de Clearview AI.

Hoan Ton-That assis sur des marches dans une photo prise en studio.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hoan Ton-That est le fondateur et le président-directeur général de Clearview AI.

Photo : hoantonthat.com/

C’est surtout le fait que l’entreprise recueille et utilise les informations personnelles de la population sans consentement qui a mené à cette enquête, qui vise à déterminer si Clearview AI respecte les lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels.

Clearview AI a bâti sa base de données en puisant dans des milliards de photos sur le web. Son logiciel peut identifier les gens à partir d’une seule photo de leur visage : il suffit de téléverser une photo de la personne que l'on veut identifier, et l’application montre toutes les images publiques de la personne en question, en plus des sources de chacun des clichés.

Le New York Times a levé le voile sur les pratiques de Clearview AI dans une enquête publiée en janvier. L’entreprise a ensuite été mise en demeure par Google, Facebook et Twitter, qui lui ont demandé de ne plus puiser d’images de leurs plateformes pour alimenter ses algorithmes.

Clearview AI a confirmé mercredi que sa liste de clients et les données liées à la quantité de recherches effectuées par chacun d’entre eux avaient été volées par une personne ayant obtenu un accès non autorisé.

Utilisée par la police et des entreprises privées

Si la police de Toronto a avoué il y a quelques semaines que certains de ses agents et agentes avaient testé la technologie, voilà que le Toronto Star révèle qu’au moins 34 services policiers canadiens, dont ceux d’Halifax, de Cornwall et de London, ont eu recours à l’application de Clearview AI. La plupart de ceux-ci (21) sont ontariens.

Tous sauf la GRC n'auraient toutefois utilisé que la version d'essai gratuite de l’application.

Un groupe de personnes visées par un logiciel de reconnaissance faciale.

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada enquête présentement sur Clearview AI.

Photo : getty images/istockphoto / AndreyPopov

Le Bureau d'assurance du Canada, le service policier de VIA Rail et la chaîne de pharmacies Rexall, qui compte 415 magasins au pays, se sont également servis de l'outil de Clearview AI. Les trois assurent avoir utilisé uniquement la version d'essai gratuite de l’application.

Plus répandu aux États-Unis

Si le Canada est le deuxième marché en importance de l'entreprise d’intelligence artificielle controversée, la forte majorité de ses clients sont situés aux États-Unis.

Parmi eux figurent le département de la Justice, les services frontaliers et de l'immigration (ICE), les grandes chaînes de magasins Macy’s et Walmart, et la National Basketball Association (NBA).

L’entreprise avait précédemment indiqué que son application servait uniquement à la police, mais l’enquête de BuzzFeed News vient démontrer que son outil commence à être utilisé dans plusieurs sphères de la société.

L’avocat de Clearview AI, Tor Ekeland, a dit au média qu’il y avait de multiples inexactitudes dans ces informations obtenues de manière illégale et qu’il ne fournirait aucun autre commentaire vu l’enquête fédérale présentement en cours.

Avec les informations de Buzzfeed News, The Toronto Star, et The New York Times

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