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Le sort de l’église Saint-Joachim entre les mains de Revenu Québec

Une partie de la façade de l'église Saint-Joachim

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon

Décrépite et vandalisée, l’église Saint-Joachim de Chicoutimi pourrait être démolie au cours des prochains mois. Le propriétaire de la bâtisse a signé un acte d’abandon, ce qui signifie que Revenu Québec pourrait en devenir responsable.

Érigée dans les années 1940, l’église Saint-Joachim est passée de bâtiment phare à balafre dans le paysage du quartier.

Louis Moisan et un associé l’ont acquise en 2009 en échange d’une bouchée de pain pour y aménager un studio d’enregistrement. Le projet a déraillé et l’église croule maintenant sous la décrépitude.

Depuis, la Ville tente de trouver des solutions.

On a vraiment souvent des incendies à l’intérieur de la bâtisse. Tout le quartier souffre d’insécurité. Il y a des squatteurs qui vont souvent loger dans la bâtisse, rappelle la conseillère municipale responsable du secteur, Brigitte Bergeron.

Saguenay a envisagé de prendre en charge elle-même la démolition, mais les coûts l’ont fait déchanter.

L'extérieur de l'église Saint-Joachim.

L'église Saint-Joachim à Chicoutimi est abandonnée depuis des années.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

En désespoir de cause, le comité exécutif a accepté de verser 12 500 $ à la compagnie à numéro de Louis Moisan pour qu’il règle ses dettes et cède l’église à l’État.

C’est une aide financière concernant le développement économique. On a plusieurs programmes au niveau de la Ville. Ce programme répondait pour revitaliser le secteur, pour réagir. C’est certain qu’il y avait des dettes sur le bâtiment, donc c’était pour aider le propriétaire, poursuit Brigitte Bergeron.

Revenu Québec pourrait contester

Revenu Québec confirme avoir pris connaissance de l’acte d’abandon publié le 12 décembre 2019.

[Nous procédons] actuellement à une analyse pour établir qu’il s’agit effectivement d’un bien sans maître et déterminer les suites appropriées, a fait savoir le porte-parole Martin Croteau, par courriel.

Si, théoriquement, le sort de l’église Saint-Joachim est entre les mains de Revenu Québec, tout n’est pas gagné pour Saguenay, qui veut voir le bâtiment disparaître le plus rapidement possible.

Revenu Québec pourrait contester l’acte d’abandon. C’est ce qui s’est produit dans le dossier de l’église Sainte-Cécile de Jonquière. La cour a tranché et Revenu Québec en est finalement devenu responsable. C’est donc l’agence gouvernementale qui a assumé les frais de démolition, lesquels ont atteint 1,4 million de dollars.

Des vitraux brisés sur le clocher de l'église.

Plusieurs vitraux du clocher de l'église Saint-Joachim sont brisés.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Dans le quartier Saint-Joachim, la perspective de la démolition provoque des sentiments doux-amers.

C’est dangereux. Il y a des gens qui rentrent là-dedans, des clochards. Il y a des adolescents qui y vont. C’est dangereux de se blesser. Il y a de la vitre cassée et toutes sortes de choses dans cette église-là. Puis à tout bout de champ, le feu est pris, dit Josée Gagnon, qui habite derrière l’église.

C’est un regret certain. C’est sûr que je l’aimais bien, mais là, il n’y a pas d’autre chose à faire avec ça. Elle est trop maganée, constate Sylvain Saulnier.

La démolition pourrait ouvrir la voie à une nouvelle construction. Selon le logiciel de taxation de Saguenay, le terrain est évalué à 80 000 $. La signature de l’acte d’abandon survient au moment même où Saguenay consulte les citoyens au sujet de l’avenir des églises situées sur son territoire.

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Saguenay–Lac-St-Jean

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