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Lutte contre poésie : qui gagnera les Prises de mots du SLO?

Une photo oppose une femme portant du maquillage noir effrayant  et un homme portant un costume de dinosaure rose.

L'événement hors les murs «Prises de mots» du Salon du livre de l'Outaouais oppose des auteurs et des lutteurs.

Photo : Radio-Canada / Photo de droite : Maryse Boyce / Montage : Laury Dubé

Le poète Baron Marc-André Lévesque est un habitué des scènes où ses mots peuvent être aussi puissants qu’un crochet bien placé. La lutteuse Sally, quant à elle, incarne un personnage muet sur le ring et triomphe grâce à sa technique physique. Aussi différents soient-ils, les deux combattants se préparent - un peu à l’aveuglette - au premier gala de Prises de mots qui se déroule ce jeudi soir dans le cadre du Salon du livre de l’Outaouais.

D’un côté, les lutteurs tenteront de séduire le public avec leur sport théâtral.

De l’autre, les auteurs iront de flèches verbales enflammées.

Dans une série de duels amicaux, les participants de la première Prises de mots organisée par le Salon du livre du l’Outaouais (SLO) rivaliseront d'adresse et tenteront de triompher dans le ring.

Les participants à la Prise de mots 2020 du SLO

#équipeauteurs : Martine Delvaux, Alexandre Deschênes, Chloé LaDuchesse, Baron Marc-André Lévesque, Stanley Péan et Mathieu Poulin

#équipelutteurs : Cecil NYX, Sally, Mathieu St-Jacques, Evil Uno, The Hotstepper et Michael Von Payton

Vaincront-ils en prenant la parole ou en passant à l’action? En choisissant le mot tranchant qui désarçonnera l’adversaire ou en maîtrisant le rival dans une prise qu’il n’aura pas vu venir?

Pour le public, comme pour les compétiteurs, plusieurs points d’interrogation demeurent puisqu’il n’est pas coutume d’allier littérature et lutte dans un même événement... et encore moins sur une même scène! Pour l’instant, chacune et chacun se prépare de son côté, en prévoyant déjouer son adversaire avec ce qu’il sait faire de mieux.

Dans le coin droit : Baron Marc-André Lévesque, le poète

L'auteur est souriant, dehors et regarde la caméra.

Baron Marc-André Lévesque est natif d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Niveau de stress :  -15 / 10

Connaissance de la lutte : débutant

Son meilleur atout : « Je suis contorsionniste. »


Le poète ottavien Baron Marc-André Lévesque affirme s’être toujours intéressé aux sports de combat et avoir accepté d’emblée l’invitation du Salon du livre de l’Outaouais, même s’il ne sait pas trop ce qui est attendu de lui dans cet événement de « luttérature ».

Il a entre les mains un scénario qui lui indique quand il pourra prendre la parole et à quel moment son adversaire Michael Von Payton fera un spectacle, mais c’est tout. Ça va être complètement surprenant, s’exclame-t-il, fébrile.

Même s’il concède que la lutte et la poésie rejoignent des publics très différents, il affirme que les spectateurs font tous partie de communautés créatives et marginales aimant s’amuser. L’auteur croit que dans les deux disciplines, il y a également un rapport à la réalité fort intéressant.

On connaît les coups, mais, en même temps, on embarque dans la fiction parce que c’est l’fun de se dire que c’est dangereux. [...] Il y a des différences fondamentales, mais c’est intéressant de voir où ça peut aller, ces deux affaires-là ensemble.

Baron Marc-André Lévesque, poète

En lutte comme en poésie, les artistes interagissent avec le public. Baron Marc-André Lévesque se dit habitué aux ambiances un peu tendues et a bien hâte de vivre la dynamique de la soirée qui se prépare à la Salle des fêtes de la Maison du citoyen de Gatineau.

Dans une soirée de poésie, si je parle plus que 10 secondes avant de lire mon poème, il y a des gens qui vont me crier :'' Lis le poème! '', explique-t-il. Cette réaction-là du public, on ne l’attend pas en poésie, mais elle existe et on doit la célébrer.

Dans le coin gauche : Sally, la lutteuse

La championne féminine de l’Académie de lutte estrienne, Melody Richard, aussi connue sous le nom de Sally.

La championne féminine de l’Académie de lutte estrienne, Melody Richard, aussi connue sous le nom de Sally.

Photo : Radio-Canada / Dominic Tardif

Niveau de stress : 6 / 10

Connaissance de la littérature : intermédiaire

Son meilleur atout : « Je suis peut-être petite, mais je suis capable de me défendre! »


Maman de deux enfants, Mélodie Richard est adjointe juridique le jour. Le soir venu, elle revêt son costume et devient Sally pour en mettre plein la vue aux amateurs de lutte. Elle fait partie du groupe Lutte 07 et participe régulièrement à des combats.

Dans l’événement Prise de mots, elle sera la seule athlète féminine. La joute s’annonce de calibre intéressant, puisqu’elle fera face à Mathieu Poulin, auteur de La lutte (De ta mère Éditeur, 2019), chroniqueur et passionné de ce sport.

Sally compte bien prouver une fois de plus au public que les femmes ne se laissent pas marcher sur les pieds.

Je vais être capable de me démarquer et de montrer à la foule de gens, qui ne connaissent pas ça, que les filles peuvent se défendre autant que les gars.

Sally, lutteuse

Le personnage de Sally ne parle pas dans les spectacles et elle devra ainsi trouver d’autres moyens de se faire comprendre, notamment en s’exprimant par le corps. Ça peut être aussi un autre moyen [différent] de montrer les choses, autre que ce soit toujours les mots qui parlent, dit-elle.

Comme elle fera la route depuis Cowansville, la lutteuse espère que la tenue d’un événement conjuguant deux disciplines permettra de multiplier le nombre d’adeptes de son art et, qui sait, peut-être revoir certains visages dans de futurs galas de lutte.

POUR Y ALLER
Prises de mots, lutte et littérature
Activité hors les murs du SLO
Salle des fêtes, Maison du citoyen de Gatineau
Ce jeudi 27 février 2020, 21 h

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