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Coupable de meurtre : Eustachio Gallese était obsédé par Marylène Levesque

Eustachio Gallese à la sortie de la centrale de police Victoria, à Québec.

Photo : Radio-Canada

Jonathan Lavoie

Eustachio Gallese a plaidé coupable, jeudi matin, du meurtre prémédité de Marylène Levesque commis dans une chambre d'hôtel de Sainte-Foy le 22 janvier.

L’exposé des faits présenté à la Cour révèle que l’accusé avait développé une véritable obsession pour la travailleuse du sexe de 22 ans, qu’il a rencontrée pour la première fois en juin 2019.

À ce moment, Eustachio Gallese est en semi-liberté pour le meurtre de son ex-conjointe en 2004. Selon l'accusé, son agente lui aurait permis de fréquenter les salons de massage érotiques à raison d’une fois par mois, mais il s’y rend en vérité plusieurs fois par semaine.

À la fin de l’été 2019, Eustachio Gallese affirme que la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a été mise au courant et lui a révoqué le droit de fréquenter les salons de massage.

Pour éviter de briser ses conditions de semi-liberté, Eustachio Gallese demande à Marylène Levesque de continuer à le voir dans des hôtels et motels de la région de Québec.

Jeune femme aux cheveux roses et aux yeux bleus.

Marylène Levesque, 22 ans, originaire du Saguenay

Photo : Facebook/Marylène Levesque

En septembre 2019, le meurtrier a l’impression que la relation se détériore avec la jeune femme.

À ce moment, l’accusé dit ressentir du rejet, ce qui pour lui est un facteur de risque très important. Il explique qu’il commence à moins bien dormir, à ressentir de l’angoisse, de l’anxiété et de la jalousie.

Malgré une médication adéquate, il est incapable d’arrêter de penser à elle. Il en fait une obsession.

Extrait de l'exposé conjoint des faits présenté au tribunal

En janvier 2020, quelques jours avant le meurtre, Eustachio Gallese se procure un couteau. Le 22 janvier, vers 17 h 45, il rejoint Marylène Levesque au restaurant d'un hôtel du chemin Saint-Louis.

Ils montent à la chambre quelques instants plus tard et c’est à ce moment que l’accusé saisit son arme et exécute son plan. Il poignarde la victime à plus de 30 reprises au cœur et à l’abdomen.

Eustachio Gallese ira avouer son crime quelques heures plus tard aux policiers de la centrale Victoria. Il a été condamné à une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération avant 25 ans.

Me Jean-Philippe Lanthier, procureur de la Couronne dans le dossier Gallese

Dossier échappé

Quelques minutes avant le prononcé de la peine, l’avocat de l’accusé, Rénald Beaudry, a lu une lettre à l’intention du juge.

Dans un geste assez rare, tout en prenant soin de ne pas minimiser les gestes posés par le meurtrier, l’avocat remet sérieusement en doute les décisions prises par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans ce dossier.

Comment une institution qui a une responsabilité sociale aussi importante a-t-elle pu permettre à mon client, sachant qu’il avait une santé émotive précaire, d’aller, une fois par mois, dans des salons de massage érotique pour aller assouvir ses instincts sexuels et ainsi commettre une infraction criminelle?, s’interroge l’avocat.

L’avocat-criminaliste Rénald Beaudry.

L’avocat-criminaliste Rénald Beaudry (archives)

Photo : Radio-Canada

Comment une institution qui est supposée protéger la société contre des gens potentiellement dangereux [...] a-t-elle pu, à ce point, échapper ce dossier? [...] Si j’avais un livre à écrire concernant ce dossier, le titre pourrait être : Chronique d’une mort annoncée.

Extrait de la lettre de l'avocat Rénald Beaudry au juge Louis Dionne

En février, la CLCC a affirmé ne jamais avoir autorisé Eustachio Gallese à solliciter des services sexuels.

Une enquête interne est en cours pour clarifier les circonstances qui ont mené au meurtre de Marylène Levesque.

Pourquoi défendre Gallese?

À ceux qui se demandent pourquoi il a accepté de défendre le meurtrier, Rénald Beaudry répond que tous les individus ont le droit d’être représentés par un avocat, quel que soit leur crime.

J’ai accepté de le représenter parce que je crois au système judiciaire pour lequel je travaille sans relâche depuis maintenant près de 38 ans.

Me Beaudry souligne aussi avoir accepté de représenter Eustachio Gallese parce qu’il a rapidement pris la décision de plaider coupable de l’accusation de meurtre au premier degré, la plus grave du Code criminel.

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