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Le métier de sage-femme bientôt réglementé au Yukon

Plan moyen des mains d'une sage-femme examinant le ventre d'une femme accouchant à la maison.

Une sage-femme examine une femme qui accouche à la maison.

Photo : Radio-Canada

Les sages-femmes du Yukon se réjouissent que leur métier soit enfin réglementé. Le gouvernement territorial a annoncé cette semaine qu'il délivrera des licences et embauchera des sages-femmes d’ici 2021.

Cette annonce survient après des décennies de promesses de la part des gouvernements précédents de réglementer et de financer la profession de sage-femme dans le territoire. Le Yukon est parmi les derniers endroits au Canada à ne pas offrir les services de sage-femme par le biais de son système de soins de santé.

J’espère que cela arrivera comme promis d’ici l’année prochaine. Ça aurait été génial que cela se passe cinq ans auparavant, mais bon.

Christina Kaiser, sage-femme

Christina Kaiser est la seule sage-femme qui pratique encore au Yukon. Elle a d’ailleurs aidé à l’accouchement du premier bébé de l’année du territoire. Elle s’impatiente de voir son métier reconnu. Depuis vingt ans qu’elle exerce cette profession, elle a oeuvré au sein de plusieurs organismes pour atteindre cet objectif.

Plan moyen de Christina Kaiser debout dans une résidence.

Sage-femme depuis 20 ans, Christina Kaiser se bat pour que son métier soit intégré dans le système de soins de santé du Yukon.

Photo : Radio-Canada / Steve Silva (CBC)

Un processus qui nécessite du temps

Il incombe au ministère de la Santé de mettre en œuvre le programme et d’embaucher les sages-femmes. Par contre, la délivrance des licences sera la responsabilité des Services communautaires du Yukon,et de son ministre John Streicker. « Tout le monde a voulu [...] voir [le dossier] progresser plus rapidement, mais [en étant] très déterminé à faire en sorte que cela se produise de manière positive », a-t-il affirmé. Et Mme Kaiser reconnaît qu’il est « préférable de prendre son temps pour que cela soit bien fait ».

Le projet de réglementation n'a pas encore été finalisé, mais le gouvernement envisage cependant un modèle de soins qui intégrerait les sages-femmes dans le système de santé, a précisé le ministre Streicker. D’ailleurs, il s’agit de la recommandation du comité consultatif des sages-femmes qui souhaite que ces accompagnatrices des mamans soient des employées du gouvernement plutôt que des entrepreneures externes au système, comme c’est le cas maintenant.

Plan moyen de John Streicker assis dans un bureau.

Le ministre John Streicker reconnaît qu'il y aura plusieurs défis pour que l'intégration des sages-femmes soit faite dans le système de soins de santé, mais ce n'est plus qu'une question de temps, car c'est pour bientôt, se réjouit-il.

Photo : Radio-Canada

John Streicker ajoute aussi que le gouvernement « va de l'avant avec l'embauche d'un coordonnateur chargé de la mise en œuvre de cette réglementation, sans doute une personne qui serait elle-même sage-femme ». Cette dernière jouera un rôle équivalent au consultant pour « aider à tout mettre en place ».

Un bénéfice pour tous

Pour Christina Kaiser, les avantages d’une telle nouvelle sont indéniables parce que la profession n’est pas durable dans son fonctionnement actuel. Elle souligne que cette « intégration des sages-femmes dans le système signifie avant tout une collaboration avec d'autres professionnels de la santé ».

En ce moment, je pratique en dehors du système, je ne suis pas illégale, mais je pratique en dehors du système, ce qui signifie que d'autres professionnels de la santé ne peuvent pas officiellement collaborer avec moi comme je ne peux pas les consulter officiellement, c'est un vrai problème pour ma pratique.

Christina Kaiser, sage-femme

Elle explique par exemple qu’elle ne peut pas commander des tests alors que les sages-femmes ailleurs au Canada ou dans le monde peuvent le faire, car elles font partie d’un système réglementé. Par ailleurs, elle ne peut pas non plus offrir tous les services que son champ d’activité offre, regrette-t-elle, ou encore mener un accouchement à l'hôpital. Je peux seulement offrir des accouchements à domicile, dit-elle.

Plan serré des mains d'une sage-femme pesant un bébé naissant.

Christina Kaiser est la seule sage-femme qui exerce encore au Yukon. Elle a accompagné Andrea VandenHoek durant son accouchement.

Photo : Andrea VandenHoek

Elle est par conséquent convaincue que « cela fera une énorme différence et donnera accès aux femmes et aux familles à des soins obstétricaux parce qu’elles n'auront plus à payer elles-mêmes » les services d’une sage-femme.

De plus, le statut d’employé public permettra certainement aux sages-femmes de sortir de la précarité, croit-elle. Car, dans un système réglementé, le métier intégré dans les soins de santé devient « durable » en assurant un salaire étant donné qu’il s’accompagne avec beaucoup de responsabilités.

Pour moi, travailler comme sage-femme pour le moment n’est pas durable. Je ne peux pas nourrir ma famille en l’exerçant.

Christina Kaiser, sage-femme

Whitehorse d’abord

Le programme de sages-femmes du gouvernement territorial visera premièrement la capitale. Il y a environ 400 naissances chaque année au Yukon et la plupart se déroulent à Whitehorse, a relevé le ministre Streicker. Selon lui, il est plus judicieux pour une personne qui veut se lancer dans la profession de sage-femme de résider non loin de l’hôpital.

Et à l'avenir, nous irons dans les communautés.

John Streicker, ministre des Services communautaires du Yukon

Nous avons déjà des sages-femmes, ici dans le territoire, qui veulent pratiquer. Nous n’allons pas voir 20 sages-femmes arriver soudainement. Nous n’avons pas assez de naissances.

Christina Kaiser, sage-femme

En comparaison aux autres provinces, comme la Colombie-Britannique, l’Ontario ou le Québec où les familles se tournent grandement vers les services d’une sage-femme, Christina Kaiser ne croit pas que la nouvelle réglementation provoquera une ruée vers le métier.

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