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Les résultats d'Olymel touchés par l'embargo chinois sur l'importation de viande

Des employés de l'usine d'Olymel à Saint-Esprit devant des carcasses de porcs.

L’usine d'Olymel de Saint-Esprit, dans Lanaudière, au Québec

Photo : Radio-Canada / Maude Montembeault

La Presse canadienne

L'embargo chinois sur les importations de viande canadienne en 2019 a nui aux résultats de la Coop fédérée, désormais appelée Sollio groupe coopératif, lors du dernier exercice. Et la direction affirme que le coronavirus et les barrages autochtones lui causent maintenant d'autres maux de tête.

À l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires jeudi à Montréal, la direction de Sollio a dit vivre un impact majeur.

Ça a des impacts sur nos trois divisions; ça a des impacts sur des producteurs agricoles dans le champ. Nos équipes doivent faire preuve de beaucoup, beaucoup d'imagination au niveau de la logistique présentement pour réduire les effets sur nos organisations, a admis le président Ghislain Gervais, au cours d'une rencontre avec la presse.

Les trois divisions de Sollio groupe coopératif sont celles de la viande, avec Olymel; de l'agriculture, avec Sollio agriculture; et du détail, avec Groupe BMR.

On a une cellule de crise, a reconnu le chef de la direction Gaétan Desroches. Il a précisé que Sollio doit veiller à avoir ce qu'il faut pour alimenter les grands animaux, alors qu'Olymel doit pouvoir acheminer ses produits de viande au pays et à l'étranger. Les effets commencent à arriver et de façon assez importante.

Notre marché principal, la Chine, a été fermé pendant cinq mois l'année passée. Ça a rouvert en novembre. En principe, la demande en Chine devait [augmenter] et a augmenté de façon importante... mais a ralenti également de façon importante suite à l'épidémie qui est en cours, a expliqué le PDG d'Olymel, Réjean Nadeau.

La situation est telle que Sollio s'attend même à éprouver des difficultés d'approvisionnement en conteneurs.

La crise qui pointe, c'est un manque d'outillage, de conteneurs, parce que les conteneurs sont en Chine, sont mobilisés là-bas, ne sont pas déchargés. Donc, à partir du moment où ces conteneurs-là sont là-bas et ne reviennent pas ici, ce qui risque d'arriver, c'est qu'on n'ait pas les conteneurs pour réexpédier éventuellement. Donc, c'est sûr que ça a un impact majeur.

Le président-directeur général d'Olymel, Réjean Nadeau

Les barrages ferroviaires élevés par des membres des Premières Nations et des sympathisants nuisent également à la circulation des produits de Sollio.

Ce qui nous affectait le plus, c'était nos exportations vers le Japon de porc frais – qui utilisaient beaucoup le rail avec le CN. On a réussi à exporter quand même, en contournant Belleville par voie de camion – ce qui a augmenté les coûts de façon importante. On n'a pas encore le chiffre exact du coût; on est en train d'évaluer ça. Mais ça a un impact majeur au niveau du coût pour transporter la marchandise, soit d'un bout à l'autre du pays ou à l'extérieur du pays encore plus, a précisé M. Nadeau.

De bons résultats tout de même

Pour l'ensemble de l'exercice, les ventes de Sollio ont tout de même dépassé le cap des 7 milliards de dollars pour la première fois de son histoire, passant de 6,5 à 7,3 milliards. La direction affirme avoir malgré tout connu la quatrième de ses meilleures années en près de 100 ans d'activité, sur le plan des résultats financiers.

Ainsi, pour l'ensemble du groupe Sollio, l'excédent avant ristournes et impôts atteint 79,4 millions de dollars. Il s'agit d'une baisse par rapport aux 210,7 millions en 2018.

Olymel a vu son excédent avant impôts chuter de 167,9 millions à 67,1 millions entre les deux exercices financiers.

BMR a enregistré un excédent à peu près stable, qui est passé de 16,9 millions en 2018 à 16,7 millions en 2019.

Quant à Sollio agriculture, son excédent attribuable aux membres a atteint 36,4 millions, en hausse de 3 millions.

La société emploie 15 360 travailleurs, comparativement à 14 020 lors de l'exercice précédent.

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