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Femme enceinte tuée devant le CHUL : « Où est maman? »

Jonathan Falardeau-Laroche, l'accusé, au palais de justice de Québec le 27 février 2020. Il a l'air sérieux et pensif.

Jonathan Falardeau-Laroche, l'accusé, au palais de justice de Québec le 27 février 2020

Photo : Radio-Canada

Les grands-mères de la fillette, qui a pu être sauvée malgré le décès de sa mère happée mortellement devant le CHUL à l’été 2016, ont communiqué un message empreint d’humanité au tribunal.

La belle-mère de la victime a tenu à s’adresser directement à Jonathan Falardeau-Laroche, qui a été déclaré coupable de négligence criminelle causant la mort de Marie-Pier Gagné.

Le juge Pierre L. Rousseau doit maintenant déterminer la peine du jeune homme de 25 ans, qui a pris le volant alors qu’il ne devait pas le faire en raison de ses problèmes d’épilepsie.

Frances Bittner, qui a perdu sa belle-fille dans ce drame, s’est présentée au juge comme la grand-mère de la petite cocotte, avant de se tourner vers Falardeau-Laroche pour s’adresser directement à lui.

Elle lui a souligné que sa témérité et son insouciance ont mis fin aux beaux rêves de son fils et de Marie-Pier qui commençaient leur vie de famille, avec plein de projets dans la tête.

C’est sans compter les nombreuses questions que sa petite cocotte va se poser, en grandissant.

Où est maman? Pourquoi maman n'est pas là? Je te laisse penser aux questions qui viendront, a suggéré madame Bittner.

Jonathan Falardeau-Laroche, la tête enfoncée dans les épaules, l’a écoutée en sanglotant.

Empathie pour l'accusé

La grand-mère a fait preuve d’empathie pour lui en disant espérer qu’il se libère de sa prison intérieure.

Fixant le jeune épileptique dans les yeux, Mme Bittner a terminé son message en lui souhaitant bonne route à toi.

Merci, a simplement laissé tomber le jeune homme en essuyant ses larmes.

Une mort contre une naissance

La deuxième grand-mère n’a pu se présenter à la Cour en raison des conditions météorologiques.

Le procureur de la poursuite, Me Thomas Jacques, a lu son message, dans lequel il est question d’une journée de contrastes.

Une mort contre une naissance, a écrit la mère de Marie-Pier Gagné, Linda Marceau, au sujet de la journée fatidique du 10 août 2016.

Un ventre devenu tombeau, ajoute-t-elle dans son message, concernant la naissance in extremis de sa petite-fille.

Malgré la douleur et la peine, Mme Marceau tend une perche au jeune homme.

Si un jour tu souhaites te présenter à nous avec sincérité et humilité, nous voulons que tu saches que nous ne te claquerons pas la porte de notre cœur, a écrit la grand-mère, au nom de sa famille.

Nous te souhaitons de rencontrer la générosité et la luminosité de Marie-Pier à travers ton cheminement, ajoute-t-elle.

La grand-mère termine sa lettre en précisant que sa fille était une personne qui aimait tellement la vie et la chérissait.

Si elle pouvait témoigner, elle te dirait sûrement de prendre soin de la tienne désormais et ne te souhaiterait aucun mal. Alors, en sa mémoire, s’il te plaît, prends soin de toi..., termine la mère de la victime, arrachant d’autres larmes à Falardeau-Laroche et à ses parents.

Peine de prison

Après avoir présenté les témoignages émouvants des grands-mères, l’avocat de la poursuite a réclamé jusqu’à trois ans et demi de détention pour le jeune homme épileptique.

Me Thomas Jacques a déterminé plusieurs facteurs aggravants pour réclamer cette peine, en plus d’une interdiction de conduire de cinq ans.

Selon Me Jacques, Falardeau-Laroche ne reconnaît toujours pas son entière responsabilité et présente encore un risque de récidive.

L’avocat du jeune homme n’est pas du même avis.

Me Simon Roy estime qu’une peine maximale de 12 mois de détention serait de mise, en raison du remords de son client.

Il pleure tous les jours, a insisté Me Roy.

Selon lui, Jonathan Falardeau-Laroche doit vivre tous les jours avec le poids de la mort de la jeune femme, et l'emprisonnement n'y changera rien.

Le juge Rousseau a mis la cause en délibéré et prononcera la peine au mois d'avril.

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