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Selon l'OMS, le coronavirus est désormais une menace internationale « très élevée »

La maladie poursuit sa progression implacable. Le bilan s'alourdit en Corée du Sud et en Iran. L'Afrique subsaharienne est touchée à son tour. Plusieurs pays, dont le Mexique, signalent leurs premiers cas.

Un homme vaporise un banc de voiture à l'aide d'un aérosol.

Un chauffeur de taxi de Milan, en Italie, vaporise un désinfectant dans va voiture par crainte du coronavirus.

Photo : Reuters / Yara Nardi

Radio-Canada

Alors que des centaines de nouveaux cas de COVID-19 continuent d'apparaître partout dans le monde, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré vendredi que le coronavirus constitue désormais une menace internationale très élevée.

Nous n'avons pour l'instant pas la preuve que le virus circule librement. Tant que cela ne sera pas le cas, nous aurons encore une possibilité de le contenir, a expliqué vendredi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhamon Ghebreyesus.

Nous avons augmenté notre évaluation des risques de propagation et d'impact du COVID-19 à un stade très élevé à l'échelle mondiale.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS

L'agence onusienne s'abstient cependant toujours de déclarer l'état de pandémie. Elle continue de faire valoir que le monde a encore une chance d'endiguer la maladie, pourvu que des actions robustes soient mises en oeuvre partout sur la planète.

Selon le Dr Tedros, 20 vaccins contre le COVID-19 sont en développement dans le monde, et des essais cliniques pour d'autres approches thérapeutiques sont en cours. Les premiers résultats ne seront cependant pas connus avant quelques semaines.

À ce jour, le COVID-19 a infecté au moins 84 117 personnes et fait 2870 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'Agence France-Presse à partir de sources officielles.

Pour le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ce n’est pas le moment de paniquer, mais de se préparer pleinement, a-t-il déclaré vendredi.

Nous voyons des cas dans plusieurs nouveaux pays, y compris maintenant le continent africain. […] Il est temps maintenant pour tous les gouvernements de prendre des mesures et de faire tout leur possible pour contenir la maladie, sans stigmatisation et en respectant les droits de la personne, a relevé le chef de l'ONU lors d'une brève déclaration à la presse vendredi.

La maladie poursuit sa progression

Des femmes en combinaison nettoient des rampes d'escalier.

Des équipes de nettoyage désinfectent les escaliers mécaniques d'une station de métro de Séoul, en Corée du Sud.

Photo : Reuters / Kim Hong-Ji

En chiffres absolus, c'est en Corée du Sud que la maladie, qui peut dégénérer en pneumonie mortelle dans les cas les plus graves, progresse le plus rapidement, et ce, pour une deuxième journée de suite.

Un total de 571 nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été enregistrés vendredi dans le pays.

La Corée du Sud est le deuxième pays le plus touché par l'épidémie, après la Chine continentale, qui a signalé 329 nouveaux cas vendredi. Pékin avait signalé 433 nouveaux cas la veille.

Samedi, la Corée du Sud a recensé trois nouveaux décès et 594 cas supplémentaires de contamination, la plus forte hausse quotidienne à cette date qui porte le total à 2931 personnes infectées, selon les autorités sanitaires.

Trois femmes ont succombé au COVID-19 dans la région de Daegu, portant à 16 le bilan des décès dans le pays.

La Chine demeure le pays qui enregistre le plus de décès au quotidien. Elle en a signalé 47 vendredi, puis 47 samedi, pour un total de 2835 depuis que l'épidémie a pris naissance dans la ville de Wuhan cet automne.

210 morts en Iran?

À l'exception de la Chine, c'est en Iran que le COVID-19 se révèle le plus mortel. Téhéran a déclaré vendredi 8 nouveaux décès, pour un total de 34, et 143 nouveaux cas de contamination, ce qui porte le bilan à 388.

Selon le ministère iranien de la Santé, 24 des 31 provinces du pays sont maintenant touchées, comparativement à 14 la veille. La propagation du coronavirus se poursuivra pendant des jours, voire des semaines, a prévenu un porte-parole du ministère.

Le service persan de la BBC cite quant à lui des sources hospitalières selon lesquelles l'épidémie aurait fait au moins 210 morts dans le pays. L'information a rapidement été démentie par le porte-parole du ministère de la Santé.

Le ministre iranien de la Santé, Saïd Namaki, a pour sa part annoncé que toutes les écoles de la République islamique seront fermées de samedi à mardi. Nous avons une semaine assez difficile devant nous, a-t-il déclaré à la télévision d'État.

Quatre hommes masqués jouent aux cartes. L'un d'eux porte aussi des gants chirurgicaux.

En Italie, des résidents du village de San Fiorano, placé en quarantaine par le gouvernement, portent des masques et même des gants pour jouer aux cartes.

Photo : Reuters / Marzio Toniolo

En Europe, l'Italie demeure le pays le plus touché, avec 888 cas déclarés, dont 21 morts, selon le bilan présenté vendredi par la Protection civile. C'est 4 morts et 238 cas de plus que la veille.

Dix-neuf cas supplémentaires de contamination ont aussi été confirmés vendredi en France, portant à 57 le nombre total des personnes infectées dans le pays depuis la fin de janvier.

Mis à part la Chine, 49 pays ont maintenant déclaré un ou plusieurs cas de COVID-19 en date de jeudi, pour un total de 4351 cas qui ont engendré 67 décès, a précisé le Dr Tedros, grand patron de l'OMS.

Vingt-quatre cas ont été exportés de l’Italie vers 14 pays, et 97 cas ont été exportés de l’Iran vers 11 pays. [C’est] clairement préoccupant.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS
Deux femmes portant des casques de Mickey et Minnie portent des masques.

Dans la capitale japonaise, les parcs d'attractions Tokyo DisneyLand et Tokyo DisneySea vont fermer leurs portes du 29 février au 15 mars en raison des craintes de propagation du coronavirus.

Photo : Reuters / Issei Kato

Un premier cas en Afrique subsaharienne

Pour la première fois depuis l'apparition de l'épidémie, un cas a été signalé dans un pays de l'Afrique subsaharienne, en l'occurrence le Nigeria. Jusqu'ici, seules l'Égypte et l'Algérie avaient été touchées en Afrique.

Selon le ministre de la Santé, Osagie Enahire, c'est un Italien travaillant au Nigeria qui a été déclaré positif au COVID-19 à son retour de Milan le 25 février.

Le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants, a assuré le ministre, en précisant qu'il était hospitalisé dans un centre spécialisé pour les maladies infectieuses de Lagos, une mégapole de 20 millions d'habitants.

Les autorités ont entrepris de rencontrer et d'observer tous les passagers du même vol et de déterminer les lieux où l'homme s'est rendu après son arrivée au Nigeria.

Des dizaines de Nigérians font la file devant un commerce.

Des Nigérians font la file devant un centre commercial de la capitale, Abuja, pour mettre la main sur des équipements de protection.

Photo : Reuters / Afolabi Sotunde

Un premier cas au Mexique

Le Mexique a aussi déclaré vendredi ses deux premiers cas de coronavirus. Seul le Brésil avait jusqu'ici signalé un cas au sud des États-Unis.

Selon le vice-ministre de la Santé, Hugo Lopez-Gatell Ramirez, ce sont deux hommes en provenance de l'Italie qui ont contracté le COVID-19. Le premier cas a été détecté à Mexico, et le second, dans l'État de Sinaloa.

Les deux cas sont liés, a dit le vice-ministre. Lors de leur séjour en Italie, les deux hommes auraient été en contact avec un Italien résidant en Malaisie.

Le paquebot « Meraviglia », au large d'un port.

Le paquebot « Meraviglia », qui transporte 6000 passagers et membres d'équipage, a pu accoster jeudi à Cozumel, au Mexique. Il avait été refoulé cette semaine par la Jamaïque et les îles Caïmans par crainte du coronavirus en raison de la grippe contractée par un membre d'équipage. Les passagers devraient être autorisés à débarquer.

Photo : Reuters / Pigiste

Ailleurs dans le monde, le Bélarus, l'Azerbaïdjan, l'Estonie, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Roumanie, l'Islande et la Nouvelle-Zélande ont signalé leur premier cas de COVID-19 au cours des dernières heures.

Au Canada, où 14 cas d'infection au coronavirus ont été confirmé, le Québec adéclaré jeudi soir son premier cas probable de la maladie.

Il s'agit d'une Montréalaise de 41 ans récemment revenue d'un voyage en Iran.

Ailleurs au pays, l'Ontario a confirmé un septième cas de COVID-19 vendredi matin. La Colombie-Britannique a également sept cas confirmés.

Une lanceuse d'alerte américaine sème l'inquiétude

Aux États-Unis, des médias américains annoncent qu’une lanceuse d’alerte du département de la Santé s’est plainte que des travailleurs de la santé avaient été envoyés sans équipement de protection auprès d'Américains rapatriés au pays après avoir été exposés au coronavirus.

Selon le Washington Post et le New York Times, cette femme affirme qu'une vingtaine d'employés du département ont été envoyés sans protection ni formation spécifique préalable auprès de ces Américains, placés en quarantaine sur deux bases militaires de la Californie à la fin de janvier et au début de février.

Un homme est debout aux côtés d'un tableau recensant le nombre de cas répertoriés dans les pays touchés.

Dans une clinique médicale de Sacramento, en Californie, les responsables tiennent le compte de la progression de la maladie dans le monde. Les chiffres qui y figurent ont été inscrits jeudi. D'autres cas se sont ajoutés depuis.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

L’une d’elles est la base Travis, où a été détecté le premier cas de contamination communautaire sur le territoire américain, c'est-à-dire d'une personne n'ayant ni voyagé dans les zones à risques ni été en contact avec un malade connu.

Selon la lanceuse d’alerte, les équipes du département de la Santé ont travaillé par moments aux côtés d'agents des centres américains de détection et de prévention des maladies (CDC), protégés quant à eux de la tête aux pieds. Une fois leur mission terminée, certains auraient pris des vols commerciaux pour rentrer chez eux.

En tout, 61 cas ont été confirmés aux États-Unis, dont 46 personnes ayant été contaminées à l'étranger, soit dans la région de Wuhan, en Chine, soit sur le paquebot Diamond Princess.

Un passager britannique ayant contracté la maladie sur le bateau de croisière qui a été placé en quarantaine au port japonais de Yokohama est par ailleurs décédé, a annoncé vendredi le ministère japonais de la Santé.

Il devient le cinquième passager du Diamond Princess à succomber au COVID-19. Pas moins de 705 passagers du paquebot ont contracté la maladie.

Deux hommes masqués conduisent des machines devant une mosquée.

En Arabie saoudite, des travailleurs portent des masques en nettoyant le plancher devant la grande mosquée de La Mecque.

Photo : Getty Images / AFP/ABDEL GHANI BASHIR

En Arabie saoudite, les autorités ont interdit vendredi aux ressortissants des autres pays du Golfe d'entrer dans les villes saintes de La Mecque et de Médine. D'après Riyad, cette interdiction motivée par la présence de dizaines de nouveaux cas dans les pays de la région ces derniers jours est à l’origine de cette mesure temporaire.

Ce qu’il faut savoir

  • Le COVID-19 est une nouvelle maladie et il n’existe aucun vaccin pour la prévenir.
  • La maladie se propage de personne à personne lorsqu’il y a un contact étroit entre des sujets.
  • Les symptômes peuvent se manifester jusqu'à 14 jours après une exposition au coronavirus.
  • Pour prévenir la propagation, il est recommandé de se laver souvent les mains et de tousser dans le creux du bras plutôt que dans ses mains.
  • L’utilisation d’un masque n’est pas nécessaire pour les personnes en santé; les personnes qui ressentent des symptômes sont invitées à utiliser un masque pour ne pas contaminer les autres.
  • Il n’existe pas de traitement précis pour les personnes infectées; la majorité d’entre elles se rétabliront d’elles-mêmes.
  • Les symptômes peuvent inclure la fièvre, des difficultés respiratoires, voire une pneumonie. Certaines personnes infectées n’ont aucun symptôme.
  • Selon des données chinoises, la maladie est « bénigne » dans 81 % des cas, « grave » dans 14 % des cas et « critique » dans 5 % des cas.
  • Le risque pour la santé publique est considéré comme faible par Ottawa. Les Canadiens appelés à voyager sont invités à consulter les avertissements d’Affaires mondiales Canada.

Sources : Agence de la santé publique du Canada, Agence France Presse

Pour plus de détails, consultez le site de l'Agence de la santé publique du Canada (Nouvelle fenêtre) et celui des conseils aux voyageurs (Nouvelle fenêtre) d'Affaires mondiales Canada.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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