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Comment s’informer sans les algorithmes (ou presque)

Illustration d'une personne qui lit des nouvelles sur sa tablette. Son téléphone, un café et un bagel sont à proximité.

Il existe plusieurs moyens de s'informer sans les réseaux sociaux.

Photo : iStock

Matthieu Dugal

Huit Québécois sur dix utilisent les réseaux sociaux pour suivre l’actualité. S'informer en dehors des Facebook et Twitter de ce monde apparaît comme un non-sens pour plusieurs d’entre vous. Mais l'accès à une information riche, personnalisée et originale – et qui peut être consultée sans distraction – est plus que jamais à portée de clics.

Durant un mois de déconnexion des réseaux sociaux, des aspects insoupçonnés d’une consommation médiatique stimulante et relaxante peuvent prendre davantage de place, et souvent pour le mieux. Ce fut le cas pour moi.

Matthieu Dugal, animateur de l'émission Moteur de recherche et bibitte hyperconnectée, tentera l'expérience du... minimalisme numérique. Pendant un mois, en février, il se coupera de tous ses réseaux sociaux. Comment vivra-t-il ce sevrage? Suivez-le dans ses réflexions sur Radio-Canada Techno.

The Syllabus, l’infolettre des infolettres

Comment pourrions-nous définir The Syllabus? L’infolettre des infolettres? La méta-infolettre? La mère des infolettres?

Créée par le célèbre chercheur (et grand critique de l’idéologie consumériste du GAFA) Evgueni Morozov, The Syllabus donne l’impression, avec son préambule un peu pompeux, qu’elle se présente comme la meilleure chose qui soit arrivée au contenu en ligne depuis l’invention du web. Son créateur n’a toutefois pas totalement tort.

L’idée derrière The Syllabus est de faire le lien entre le bon contenu universitaire et les internautes. Elle est résumée ainsi plutôt drôlement dans son préambule : Comme 99 % du contenu des livres et des conférences universitaires endorment la plupart des gens – nous compris –, nous mettons l’accent sur le 1 % qui n’est pas ésotérique.

La plateforme se présente sobrement, avec une page d’accueil qui permet de sélectionner ses intérêts. Vous pouvez sélectionner du contenu parmi 5 sections : The Activist, The Machinist, The Cosmopolitan, The Intellectual et The Progressive. Vous pouvez aussi sélectionner le type de contenus auquel vous voulez avoir accès   des balados, des articles journalistiques, de la vidéo ou des articles universitaires.

En tant qu’utilisateur de The Syllabus depuis ses débuts, l’an dernier, je dois avouer que son équipe assure. Mes dernières sélections? Cartographier la fin du monde avec un spécialiste des pôles et un groupe heavy metal, ainsi qu’un article qui porte sur les propriétaires de chien qui rendent leur animal raciste.

Abonnez-vous ici (Nouvelle fenêtre).

Le gars pas assez connu : Patrick Tanguay

Que ce soit pour du contenu en anglais ou en français, Patrick Tanguay est un des curateurs les plus fascinants de la toile québécoise… voire internationale. Patrick est ce qu’on pourrait appeler un gars curieux, un lecteur boulimique et avisé. Si l’avenir des médias réside dans une information plus lente et qui ne nous pousse pas à rager tout seul au bout de notre téléphone, des gars comme Patrick deviendront de plus en plus essentiels.

La maison d’édition Atelier 10 (qui publie le magazine Nouveau Projet ainsi que les essais d’Hugo Latulippe et de Fanny Britt, entre autres) a eu du pif en l’engageant comme responsable de son infolettre mensuelle, « Repères ». Dans sa dernière édition, on pouvait y découvrir un article sur les arbres qui nous sauveront des changements climatiques ainsi qu’une réflexion sur le faux sentiment de minimalisme généré par les applications de notre téléphone.

Et comme si ce n’était pas assez, son infolettre en anglais, « Sentiers », permet elle aussi de plonger régulièrement dans un contenu d’une richesse incroyable. Dernière trouvaille en date? Une réflexion d’auteurs qui tentent de trouver la meilleure manière de nommer notre temps. Que diriez-vous de « l’âge de la bizarrerie globale » ou « la grande tergiversation »?

Abonnez-vous à Repères ici (Nouvelle fenêtre) et à Sentiers ici (Nouvelle fenêtre).

Blinkist, ou comment lire un livre en 15 minutes

Avoir plus de temps pour lire ne veut pas dire pouvoir tout lire. Pour cela, il y a Blinkist. Pour 12 $ par mois, l’application permet d’avoir accès à des résumés de livres, en version audio ou en texte. La sélection d’ouvrages (en anglais) est impressionnante, les résumés aussi. J’ai fait le test en écoutant des résumés d’essais que j’avais préalablement lus et le résultat est franchement impressionnant. Le grand auteur Umberto Eco répétait à qui voulait l’entendre que ce n’était pas grave de ne pas avoir lu tous les livres de sa bibliothèque. Blinkist nous rappelle en plus qu’il y a des 15 minutes mieux investies que d’autres…

Apprenez-en plus sur Blinkist ici (Nouvelle fenêtre).

Guardian Audio Longreads

On ne le dira jamais assez, le bon journalisme d’investigation et les longs formats ont plus que jamais leur place. Mais le bon journalisme, ça prend du temps à produire et du temps à consommer. Le quotidien britannique The Guardian a trouvé un excellent moyen de faire vivre autrement ses contenus longs : en les transformant en balado. Des contenus d’une grande qualité, toujours superbement documentés, qui font entre 20 et 30 minutes. Parfait pour le gym ou le retour du travail. D’ailleurs, un de ses derniers balados, à propos de la manière dont l’application de sport Strava s’est transformée en phénomène religieux, est particulièrement savoureux à écouter en soulevant de la fonte, pour oublier la honte.

Écoutez-le ici (Nouvelle fenêtre).

Une bonne vieille idée toujours aussi pertinente : s’abonner à un média

En 2018, le professeur de l’École des médias de l’UQAM Jean-Hugues Roy a calculé que Facebook devrait faire un chèque d’au moins 12 millions de dollars aux médias québécois (Nouvelle fenêtre). Selon ses calculs, le contenu créé par les journalistes et les médias d’ici avait permis à Facebook de vendre l’équivalent de 23 millions de dollars en publicité.

Il écrivait d’ailleurs ceci : que la moitié de cette somme soit rendue aux producteurs des contenus qui contribuent à l’enrichir serait la moindre des choses. Une somme qui a d’ailleurs sûrement encore augmenté cette année. Sans oublier que cette augmentation de la vente de publicité sur ces plateformes va de pair avec une baisse significative de pub pour les médias écrits. La solution? Une bonne vieille idée toujours d’actualité : l’abonnement!

Mes nombreux abonnements à des magazines et des journaux en version papier sont source toujours renouvelée de focalisation de mon attention et de qualité de lecture qui, paradoxalement, n’ont jamais paru si en danger.

S’abonner à un média, en plus de m’inciter à consulter des contenus hors de la distraction continuelle des réseaux sociaux, contribue aussi à atténuer les effets économiques et démocratiques souvent désastreux de ces derniers constatés partout où nous avons laissé les clés de notre consommation dans les mains de quelques lignes opaques de code.

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