•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le gouvernement albertain continuera de viser le déficit zéro en 2022 dans le budget 2020

Travis Toews, debout dans son bureau, chaussé de bottes. Des photographes et des caméramans se pressent autour de lui.

Le ministre des Finances, Travis Toews, a remis ses bottes de cowboy pour annoncer son budget de 2020, expliquant que l'Alberta compte continuer sur la voie de la rigueur budgétaire.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Radio-Canada

Le ministre des Finances de l’Alberta, Travis Toews, déposera jeudi un nouveau budget, mais avec les mêmes bottes aux pieds et la même idée en tête que pour le premier : l’équilibre budgétaire en 2022.

Alors que la croissance économique est moins importante que prévu, l’opposition officielle s’inquiète de voir dans le budget des compressions supplémentaires.

Faisant fi de la tradition, Travis Toews s’est présenté devant les médias avec ses fidèles bottes de cowboy à la veille du budget 2020-2021.

Je porte de nouveau ces bottes parce que le travail continue. Il reste beaucoup de travail à faire dans cette province, mais je vous dirai ceci : nous sommes sur la bonne voie, a-t-il dit.

Il assure que le nouveau budget sera basé « sur les mêmes prémisses » que le précédent, dont la réduction du nombre d’employés provinciaux. Il n’a pas précisé s’il s’en tiendrait à la baisse de 7,7 % sur quatre ans annoncée cet automne.

La situation économique ne s'est cependant pas améliorée aussi vite que prévu. Les dernières prédictions de la Financière ATB, en décembre, estimaient que le produit intérieur brut de la province augmenterait de 0,4 % en 2019 et de 0,9 % en 2020. Le budget d’octobre projetait plutôt que la croissance atteindrait 0,6 % en 2019 et 2,7 % en 2020.

Ces projections [n’]étaient franchement pas réalistes  dès le départ, selon la porte-parole de l’opposition officielle en matière de Finances, Shannon Phillips.

Cette dernière s’attend à ce que les revenus du gouvernement soient par conséquent beaucoup plus bas que prévu et que le budget comporte des réductions de dépenses encore plus intenses pour compenser.

Au-delà de ces bottes de cowboy, le ministre des Finances devrait se mettre dans les souliers des Albertains qui souffriront de ce choix, dit Shannon Phillips, expliquant que les enseignants, les infirmières et les autres membres de la fonction publique sont déjà à bout de souffle.

Des attentes divergentes

Le syndicat des employés provinciaux de l’Alberta, l'AUPE, partage ces craintes. L'attitude du gouvernement dans leurs négociations salariales et le ton du discours du Trône, mardi, ne donnent guère confiance au président de l'AUPE, Guy Smith.

Nous sommes très inquiets que ce soit un autre budget tueur d’emplois, dit-il.

Il fait entre autres référence aux enseignants et aux infirmières qui projettent déjà une baisse de leurs effectifs.

Du côté de l’Association des chambres de commerce de l’Alberta, toutefois, on ne veut qu’une chose : que le gouvernement garde le cap sur le déficit zéro.

Le président, Ken Kolby, croit qu’il faut continuer de miser sur la revitalisation de l’économie et les investissements privés pour y arriver.

Ce que je vais regarder dans le prochain budget, c’est comment le gouvernement va stimuler l’économie et les emplois, dit-il.

Quatre chiffres à surveiller

Les projections de croissance

La croissance du produit intérieur brut (PIB) est un indicateur de la santé générale de l’économie dans la province. En Alberta, le prix du baril de pétrole a une grande influence sur elle.

Le gouvernement compte sur le fait que sa réduction d’impôts pour les grandes entreprises et ses initiatives pour réduire la bureaucratie attireront les investissements et stimuleront l’emploi.

En octobre, il estimait que le PIB croîtrait de 0,6 % en 2018 -2019 et de 2,7 % et 3 % au cours des années suivantes.

Les professeurs d’économie de l’Université de Calgary Blake Shaffer et Trevor Tombe estiment toutefois que ces projections ne sont plus réalistes. Ils s’attendent à ce que le gouvernement les révise à la baisse.

La réduction des dépenses

En octobre, le gouvernement planifiait de réduire les dépenses opérationnelles de 2,8 % d’ici 2022-2023, avec une réduction de 2,3 % en 2020-2021.

Si les projections de revenus baissent, toutefois, le gouvernement devra choisir entre repousser l’atteinte du déficit zéro et couper davantage dans les dépenses.

La dette

En octobre, la dette était de 62 milliards. Le gouvernement prévoit qu’elle continuera d’augmenter jusqu’à ce qu’elle atteigne 93 milliards en 2022-2023, lorsque sera atteint le déficit zéro, selon ses calculs.

Il promet cependant que cette augmentation sera moins rapide que celle que prévoyait le Nouveau Parti démocratique.

Le nombre de fonctionnaires

Le ministre des Finances a répété plusieurs fois qu’il fallait réduire la masse salariale du gouvernement pour atteindre l’équilibre budgétaire.

Il a aussi répété qu’il comptait surtout procéder par attrition, c’est-à-dire en ne remplaçant pas les employés qui partent volontairement.

En octobre, on visait une réduction de 7,7 % du nombre de fonctionnaires avant 2022-2023.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Économie

Politique