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Une cigale velue vivait au Labrador il y a 100 millions d’années

Les restes fossilisés d'une seule aile ont suffi pour identifier la nouvelle espèce.

L'aile fossilisée est une source de renseignements sur la biodiversité du Labrador durant le Crétacé.

L'aile fossilisée est une source de renseignements sur la biodiversité du Labrador durant le Crétacé.

Photo : Université McGill/Alexandre V. Demers-Potvin

Radio-Canada

Une aile fossilisée d’insecte appartenant à une espèce inconnue de la science a été mise au jour par des paléontologues polonais et canadiens.

Les scientifiques de l’Université de Gdansk et de l’Université McGill affirment que cette « cigale velue », qu’ils ont baptisée Maculaferrum blaisi, vivait sur le territoire de l’actuel Labrador, près de Schefferville, il y a environ 100 millions d’années durant l’époque du Crétacé.

Il s’agit du premier insecte hémiptère (punaise) découvert dans la formation de Redmond, un important gisement fossilifère situé à la frontière du Québec et du Labrador.

Nous avons pu démontrer facilement que l’insecte appartenait à la famille des Tettigarctidae grâce au motif formé par les nervures sur son aile, explique Alexandre Demers-Potvin, étudiant sous la supervision du Pr Hans Larsson, directeur du Musée Redpath de McGill, dans un communiqué.

La première partie de son nom, Maculaferrum, vient du latin macula (tache), en raison du motif tacheté de certaines parties de l’aile, et ferrum (fer), en raison de la teneur élevée en fer des roches rouges du site de Redmond.

La seconde, qui identifie l’espèce blaisi, a été choisie en l’honneur de Roger A. Blais, qui a mené la première étude sur la formation de Redmond et ses fossiles en 1957 alors qu’il travaillait pour la compagnie minière IOC.

Cette découverte nous donne une meilleure idée de la biodiversité des insectes du site à l’époque du Crétacé, une époque antérieure à l’extinction des dinosaures.

Alexandre Demers-Potvin

Elle montre aussi que des espèces rares peuvent être identifiées à la mine de Redmond, et que celle-ci mérite donc l’attention des paléontologues, ajoute le chercheur.

Un climat plus chaud

Depuis 2018, Alexandre Demers-Potvin et ses collègues ont mis au jour des dizaines de fossiles de feuilles d’arbres et d’autres insectes qui se trouvent habituellement plus au sud.

Les deux hommes sont debout sur les déblais miniers.

Vue de la mine Redmond à Schefferville (maintenant inondée par la nappe phréatique) entourée de piles de déblais miniers. Certains d’entre eux sont des roches datant de la période crétacée, un cas unique pour l’instant au Québec et au Labrador. À gauche : Alexandre Demers-Potvin (Musée Redpath, Université McGill). À droite : Michel Chartier (Musée de paléontologie et de l’évolution).

Photo : Courtoisie

Il faut savoir que la température y était beaucoup plus clémente à l’époque. Elle pouvait varier entre 15 degrés Celsius l’été et 8 degrés Celsius l’hiver à Schefferville.

C’est aussi une époque passionnante, où s’est produite une explosion de plantes à fleurs et d’insectes pollinisateurs qui sont à l’origine des écosystèmes terrestres que l’on connaît aujourd’hui, affirme le Pr Larsson dans le communiqué.

Le détail de cette découverte est l’objet d’un article publié dans la revue Acta Palaeontologica Polonica (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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