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Aristide, l'ascension et le déclin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2004 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jean-Bertrand dirigeait le pays depuis février 2001, et son mandat devait se terminer en février 2006. Il aura été élu deux fois président, et deux fois contraint d'écourter son mandat.

De libérateur du pays en 1990, Jean-Bertrand Aristide, 50 ans, a quitté le pouvoir haïtien en paria, dimanche matin. Il dirigeait le pays depuis février 2001, et son mandat devait se terminer en février 2006. Il aura été élu deux fois président, et deux fois contraint d'écourter son mandat.

Né le 15 juillet 1953, Jean-Bertrand Aristide était entré en politique en 1985 comme jeune prêtre engagé. Au verbe facile, il est alors un partisan de la théologie de la libération, et adversaire résolu de la dictature duvaliériste.

Après avoir échappé à plusieurs tentatives d'assassinat de ses ennemis macoutes, la milice des Duvalier, Jean-Bertrand Aristide est exclu de son ordre en 1988 par la hiérarchie catholique pour «incitation à la haine et à la violence et exaltation de la lutte des classes».

Deux ans plus tard, soutenu par la base de l'Église engagée, il est triomphalement élu à la présidence au nom du rejet des «tontons macoutes» et d'un nationalisme progressiste et populiste ouvertement anti-américain.

Perçu comme le porte-étendard des populations pauvres des bidonvilles, le charismatique religieux récolte 67 % des voix lors du scrutin, malgré un programme flou, pour devenir le premier président démocratiquement élu de l'histoire d'Haïti.

Sept mois au pouvoir

Son discours de gauche fait cependant peur à l'oligarchie, qui détient toujours les commandes de l'économie. Aristide n'aura le temps de diriger le pays que 7 mois avant d'être renversé par un coup d'État militaire, mené par le général Raoul Cédras, le 30 septembre 1991.

Fuyant au Venezuela, Aristide se réfugie aux États-Unis, à qui il demande de l'aide. Washington impose un blocus économique à Haïti, une initiative qui sera suivie par l'ONU. En 1994, les États-Unis rétablissent enfin Aristide dans ses fonctions, grâce à l'intervention de 20 000 militaires menée avec l'accord de l'ONU. Afin d'éviter un autre soulèvement des militaires, il dissout l'armée.

La Constitution haïtienne ne permettant pas à Aristide de briguer un second mandat de suite, c'est un de ses proches, René Préval, qui est porté au pouvoir en 1995. Entre-temps, le curé quitte la prêtrise pour se marier en janvier 1996 avec une avocate américano-haïtienne de 33 ans, Mildred Trouillot, qui lui donne deux filles.

En mai 2000, des élections législatives truffées d'irrégularités portent le parti Lavalas d'Aristide au pouvoir. Six mois plus tard, Jean-Bertrand Aristide est reporté à la présidence à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition.

Dictature déguisée

Il met en place une politique de tolérance zéro pour lutter contre la criminalité. Mais sur le terrain, les opposants politiques font les frais de l'action de la police, qui détient des pouvoirs judiciaires accrus. Les anciens militaires et tontons macoutes reprennent du service dans un nouvel uniforme, et Haïti retrouve le chemin d'une dictature déguisée.

La crise politique s'enlise, si bien qu'en janvier 2002, le premier ministre Jean-Marie Chérestal est forcé de démissionner à la suite d'accusations de corruption et d'incompétence. Deux ans plus tard, faute d'élections organisées à temps, Haïti n'a plus de Parlement.

L'opposition politique accuse M. Aristide et son entourage d'être impliqués dans des assassinats politiques, des enrichissements illicites et des trafics de drogue, des accusations rejetées par l'ex-président.

De son côté, l'insurrection armée, qui contrôle plus de la moitié d'Haïti, a été lancée par un groupe aux Gonaïves qui a changé de camp après l'assassinat de son chef, imputé à M. Aristide. Les rebelles comptent dans leurs rangs plusieurs centaines d'ex-militaires n'ayant jamais accepté la dissolution de leur armée.

Claude Desbiens trace un portrait de Jean-Bertrand Aristide

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