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Une pièce de théâtre écolo chez Duceppe

Deux actrices et un acteur sont sur scène.

Un extrait de la pièce « Les enfants », présentée au Théâtre Duceppe.

Photo : Duceppe

Fanny Bourel

Depuis mercredi, le théâtre Duceppe présente Les enfants, une pièce qui parle d’écologie, mais dont la production se veut également écoresponsable. Cette compagnie de théâtre montréalaise a fait appel à l’organisation Écoscéno pour écoconcevoir les décors de sa nouvelle pièce tout en restant créative.

Dans Les enfants, Danielle Proulx et Germain Houde incarnent un couple d'ingénieurs nucléaires à la retraite qui s’interroge sur les choix énergétiques faits par leur génération.

La pièce met le public face à un dilemme moral : sacrifier ou non son confort pour les générations futures, a expliqué David Laurin, codirecteur artistique du théâtre Duceppe, dans une entrevue accordée à Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Cette pièce, mise en scène par Marie-Hélène Gendreau, ne fait pas que pousser les spectateurs et spectatrices à une réflexion écologique. Pour joindre le geste à la parole, le théâtre Duceppe repense sa façon de travailler pour réduire son empreinte environnementale.

Éviter le gaspillage

L’équipe du théâtre a collaboré avec Écoscéno pour imaginer des décors intégrant des éléments de seconde main et pouvant être recyclés ou réutilisés par d’autres productions culturelles.

Par exemple, plutôt que de créer des décors d’arbres, elle a récupéré les arbres de l’émission pour enfants Sapiens, diffusée sur ICI Radio-Canada Télé.

Chaque année, plus de 34 000 tonnes de décors finissent au dépotoir au Québec, notamment en raison de la colle qui tient les différents éléments ensemble et qui complique leur recyclage et leur réutilisation.

Nos scénographes, ça leur brisait le cœur chaque fois qu’on démontait un décor de sacrer ça dans un conteneur qui s’en allait directement à la dompe.

David Laurin, codirecteur artistique du théâtre Duceppe

Alors, pour Les enfants, les morceaux du décor sont vissés, et non collés, ce qui exige davantage de temps.

À la fin d’une production, [tout cela] fait une différence en ce qui concerne notre empreinte écologique, ajoute-t-il.

Le dilemme des tournées

Autre source de pollution pour le milieu théâtral : les tournées. Si transporter une troupe, une équipe technique et des décors sur les routes pollue, organiser des tournées permet aux régions éloignées des grands centres d’avoir accès aux mêmes pièces de théâtre que les personnes vivant à Montréal ou à Québec.

C’est sûr qu’on ne peut pas arrêter les tournées, affirme David Laurin, qui souligne que cela fait partie de la mission de son théâtre et que les pièces sont en partie financées par l’État, et donc par les contribuables de tout le Québec.

Les gens en région ont eux aussi le droit d’avoir accès aux acteurs et actrices qu’ils voient à la télévision ou au cinéma.

David Laurin, codirecteur artistique du théâtre Duceppe

L’an dernier, le théâtre Duceppe a donc décidé de compenser ses émissions carbone. Toutefois, il ne s’agit que d’une solution temporaire. Car ce n’est pas en achetant des crédits carbone que l’on va réellement changer les choses, dit-il.

David Laurin derrière un micro dans un studio radio de Radio-Canada.

Le codirecteur artistique du Théâtre Jean-Duceppe, David Laurin

Photo : Radio-Canada / Catherine Contant

Pour aller plus loin, la compagnie de théâtre songe désormais à louer des véhicules électriques pour transporter la troupe et le matériel nécessaire.

Elle a aussi réfléchi à l’idée de s’installer dans des villes plus centrales pour réduire ses déplacements. Mais il faut faire attention à ne pas briser les écosystèmes culturels au Québec. Il y a de belles salles en ce moment en région.

La pièce Les enfants, écrite par la dramaturge britannique Lucy Kirkwood, est présentée jusqu’au 28 mars au théâtre Duceppe, à Montréal.

Avec les informations de Catherine Richer

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