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L’Alberta se réchauffera plus rapidement que la planète

Des épis de blé.

Les risques de sécheresse augmenteront en Alberta avec le réchauffement climatique.

Photo : Radio-Canada / Justin Pennell

Pour chaque degré d’augmentation de la température mondiale, les hivers albertains connaîtront en moyenne des températures plus élevées de 2 degrés Celsius, selon un rapport publié très discrètement par le gouvernement albertain.

Le rapport (Nouvelle fenêtre), commandé par le gouvernement provincial précédent, a été préparé par deux scientifiques américaines, Katharine Hayhoe et Anne Stoner, de l’Université Texas Tech.

Les chercheuses spécialistes du climat notent que la province a déjà été le théâtre d’un réchauffement des températures depuis 1950, mais « de plus grands changements sont prévus pour le reste du siècle ».

Ces modifications devraient se produire à un rythme plus accéléré dans la province, note le rapport.

Des hivers plus chauds

Parmi les changements prévus, chaque degré supplémentaire de réchauffement planétaire devrait se traduire en Alberta par :

  • d’augmentation des températures en hiver et 1,5 degré Celsius en moyenne en été;

  • une hausse de 3 degrés Celsius du jour le plus froid et de 2 degrés Celsius du jour le plus chaud;

  • Une augmentation de 5 à 10 % des précipitations de septembre à avril, avec un accroissement des averses de pluie plutôt que de neige;

  • Une hausse de 50 % des journées les plus pluvieuses.

Les prévisions établies à partir d’observations historiques et de modèles climatologiques concordent avec celles établies pour le Canada dans un rapport d’Environnement Canada de 2019.

Le nord-est de la province serait plus touché que le sud-est, selon l’étude .

Les changements prévus auront un impact profond sur l’environnement de l’Alberta et auront le potentiel de nuire à l’agriculture, aux infrastructures, aux ressources naturelles ainsi qu' à la santé et au bien-être [des Albertains], est-il écrit dans le rapport.

Une publication tardive

Le ministère de l’Environnement a reçu le rapport en août 2019, mais ne l’a publié sur son site de données libres qu’à la fin de la semaine dernière. Aucune annonce n’a accompagné cette publication. 

Selon Jess Sinclair, la porte-parole du ministre de l’Environnement, la chercheuse Katharine Hayhoe souhaitait transmettre au gouvernement des données appuyant son rapport avant qu’il ne soit rendu public.

Un intérêt croissant du public, notamment deux demandes d’accès à l’information, nous a incitées à rendre ce rapport public sans ces données, a indiqué Mme Sinclair.

Le Nouveau Parti démocratique ne croit cependant pas à cette version de l’histoire. « Il est clair que le gouvernement fait tout son possible pour que ce rapport ne soit pas publicisé. Le gouvernement ne veut pas admettre que les changements climatiques présentent un risque considérable pour les Albertains », a dit le porte-parole de l’opposition en matière d’environnement, Marlin Schmidt. 

Il s’attend à ce que les résultats de l’étude ne provoquent aucun changement de politique.

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