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Député accusé de conduite en état d'ébriété : des allégations explosives dans un courriel

Un homme donne une entrevue au micro devant le palais de justice.

Le député Hugh MacKay devant le palais de justice à Halifax le 8 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

L’opposition officielle en Nouvelle-Écosse a obtenu un courriel contenant des allégations explosives sur l’entourage d’un député libéral accusé de conduite avec les facultés affaiblies.

Ce député, ivre au volant, aurait été pris en chasse pendant près de deux heures par un membre de son association de circonscription, jusqu’à ce qu’il emboutisse un lampadaire, selon l’auteur du courriel. L’affaire, allègue-t-il, aurait ensuite été étouffée pour protéger l’homme politique.

De plus, la cheffe de cabinet du premier ministre Stephen McNeil était au courant des allégations, et n’en a jamais informé son patron, a déclaré M. McNeil mercredi.

Un député libéral accusé

Hugh MacKay, député de Chester-St. Margaret's, a été accusé la semaine dernière d’avoir conduit un véhicule avec les facultés affaiblies le 22 novembre 2018. Il a annoncé dimanche qu’il quittait le caucus du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse. Il siège maintenant comme indépendant.

M. MacKay, qui a admis dans le passé un problème d’alcoolisme, avait plaidé coupable à une accusation de conduite en état d’ébriété dans une affaire différente à l’automne 2019.

Allégations explosives dans un courriel

À l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, le chef de l’opposition officielle, Tim Houston, a présenté mardi un courriel, dont il dit avoir reçu une copie la veille, alléguant que des membres de l’association libérale de la circonscription de Hugh MacKay auraient tenté d’étouffer l’incident allégué de 2018.

Aucune des allégations contenues dans ce courriel n’a été prouvée devant un tribunal.

Dans un courriel le 6 mai 2019, un membre de l’association libérale de la circonscription de Chester-St. Margaret's, dont l’identité n’est pas révélée, écrit avoir reçu vers 15 h 30 le 22 novembre 2018 un appel de Penny Lawless, qui travaille au bureau de circonscription de Hugh MacKay.

Celle-ci était paniquée, affirme l'auteur du courriel. Elle lui aurait dit que le député MacKay était très saoul et la textait et lui téléphonait tout en conduisant son véhicule utilitaire sport.

Il affirme que Mme Lawless lui a demandé de se rendre à New Ross, une communauté de la Municipalité de Chester, pour aller chercher M. MacKay. Mme Lawless, écrit-il, savait où le député se trouvait grâce à la fonction « Localiser mes amis » de son iPhone.

L’auteur affirme avoir retrouvé le véhicule immobilisé, mais le moteur en marche. Hugh MacKay était assis dans le siège du conducteur, une bouteille de vodka à ses côtés, allègue-t-il.

Un homme en complet s'engage dans un escalier.

Le député Hugh MacKay le 8 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC

L’auteur du courriel aurait dit à M. MacKay qu’il venait le chercher pour le reconduire chez lui, mais M. MacKay aurait refusé d’obtempérer et aurait pris la fuite en voiture. L’auteur du courriel ajoute qu’une roue lui serait passée sur le pied.

L’auteur du courriel affirme avoir senti une forte odeur d’alcool, remarqué que M. MacKay parlait comme une personne intoxiquée et ne paraissait pas comprendre ce qui se passait autour de lui. Il est évident qu’il était extrêmement saoul, écrit-il.

Il affirme ensuite avoir suivi M. MacKay sur plusieurs autoroutes, où l’homme politique aurait roulé par moments jusqu’à 150 km/h.

Vers 17 h 20, près de deux heures après le premier coup de fil reçu par l’auteur du courriel, M. MacKay aurait brûlé un feu rouge, foncé vers le centre commercial Tantallon, perdu le contrôle de son véhicule et embouti un lampadaire à l’entrée du stationnement.

L’auteur du courriel affirme alors avoir sorti M. MacKay de force de son véhicule, avoir retiré la bouteille de vodka de la voiture et avoir reconduit le politicien chez lui, abandonnant l'automobile sur les lieux.

L’auteur de ce courriel, qui démissionnait du même coup de l'association de circonscription, accuse Penny Lawless de l’avoir dissuadé d’appeler la police durant cette poursuite alléguée. Il l'accuse d'avoir voulu protéger son propre emploi, en plus de la réputation et du siège à l’Assemblée législative de M. MacKay.

Ce courriel était adressé à Andre Veinotte, président de l’association libérale de Chester-St Margaret's; à Patricia Culbert, agente du caucus libéral de la Nouvelle-Écosse; et à Richard Hattin, membre de l’équipe de campagne de Hugh MacKay à l’élection de 2017.

La cheffe de cabinet du premier ministre était au courant

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a été talonné par l’opposition mardi et mercredi à la législature. Il a nié avoir été au courant des allégations contenues dans ce courriel. Il a répété avoir été informé des accusations ces derniers jours quand Hugh MacKay a communiqué ce fait au Parti libéral et a quitté le caucus.

Le premier ministre parle à sa cheffe de cabinet.

Le premier ministre Stephen McNeil et sa cheffe de cabinet, Laurie Graham, le 25 juin 2018 à Sydney, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Tom Ayers

Mercredi, après la période de questions à l’Assemblée législative, le premier ministre McNeil a déclaré aux médias que sa cheffe de cabinet, Laurie Graham, était au courant des allégations depuis mai 2019, lorsque le courriel a été rédigé.

Selon le premier ministre, l’association de circonscription a mené son enquête et a dit à la cheffe de cabinet que les allégations n’étaient pas crédibles. Par conséquent, la cheffe de cabinet n’en a pas avisé le premier ministre.

Toutes sortes de choses sont acheminées à mon bureau. Le travail d’une cheffe de cabinet est de déterminer ce qui se rend jusqu’à moi et ce qui est fondé, pour que je m’en occupe, a dit M. McNeil.

L’auteur du courriel affirme avoir des messages textes et des vidéos prouvant ses allégations. Selon M. McNeil, si c’est le cas, ces éléments doivent être partagés avec les policiers.

Tim Houston répond aux questions des médias devant des drapeaux de la Nouvelle-Écosse le 10 janvier 2019 à Halifax.

Tim Houston, chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC

Si le premier ministre n’était pas au courant, cela témoigne d’une très, très dangereuse culture au sein de son parti, déclare le chef du Parti progressiste-conservateur, Tim Houston. Si quelqu’un dans mon équipe recevait un courriel de ce genre, je m’attendrais à ce qu’ils en informent leurs superviseurs.

Ce courriel est épouvantable, dit de plus M. Houston. On y décrit une situation qui devrait inquiéter tous les Néo-Écossais, tous ceux qui conduisent, tous ceux qui marchent sur les trottoirs.

Le député indépendant de Chester-St. Margaret's, Hugh MacKay, doit comparaître à Halifax le 16 mars.

D’après le reportage d’Anjuli Patil et Michael Gorman, CBC

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