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Première journée de négociations avec les Wet'suwet'en « productive », selon les ministres

La ministre fédérale Carolyn Bennett et le ministre britanno-colombien Scott Fraser se sont dits satisfaits de leur première journée de négociations avec les chefs héréditaires wet'suwet'en, à Smithers, en Colombie-Britannique.

Trois chefs autochtones portant des tenues traditionnelles marchent dans une rue enneigée.

Le chef héréditaire wet'suwet'en Na’Moks, dont le nom en anglais est John Ridsdale.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Radio-Canada

Le ministre britanno-colombien des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation, Scott Fraser, a qualifié la journée de jeudi de productive. Il a ajouté que l’atmosphère de la rencontre était bonne et respectueuse.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a acquiescé et précisé que les négociations reprendraient vendredi dès 8 h 30 (11 h 30 HNE). L'objectif de cette première journée était d'établir un lien de confiance.

Les chefs héréditaires et les ministres devront désormais aborder la question des droits ancestraux et des droits autochtones.

Peu de temps avant le début des négociations, le chef Na’Moks, aussi connu sous le nom de John Ridsdale, a estimé que la relation entre le Canada et les Premières Nations doit changer, que le statu quo ne peut pas continuer.

Nous sommes traités comme des sous-hommes en ce moment, [...] personne ne devrait être traité comme ça.

Le chef Na’Moks

Des membres de la nation wet'suwet'en, pro et anti-gazoduc, sont aussi venus manifester devant le bureau des chefs héréditaires à Smithers, preuve de la division que provoque ce projet au sein de la communauté.

Interruption des travaux de Coastal GasLink

Les chefs héréditaires des Wet'suwet'en ont accepté de dialoguer avec les gouvernements en raison du respect de leurs demandes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a accepté de se retirer du chemin menant au chantier du gazoduc Coastal GasLink. Le promoteur du gazoduc a également interrompu les activités de construction de son projet, pendant les négociations qui doivent durer deux jours.

Selon les chefs héréditaires, ces gestes de bonne foi permettent d’entamer ces discussions de manière plus sereine.

On doit continuer à avoir un dialogue positif et un processus pour le succès et les droits de la nation wet'suwet'en.

Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones

Les chefs héréditaires wet'suwet'en remercient leurs partisans de leur dévouement inlassable. Et maintenant, les chefs ont besoin de temps pour discuter avec la Colombie-Britannique et le Canada dans une atmosphère de wiggus (respect), peut-on lire dans le communiqué publié jeudi après-midi par les chefs héréditaires.

Ils s'engagent également à ne pas entraver les routes sur leur territoire pour que leurs invités puissent passer.

Optimisme prudent

De son côté, le ministre Scott Fraser s’est dit satisfait de renouer avec le dialogue : Nous ne nous sommes pas parlé pendant plusieurs semaines, donc c’est un nouveau départ [...] qui, je l’espère, va conduire à la désescalade.

Le ministre fédéral des Affaires autochtones, Marc Miller, a précisé qu’il s’agissait d’une victoire pour le dialogue et la résolution de conflits de façon pacifique.

Son collègue Marc Garneau, ministre des Transports, a affiché un optimisme prudent. Il espère que la rencontre en Colombie-Britannique marquera un tournant et le début de la fin de la crise.

J'espère bien sûr que les discussions iront bien et j'espère que les Mohawks de Kahnawake et aussi en Ontario vont prendre ça comme un signal positif et décider de baisser les bras et d'enlever les barricades.

Marc Garneau, ministre des Transports du Canada

Malentendu autour de la rencontre

Un flou avait précédemment entouré la tenue de ces rencontres. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef Na'moks avait confirmé que la rencontre aurait bel et bien lieu et que son annulation, la veille, avait été causée par un manque de communication.

Peu après, le bureau du premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a fait savoir que l'annonce de la tenue de la rencontre était prometteuse, mais qu'il n'y aurait aucune confirmation dans l'immédiat.

Précédemment, le chef Na'moks avait affirmé que la rencontre avait été annulée par le gouvernement provincial, puisque les chefs héréditaires wet'suwet'en ne voulaient pas inviter leurs alliés des autres nations à lever les barricades un peu partout au pays.

Mercredi, l'entourage du premier ministre a révélé qu'il avait espoir que les chefs acceptent une période de paix et de respect pendant les pourparlers, qui comprendrait l'encouragement à leurs partisans de lever les barricades.

Les chefs réclamaient certaines concessions avant de rencontrer des représentants des gouvernements fédéral et provincial. Cette rencontre est considérée depuis le début, par le premier ministre du Canada Justin Trudeau, comme la clé pour résoudre la crise.

En entrevue avec RDI, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé que la rencontre aurait bel et bien lieu. Selon M. Champagne, la voie de la négociation est essentielle pour arriver à trouver une solution à long terme.

Critiques aux Communes et dans les corridors

L’opposition conservatrice, qui réclame une intervention musclée des forces policières depuis le début, a continué jeudi de critiquer le gouvernement libéral au regard de sa gestion de la crise.

La ministre Bennett était toute contente de dire, il y a une semaine : "Dans dix jours, on aura peut-être une rencontre". On entre dans la quatrième semaine de cette crise, c’est tout à fait inacceptable, a souligné Gérard Deltell, le porte-parole du Parti conservateur en matière d’affaires intergouvernementales.

Certains députés conservateurs, dont Doug Shipley, ont par ailleurs suggéré que les manifestations le long de rails ferroviaires en Ontario et au Québec étaient des actes terroristes. Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a réfuté ces termes. Non, ce ne sont pas [des actes terroristes], a-t-il tranché.

Mercredi, Justin Trudeau s'est défendu des attaques contre son gouvernement, alléguant qu'il fallait non seulement une solution « rapide » et « pacifique », mais aussi « durable ».

C'est très facile pour les partis d'opposition, que ce soit les conservateurs ou le NPD, de proposer des solutions simplistes. Nous, ça fait des semaines, et même des années, qu'on travaille sur des réponses complexes à des problèmes complexes, a répliqué M. Trudeau.

Jeudi, le bureau du premier ministre a confirmé qu'une seule barricade était toujours dressée, soit celle de la communauté mohawk de Kahnawake. À Tyendinaga, des tentes sont toujours installées près du chemin de fer, mais les trains peuvent circuler. Des manifestants ont toutefois essayé de perturber le trafic ferroviaire en allumant des feux près de la voie ferrée.

La déclaration du premier ministre québécois, François Legault, sur la possible présence d'armes d'assaut AK-47 à la barricade de Kahnawake a fait réagir, jeudi, le secrétaire parlementaire du ministre fédéral de la Sécurité publique, Joël Lightbound, qui a invité tous les acteurs politiques à la retenue.

Je ne vais pas commenter la déclaration spécifique de M. Legault, mais je pense qu'il faut en appeler à toute la classe politique, quel que soit le palier de gouvernement, de calmer, de tempérer, a-t-il offert, en arrivant à une réunion de comité parlementaire, à Ottawa.

Je pense qu'il y a des signes qui sont positifs, là. Le trafic ferroviaire a repris sur la ligne qui est vraiment névralgique à Belleville. Il y a une rencontre qui... c'est compliqué, mais qui s'organise avec les chefs wet'suwet'en. Et de ce que j'entends des Mohawks, ils cherchent une solution pacifique à cette crise-là. Donc, je pense que c'est vraiment ce qu'il faut favoriser, a conseillé M. Lightbound.

Avec les informations de Louis Blouin, Philippe Leblanc et La Presse canadienne

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