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Des frappes de l’armée syrienne tuent 33 soldats turcs à Idlib

Des rebelles dans un champ préparent des obus.

Dans le nord-ouest de la Syrie, Idlib constitue une position stratégique pour l’armée syrienne.

Photo : Reuters / Umit Bektas

Radio-Canada

La tension entre la Turquie et la Syrie a culminé jeudi dans la région d’Idlib, où 33 soldats turcs ont été tués et une trentaine d'autres soldats ont été blessés, dont certains grièvement, dans des frappes aériennes de l’armée syrienne.

Rahmi Dogan, le gouverneur de la province turque de Hatay, frontalière avec la Syrie, a affirmé que les blessés ont été évacués en Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a présidé une réunion extraordinaire du conseil de sécurité nationale à Ankara.

M. Erdogan a répété que la présence turque est conforme à l’accord d’Adana, qui a été signé entre Damas et Ankara en 1998 et selon lequel la Syrie s’engage à lutter contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

En vertu de cet accord, la Turquie peut exercer son droit légitime d’intervenir sur le territoire syrien lorsque Damas ne remplit pas ses obligations.

Parallèlement aux affrontements sur le terrain, des pourparlers ont eu lieu jeudi à Ankara entre Turcs et Russes sur la situation à Idlib, devenue l’épicentre d’un conflit militaire entre les Syriens et leurs alliés russes d’un côté, et la Turquie et des groupes rebelles syriens qu’elle soutient de l'autre côté.

Jusqu’à présent, ces pourparlers diplomatiques n’ont pas donné de résultats.

Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi, la présidence turque affirme qu’elle poursuivra ses opérations terrestres et aériennes contre l’armée syrienne en représailles à la mort des soldats turcs.

Toutes les positions connues du régime (syrien) ont été prises sous le feu de nos unités terrestres et aériennes, a affirmé le directeur de la communication de la présidence, Fahrettin Altun, dans un communiqué. Nos valeureux soldats se sont vengés, a-t-il déclaré.

À défaut d'agir rapidement, le risque d'une escalade encore plus grande augmente d'heure en heure, a mis en garde le porte-parole des Nations unies Stephane Dujarric, qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Les pertes essuyées par la Turquie jeudi portent à au moins 46 le nombre de militaires turcs tués à Idlib en février.

Un million de réfugiés

Selon le site d'information Middle East Eye, qui cite une source officielle, la Turquie a décidé d’ouvrir ses frontières avec la Syrie dans le sud-ouest du pays pour les prochaines 72 heures afin de permettre aux réfugiés syriens, qui fuient les bombardements, de passer en Europe.

Le haut responsable turc cité précise que les autorités turques n’empêcheraient pas les réfugiés de passer en Europe par voie terrestre ou maritime. Cette décision a été prise après la réunion du président Erdogan avec le Conseil de sécurité national dans la soirée de jeudi.

Depuis le début de l’offensive syrienne et de son allié russe dans la région d’Idlib en décembre, environ un million de personnes ont été déplacées près des frontières turques.

Des véhicules militaires sur la route.

Des véhicules de l'armée turque dans la région d'Idlib, en Syrie

Photo : Reuters / Khalil Ashawi

L’enjeu d’Idlib

Idlib et sa région, dans le nord-ouest du pays, constituent une position stratégique pour l’armée syrienne.

Damas et son allié russe ont multiplié les opérations ces dernières semaines dans la région, mais les groupes rebelles, dont certains sont appuyés par Ankara, ont contre-attaqué et repris jeudi la ville stratégique de Saraqeb.

Les insurgés se sont déployés dans les rues de la ville en ruines et totalement vidée de ses habitants.

Saraqeb, qui avait été reconquise le 8 février par le régime, se trouve à la jonction de deux autoroutes que le pouvoir veut sécuriser pour consolider son emprise dans le nord du pays.

En reprenant la ville, djihadistes et rebelles coupent l'autoroute M5 reliant la capitale Damas à la métropole d'Alep.

Avec les informations de Al Jazeera, et Agence France-Presse

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