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Jean Paul Riopelle, géant de la peinture canadienne

Jean Paul Riopelle est sérieux et semble réfléchir.

Jean Paul Riopelle en entrevue en 1968

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Jean Paul Riopelle est considéré comme un des plus grands peintres canadiens. Dans la foulée des festivités organisées pour souligner son 100e anniversaire de naissance, nous vous proposons un retour sur des aspects importants de la carrière et de la pensée de l'artiste.

Un Canadien de l'avant-garde artistique parisienne

« Il y a ça, chez Riopelle. Il y a une fureur chez lui. Et en même temps, il y a une sensibilité tout à fait étonnante. »

— Une citation de   Daniel Lelong, galerie Maeght-Lelong, Paris

Le peintre, sculpteur et graveur Jean Paul Riopelle est né à Montréal le 7 octobre 1923. Il est décédé à Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues le 12 mars 2002.

Plonger dans l’art de Jean Paul Riopelle, c’est pénétrer dans une œuvre d’avant-garde qui fait l’éloge des mondes intérieurs, de l’intuition et de l’abstraction.

C’est dans les années 1940 que Jean Paul Riopelle fait ses débuts artistiques.

Élève du peintre Paul-Émile Borduas, il devient membre du groupe des automatistes. Il est un des signataires du manifeste Refus global, qui constitue un jalon capital dans l'histoire de l'art au Québec.

Jean Paul Riopelle s’installe à Paris en 1947. Il reviendra définitivement au Canada en 1990.

Rencontre avec Jean Paul Riopelle dans son atelier et sur la mer, à bord de son voilier.

Le 21 avril 1965, l’émission Champ libre propose un reportage dans lequel le journaliste Guy Viau interroge Jean Paul Riopelle sur sa démarche artistique.

C’est son état d’âme du présent qui détermine ce qu’il y aura sur ses toiles. Pour lui, peindre est comme une maladie dont il ne peut pas se défaire.

L’homme est un passionné de voitures de course et de bateaux. Dans ce reportage, on le voit en train de conduire un bolide et de manœuvrer un voilier sur la mer.

Durant son séjour parisien, il devient le peintre canadien le plus apprécié et se transforme en vedette internationale aussi renommée en Europe qu’aux États-Unis.

On peut admirer ses œuvres dans plusieurs musées majeurs du monde.

Entrevue du journaliste Raymond Saint-Pierre avec le critique d'art François-Marc Gagnon sur le parcours artistique du peintre Jean Paul Riopelle.

À l’émission Le Point du 26 décembre 1994, le critique d’art François-Marc Gagnon brosse un portrait de Jean Paul Riopelle dans une longue entrevue accordée au journaliste Raymond Saint-Pierre.

François-Marc Gagnon explique comment Jean Paul Riopelle est devenu un des dix plus grands peintres vivants dans le milieu de l’art parisien à compter des années 1960.

L’homme a du flair et le sens du moment propice. Il s’éloigne des courants qui s’essoufflent ou qui sont en marge.

Jean Paul Riopelle sait également manœuvrer dans la faune parisienne, ce qui n’est pourtant pas facile.

Si les critiques s’enthousiasment pour Riopelle, c’est aussi que son œuvre comprend une composante typiquement canadienne, dont l'exotisme séduit Paris.

Les experts mentionnent par ailleurs que le travail de Jean Paul Riopelle a l’originalité d’établir des liens entre l’avant-garde picturale européenne, notamment française, et la peinture américaine contemporaine.

Par exemple, souligne François-Marc Gagnon, Riopelle a été un des rares adeptes, pendant plusieurs années à Paris, de la technique picturale dite de l’all over. Cette technique élimine toute forme de hiérarchie et de point de focalisation dans un tableau au moyen de couches de peinture multiples.

La technique de l’all over rapproche Jean Paul Riopelle de la peinture américaine et d’importants peintres américains comme Jackson Pollock.

Contrairement à beaucoup de peintres de l’avant-garde européenne, Jean Paul Riopelle est intelligible pour les critiques américains, ce qui explique son succès à New York.

François-Marc Gagnon parle aussi du Jean Paul Riopelle des dernières années. L'artiste réussit encore à surprendre avec son côté subversif et dérangeant.

Jean Paul Riopelle montre de plus un grand amour de la nature et aspire à un retour aux origines, des aspects qui marquent sa production tardive.

Visite à l'atelier

En 1990, le peintre partage son temps entre Paris, la Côte d'Azur et son atelier de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides. C'est là qu'il accueille l'animateur Robert Guy Scully.

L'animateur Robert Guy Scully s'entretient avec le peintre Jean Paul Riopelle dans son atelier de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

Réalisé devant de nombreux amis de l'artiste, l'entretien est diffusé à l'émission Scully rencontre du 4 mars 1990. Il y est question notamment du parcours artistique de Jean Paul Riopelle et de l'importance qu'occupe la fête dans sa vie.

« Il a non pas abusé des belles choses de la vie mais beaucoup profité d'elles. »

— Une citation de  Robert Guy Scully

Rétrospective enthousiasmante

En 1991, le Musée des beaux-arts de Montréal ouvre le pavillon Jean-Noël Desmarais pour mettre en valeur sa collection d’art moderne et contemporain.

Présentation et reportages des journalistes Claudes Deschênes et Paul Toutant sur l'exposition rétrospective de l'oeuvre du peintre Jean Paul Riopelle

Le 19 novembre 1991, le journaliste Claude Deschênes présente à Montréal ce soir l’exposition inaugurale proposée à cette occasion.

C’est une rétrospective en 130 tableaux et sculptures de l’œuvre de Jean Paul Riopelle préparée par Jean-Louis Prat, de la Fondation Maeght. Jean-Louis Prat est un spécialiste et un grand ami du peintre.

Un reportage du journaliste Paul Toutant suit la présentation de Claude Deschênes. Le journaliste a visiblement été ébahi par l’exposition.

Paul Toutant rend hommage à la vitalité de l’ensemble de l’œuvre, qui cherche à constamment évoquer le souvenir de la nature.

Le reportage met par ailleurs l’accent sur certaines productions, notamment la série Les icebergs et Les oies, que Jean Paul Riopelle a peintes au cours des dernières années de sa vie.

Transmettre

Jean Paul Riopelle, dit-on, avait mauvais caractère et parlait très peu de lui-même.

Par contre, il avait un souci de transmission de la connaissance et voulait favoriser les échanges entre les artistes européens et québécois pour partager de nouvelles techniques.

Reportage de la journaliste Marie-Hélène Poirier sur la Fondation Riopelle. Marie-Hélène interviewe également le peintre Jean Paul Riopelle.

C’est ce qu’on apprend dans un reportage de la journaliste Marie-Hélène Poirier présenté à l’émission En tête du 15 novembre 1985.

L’idée d’une fondation germe tranquillement dans l’esprit de Jean Paul Riopelle et lui tient terriblement à cœur.

L’inspiration lui vient de la célèbre Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence, en France. C’est donc à un musée-atelier que songe l’artiste, un aménagement dont la conception est très loin des musées traditionnels.

Jean-Louis Prat, de la Fondation Maeght, trouve le lieu tout indiqué pour loger le projet : l’ancienne prison de Québec, qui donne sur le fleuve Saint-Laurent.

La journaliste Marie-Hélène Poirier nous apprend que Jean Paul Riopelle prépare des dessins inspirés par les oies pour représenter son projet. Celui-ci, du moins dans la mouture envisagée par l’artiste, ne verra cependant pas le jour.

En 2019, une fondation destinée à valoriser le travail des artistes canadiens et internationaux de la relève en arts visuels est créée à Montréal. Elle porte le nom de Jean Paul Riopelle.

L'année 2023 marquera le 100e anniversaire de naissance du peintre. Une foule d'activités sont organisées pour souligner cet événement.

ICI PREMIÈRE, ICI MUSIQUE Classique et Radio-Canada OHdio proposent une offre audio pour partir à la rencontre de l’artiste : la série documentaire Riopelle : l’envol du hibou et des oies, la création musicale Riopelle symphonique et le balado Dépeindre Riopelle.

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