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Procès pour délit de fuite : trop de questions sans réponses, selon la défense

L’avocat de la défense a remis en question l'objectivité de la méthode d’enquête.

Maurice Johnson quitte le palais de justice.

Maurice Johnson le 24 janvier 2020 à la sortie du palais de justice à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Radio-Canada

Il y a trop de questions sans réponse pour que Maurice Johnson puisse être reconnu coupable de ne pas s’être arrêté sur les lieux d’un accident ayant causé la mort, a déclaré l’avocat de la défense à la Cour du Banc de la Reine de Moncton lors de la présentation des arguments finaux.

Gilles Lemieux a insisté sur le fait que tout au long du procès, la Couronne n’a pas réussi à démontrer hors de tout doute que Maurice Johnson a volontairement abandonné la victime sur le bord de l'autoroute.

Maurice Johnson, 57 ans, est accusé d'avoir quitté les lieux après avoir happé mortellement Brady Francis, un Autochtone de 22 ans, le 24 février 2018, au Nouveau-Brunswick.

Brady Francis.

Brady Francis est mort le 24 février 2018 à 22 ans.

Photo : Facebook

Les arguments que la Couronne a présentés comportent plusieurs faiblesses, a souligné Gilles Lemieux.

La position du corps de Brady Francis ne correspondait pas aux dommages subis par la camionnette de Maurice Johnson, a-t-il cité en exemple. De plus, le sang trouvé sur le camion ne correspondait pas à l'ADN de la victime.

Il a aussi évoqué des problèmes dans la chronologie des événements relatés par les témoins.

La preuve de la défense repose sur l'affirmation de Maurice Johnson selon laquelle il a vu un chevreuil et non un humain.

Comment pouvez-vous déterminer hors de tout doute raisonnable qu'il a intentionnellement quitté la scène en sachant qu'il avait happé une personne? a-t-il demandé à la juge, Denise LeBlanc.

Une enquête « biaisée », selon la défense

Selon lui, les enquêteurs étaient biaisés dès le départ envers l'accusé, Maurice Johnson, en estimant qu’il était coupable et que tout a été fait pour le prouver.

Il est évident que les enquêteurs ont mis des œillères et n’ont pas effectué une enquête objective, ils n'ont pas interrogé tous les témoins potentiels, a-t-il affirmé.

Il a avancé qu'il faudrait prouver que Maurice Johnson avait intentionnellement quitté la scène du crime en laissant une personne en détresse, ce qui n’a pas été fait.

La camionnette de l'accusé captée par vidéo

L'avocat de la Couronne estime pour sa part que les preuves circonstancielles sont suffisantes pour démontrer que la camionnette grise, montrée sur une vidéo de surveillance captée par un dépanneur, correspond à celle de Maurice Johnson.

Le procureur de la Couronne, Pierre Gionet, a présenté une vidéo provenant d'un dépanneur montrant un jeune homme marcher le long de la route.

La vidéo montre ensuite quatre véhicules passer dans le même sens. Les deux premiers propriétaires ont indiqué avoir vu le jeune homme le long de la route, et le quatrième a dit l'avoir vu étendu au sol.

Le troisième véhicule semble être celui de Maurice Johnson, qui a confirmé avoir conduit sur cette route à l'heure à laquelle la camionnette a été vue sur la vidéo et à laquelle il a dit avoir frappé un chevreuil.

Le vrai travail commence aujourd’hui, a dit vendredi la juge Denise LeBlanc.

La juge rendra sa décision le 28 avril.

Avec les renseignements de Sophie Désautels

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