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Des médecins envisagent de quitter l’Alberta

Un radiologue examine une radiographie pulmonaire.

Les médecins s'inquiètent de ne plus pouvoir pratiquer en Alberta.

Photo : getty images/istockphoto/utah778

Audrey Neveu

Des médecins albertains envisagent de quitter la province en réponse aux changements à leur modèle de financement décrétés la semaine dernière par le ministre de la Santé de l’Alberta après l’échec des négociations.

Les médecins redoutent une baisse de l’accessibilité et de la qualité des soins pour les patients.

Je suis inquiète et fâchée contre le gouvernement, lance Dhea Wallace-Chau. Gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Rockyview de Calgary, elle craint de ne pas pouvoir continuer sa pratique en Alberta.

Parmi les changements décrétés par le ministère de la Santé, les médecins qui travaillent dans les bâtiments de Services de santé Alberta, comme les hôpitaux, recevront moins d’argent pour couvrir leur loyer et leurs frais d’exploitation.

Le gouvernement avait d’abord affirmé que ces médecins n'avaient pas besoin de cet argent, puisqu’ils ne paient pas de tels frais, avant d’admettre que certains le font.

Je paie un loyer au département de gynécologie de l'hôpital, et il est plus élevé que le loyer de mes collègues du secteur privé, affirme la Dre Wallace-Chau.

CBC/Radio-Canada a parlé à une demi-douzaine de médecins travaillant dans des établissements publics qui affirment avoir d’importants frais d’exploitation et de loyer.

Cela s’ajoute à dix autres changements, dont ceux appliqués à la facturation pour les visites de patients aux multiples problèmes de santé.

Les médecins ne pourront facturer un supplément qu’après 25 minutes de soins, plutôt que 15 minutes selon l’ancienne entente avec le gouvernement. Ces frais entreront en vigueur le 1er avril.

Des patients directement touchés

La Dre Wallace-Chau affirme que, pour compenser cette baisse de revenus, elle devra voir plus de patients et passer moins de temps avec chacun d'eux.

Si quelqu'un attend six mois ou un an pour me voir et que je n’ai que 10 ou 15 minutes à passer avec lui, je ne serai pas capable de lui donner la même qualité de soins que si j’ai plus de temps, explique-t-elle.

Le ministre de la Santé, Tyler Shandro.

Le ministre de la Santé, Tyler Shandro, affirme que l'application de nouvelles règles aux médecins de l'Alberta est nécessaire pour atteindre les objectifs budgétaires de la province.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Comme tous les autres médecins, elle ne sait pas quelle sera l’ampleur de sa baisse de revenus après ces changements. Le ministère de la Santé évoque une baisse moyenne de 21,5 %, tandis que plusieurs médecins estiment que cela pourrait représenter de 30 à 50 % de leurs revenus.

Si la baisse de revenus est assez importante, je pourrais devoir fermer ma clinique et aller au privé ou quitter la province avec mon mari, qui est chirurgien.

Dhea Wallace-Chau, gynécologue-obstétricienne à l'Hôpital Rockyview de Calgary

Paul Ratti, psychiatre à l’Hôpital Foothills de Calgary, estime qu’il sera plus difficile de traiter certains patients, comme des toxicomanes et des sans-abri, qui tomberont dans les craques du système.

Je suis fâché contre le gouvernement d’avoir créé une telle situation. C’est difficile de croire que le premier ministre Kenney, qui est un homme très intelligent, n’avait pas idée du chaos que ces changements créeraient, affirme-t-il.

Je suis fâché que le gouvernement mette en danger des patients. Il s'agit de vies humaines ici. C’est un jeu dangereux.

Paul Ratti, psychiatre à l'Hôpital Foothills de Calgary

Le gouvernement défend sa réforme

Le ministère de la Santé affirme que les changements au modèle de financement des médecins feront économiser 2 milliards de dollars sur trois ans aux contribuables.

De ce montant, 80 millions de dollars proviendront de la diminution des frais de loyer et d’exploitation. Cet argent sera réinvesti dans le système de santé.

Le Ministère soutient que ces changements amèneront les coûts versés aux médecins à un niveau semblable à celui des autres provinces canadiennes.

Nous faisons un changement qui est du ''gros bon sens'' en payant les médecins pour leur loyer et leurs frais d’exploitation lorsqu’ils travaillent dans le secteur privé, pas lorsqu’ils travaillent dans des hôpitaux et d’autres établissements publics financés par les contribuables, affirme le porte-parole du ministère, Steve Buick.

Avec les informations de Jennifer Lee

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Santé publique