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L'épidémie de coronavirus atteint un « point décisif », prévient l'OMS

La progression de la maladie ralentit en Chine, mais pas en Iran et en Corée du Sud. Les mesures draconiennes pour endiguer l'épidémie se multiplient. Riyad suspend l'entrée des pèlerins à La Mecque, Tokyo ferme ses écoles et Bagdad interdit les rassemblements publics.

Une personne en uniforme blanc, dont seuls les yeux sont visibles, est au milieu d'autres personnes masquées.

Une personne en uniforme de protection se trouve au milieu de passagers portant des masques, qui arrivent à une gare de train de Shanghai.

Photo : Reuters / Aly Song

Radio-Canada

L'épidémie de coronavirus atteint un « point décisif », prévient le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au moment où les cas se multiplient par centaines en Corée du Sud, en Iran et en Italie.

Pour une deuxième journée consécutive, le nombre quotidien de nouveaux cas a été supérieur à l'extérieur de la Chine par rapport à l'intérieur du pays, a résumé son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

C'est ce qui se passe dans le reste du monde qui est maintenant notre plus grande préoccupation.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS

Selon les statistiques de l'agence onusienne obtenues mercredi, le COVID-19 a contaminé 78 630 personnes en Chine, où l'épidémie a pris naissance cet automne et dont le foyer se trouvait à Wuhan, et plus de 3400 autres dans 45 pays du monde.

La maladie, qui peut dégénérer en pneumonie dans les cas les plus graves, a fait 2801 morts jusqu'à maintenant, dont 98 % sont enregistrés en Chine.

Les épidémies en Iran, en Italie et en Corée du Sud montrent ce dont ce virus est capable, soutient le Dr Tedros, qui invite les pays à se mobiliser sans tarder pour endiguer sa propagation.

L'Iran et la Corée du Sud ont prévenu jeudi qu'ils s'attendent à une augmentation du nombre de cas, étant donné la hausse des tests effectués sur des personnes possiblement infectées.

Si vous agissez maintenant de manière agressive, vous pouvez endiguer ce coronavirus. Mon conseil est d'agir rapidement.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS

Plusieurs pays ont effectivement continué de mettre en oeuvre des mesures draconiennes en ce sens. L'Arabie saoudite a suspendu l'entrée des pèlerins à La Mecque, le Japon a annoncé la fermeture de ses écoles et l'Irak a interdit les rassemblements publics.

Huit pays, dont le Brésil, la Norvège et les Pays-Bas, ont signalé un premier cas de COVID-19 depuis mercredi.

La progression de la maladie ces derniers jours n'en finit plus d'inquiéter les investisseurs, qui font une fois de plus dégringoler les marchés boursiers jeudi.

L'Iran anticipe plus de cas

En Iran, principal foyer de l’épidémie au Moyen-Orient, le coronavirus continue de progresser, et le bilan est appelé à s’assombrir encore davantage, a admis un porte-parole du ministère de la Santé.

Le COVID-19 a maintenant contaminé 245 personnes, dont 26 qui en sont mortes, a-t-il dévoilé. C’est une augmentation de 106 cas et de 7 décès par rapport à la veille.

Une Iranienne porte un masque et des gants de protection.

Une Iranienne porte un masque et des gants de protection en faisant des achats dans une pharmacie.

Photo : Reuters / Nazanin Tabatabaee/Wana News Agency

Il s’agit de la plus importante progression journalière communiquée par la République islamique depuis qu’elle a reconnu l’arrivée de la maladie, il y huit jours. L’Iran est déjà le pays où la maladie a fait le plus de morts à l’extérieur de la Chine.

La majorité de ces nouveaux cas se sont déclarés dans les provinces de Téhéran et de Gilan, dans le nord du pays, mais 14 autres provinces sont aussi touchées.

L'une des nouvelles personnes contaminées est Mojtaba Zolnour, président de la Commission de la sécurité nationale et des Affaires étrangères au Parlement iranien. Le vice-ministre de la Santé a aussi été infecté plus tôt cette semaine.

Les autorités iraniennes ont annoncé mercredi soir des restrictions à la libre circulation dans le pays afin d'enrayer la propagation du virus. Plusieurs Iraniens ont déjà transporté le virus dans des pays de la région.

La prière du vendredi a aussi été annulée à Téhéran.

Les chiffres officiels donnés par le gouvernement iranien continuent par ailleurs d’intriguer. Le taux de mortalité dû à la maladie dans le pays est officiellement de 10,6 %, alors qu’il dépasse à peine les 2 % en Chine.

Une mission de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devait se rendre dans le pays de 80 millions d'habitants mardi, mais elle a finalement été reportée. Elle doit avoir lieu en fin de semaine.

Pas de pèlerins à La Mecque

En Arabie saoudite, les autorités ont décidé de suspendre temporairement l'entrée des pèlerins à La Mecque, premier lieu saint de l'islam, une décision très rare destinée à prévenir la propagation du virus dans le Golfe.

Riyad n'a annoncé aucune infection au coronavirus sur son sol, mais la plupart des pays voisins ont enregistré des dizaines de cas ces derniers jours, en majorité des personnes revenant d'un pèlerinage chiite en Iran.

L'Arabie saoudite a aussi suspendu jeudi l'entrée dans le pays des voyageurs munis d'un visa de tourisme et provenant de pays où sévit le nouveau coronavirus, selon des critères qui seront fixés par les autorités sanitaires.

L’Irak interdit les rassemblements publics

De leur côté, les autorités irakiennes ont annoncé jeudi la fermeture des écoles, des universités, des cinémas et des cafés jusqu'au 7 mars dans le pays. Tous les matchs du championnat national de football se tiendront en outre à huis clos jusqu’à nouvel ordre.

Le ministère a aussi décidé d’interdire tous les rassemblements dans l'espace public, ce qui fait redouter une dispersion des derniers campements de manifestants antigouvernementaux à Bagdad et dans le sud du pays.

L’Irak, qui entretient d’étroits liens économiques, commerciaux, politiques et religieux avec l’Iran, recense actuellement cinq cas de coronavirus, tous liés à la République islamique.

Un gardien de sécurité masqué regarde son téléphone. Il n'y a pas âme qui vive derrière lui.

En Chine, les centres commerciaux demeurent déserts, ce qui permet à ce gardien de sécurité de consulter son téléphone cellulaire.

Photo : Getty Images / AFP/NICOLAS ASFOURI

La Chine craint un rebond

La Chine a signalé jeudi 433 cas supplémentaires de contamination au coronavirus en date du 26 février. Ce nombre est en faible augmentation par rapport à la veille, mais l'apparition d'un groupe de nouveaux cas à Pékin suscite l'inquiétude.

Le nombre total de cas enregistrés depuis le début de l'épidémie s'élève désormais à 78 497. Au total, le COVID-19 a tué 2744 personnes dans le pays.

À Pékin, 10 nouveaux cas ont été signalés parmi les employés d'un cabinet de gestion immobilière, a fait savoir le Centre de contrôle des maladies de Pékin. Ces personnes se côtoyaient sur le lieu de travail ou dans le dortoir qu'elles partagent.

Selon la Municipalité de Pékin, cela montre que certaines entreprises n'ont pas mis en place les mesures de prévention et de surveillance requises, notamment durant la période de quarantaine de 14 jours.

Une femme masquée surplombe Tokyo.

Une Japonaise porte un masque au sommet de la tour d'observation Shibuya, à Tokyo.

Photo : Getty Images / Carl Court

Le Japon ferme ses écoles

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé jeudi que toutes les écoles primaires et secondaires du pays devront fermer leurs portes dès lundi, et ce, jusqu'aux vacances de printemps. Ces vacances commencent généralement à la fin du mois de mars.

Cette annonce survient après qu'une femme travaillant à bord d'un bus touristique a reçu un nouveau diagnostic positif de coronavirus, même si elle avait auparavant été considérée comme guérie.

Ce cas, inédit dans le pays et signalé jeudi par le gouvernement de la préfecture d'Osaka, suscite une vive inquiétude dans l'archipel, qui doit accueillir les Jeux olympiques cet été.

Les autorités ont demandé l'annulation de tous les grands événements sportifs et culturels censés avoir lieu au cours des deux prochaines semaines, mais assurent que les Olympiades auront lieu comme prévu.

Le nombre de cas de contamination confirmés au Japon a dépassé jeudi la barre des 200, contre 186 la veille. Cela n'inclut pas les 704 cas recensés à bord du paquebot Diamond Princess, qui a été placé en quarantaine au port de Yokohama.

Au total, huit personnes sont mortes au Japon, dont quatre passagers du bateau.

Le bilan explose en Corée du Sud

Jeudi après-midi, les Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC) ont annoncé plus de 500 nouveaux cas de coronavirus. Cette hausse journalière est donc supérieure à celle enregistrée en Chine.

Quatre personnes sont debout autour de machines servant à propulser du désinfectant.

À Séoul, en Corée du Sud, des équipes de travailleurs protégés de pied en cap tentent de désinfecter des lieux publics.

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

Au total, 13 personnes sont mortes en Corée du Sud, principal foyer de contagion hors de la Chine continentale. Le virus y a maintenant contaminé 1766 personnes.

Ce chiffre est appelé à grimper, car les autorités ont commencé à vérifier la santé de plus de 210 000 membres de l'Église Shincheonji de Jésus, qui serait liée à plus de la moitié des cas dans le pays.

L'Italie cherche à récupérer ses touristes

En Italie, pays le plus touché de l'Europe, la protection civile a publié jeudi soir un nouveau bilan de 17 morts et de 650 personnes contaminées par le coronavirus. C'est 5 morts et 250 personnes infectées de plus que mercredi.

L'explosion du nombre de cas depuis vendredi a entraîné une vague d'annulations dans le secteur du tourisme, y compris loin des foyers de l'épidémie, soit la Lombardie et la Vénétie, dans le nord du pays.

La situation est telle que le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, essaie d'inciter les touristes à revenir en Italie. Nos enfants vont à l'école. Si nos enfants vont à l'école, alors les touristes et les entrepreneurs peuvent également venir, a-t-il affirmé à la presse étrangère.

Il y a seulement deux foyers certifiés. Sur plus de 7000 municipalités en Italie, il y en a à peine un peu plus d'une dizaine qui sont concernées par cette épidémie, a ajouté M. Di Maio, alléguant que l'Italie est un pays fiable et transparent.

Par ailleurs, 12 nouveaux cas ont été rapportés en France, dans l'Oise (nord de Paris), dont 3 sur une base militaire. Le nombre total de personnes infectées dans le pays est actuellement de 38.

Le gouvernement du Canada, parmi d'autres, invite cependant les personnes âgées, les personnes dont le système immunitaire est affaibli ou les personnes souffrant de problèmes médicaux sous-jacents à reconsidérer leur voyage dans le nord de l'Italie.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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