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Santé mentale des jeunes : un rapport recommande un service de soins de longue durée

Matthew regarde au loin, un chat assis sur ses genoux.

Dans son rapport sur la mort de Matthew, 16 ans, la protectrice des enfants et des jeunes du Manitoba fait des recommandations pour améliorer les services en santé mentale pour les jeunes.

Photo : Radio-Canada / Protecteur des enfants et des jeunes du Manitoba (PEJM)

Radio-Canada

Un adolescent de 16 ans qui s’est enlevé la vie bien qu’il ait reçu du soutien communautaire et différents services aurait dû avoir accès à des soins hospitaliers de longue durée, selon un rapport de la protectrice des enfants et des jeunes du Manitoba.

Le rapport rendu public jeudi dépeint les difficultés de l’adolescent, nommé Matthew, et de sa famille à obtenir de l’aide pour traiter une dépression et un trouble d'anxiété généralisée.

La protectrice des enfants et des jeunes du Manitoba, Daphne Penrose, recommande notamment la mise en place d’un lieu de séjour de longue durée pour traiter les jeunes ayant des problèmes de santé mentale.

Le document indique que Matthew a connu une enfance heureuse, mais qu’il a vécu de graves épisodes d’intimidation qui ont déclenché et accentué ses maladies mentales.

Selon le document, son état de santé s'est aggravé lorsqu’il a vu son père mourir d’une insuffisance cardiaque dans la maison familiale.

La famille a assisté à une lente disparition de l'adolescent

Dans les mois qui ont précédé sa mort, les capacités à fonctionner de Matthew se sont détériorées au point où il ne sortait presque plus de chez lui, indique le rapport.

Il a, à de nombreuses reprises, dit qu'il voulait mourir et fait deux tentatives de suicide avant sa mort, en novembre 2017.

Au fil du temps, la famille a vu Matthew disparaître lentement, consumé par un profond désespoir et des pensées suicidaires persistantes, mentionne Daphne Penrose dans son rapport.

La protectrice des enfants et des jeunes du Manitoba ajoute qu’il était évident pour la famille que l’assemblage disparate de services de santé mentale offerts au Manitoba n'était pas bien coordonné et n'aidait pas l’adolescent à guérir.

Les premiers signes de maladie ont fait leur apparition alors que Matthew était en 7e année, lorsqu’il a commencé à être intimidé.

Des antidépresseurs lui ont été prescrits dès l’âge de 12 ans. Au cours des 5 années qui ont suivi, différents services ont tenté de lui venir en aide.

Le rapport indique que Matthew a eu accès à plusieurs services en santé mentale, notamment des rencontres privées avec des thérapeutes, deux évaluations de psychiatre, des séances avec des admissions aux services psychiatriques pour enfants et adolescents.

Daphne Penrose note que seuls les Services à l’enfant et à la famille ont été constants dans la vie de Matthew. Un travailleur de soutien a entrepris des visites régulières à partir de 2016 et a créé une relation significative avec l’adolescent au cours des 18 derniers mois de sa vie.

Le rapport indique que le problème ne se situe pas dans les services individuels, mais dans le manque de coordination entre les services et l’accès à des soins de longue durée.

Un cycle répété

C’était un cycle répétitif d’utilisation des mêmes services, de la même façon, avec les mêmes recommandations, les mêmes résultats et pas d’améliorations durables, peut-on lire dans le document.

Malgré une bonne volonté des gens dans le système et des demandes répétées de la mère pour des services qui auraient aidé l’adolescent à gérer sa santé mentale en spirale, il n'a pas reçu le genre d'aide intensive de longue durée à laquelle il avait droit , dit aussi le rapport.

Il n'y avait rien

C'est également l'avis exprimé par la mère de l’adolescent dans une lettre présentée dans le rapport.

Elle dit que ce dont son fils avait réellement besoin, c'était d’être hospitalisé pour des soins de longue durée et d’être encadré continuellement pour assurer qu’il prenne soin de lui, qu’il prenne ses médicaments et qu’il ne se fasse pas de mal.

La mère écrit : Nous avons tout fait ce que nous devions faire. Alors que pouvons-nous faire lorsque tout le reste échoue?

Elle ajoute que, durant son combat pour aider son fils, personne n’était en mesure de lui dire quoi faire à long terme. Il n’y avait rien… tout simplement rien, déplore-t-elle.

Dans son rapport, la protectrice des enfants et des jeunes du Manitoba fait huit recommandations, dont l’amélioration de l’accès pour les jeunes qui vivent des crises de santé mentale, la promotion de la santé mentale à l’école et le recours à des gestionnaires de cas afin d’aider les jeunes et leurs familles à travers les services de santé mentale et de toxicomanie.

Besoin d'aide?

L’Association canadienne pour la prévention du suicide rappelle aux personnes qui ont des pensées suicidaires qu’il ne faut pas hésiter à en parler.

Avec les informations de Sarah Petz

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Santé mentale