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Les Nôtres, le film percutant qui ouvre les RVQC

Marianne Farley et Émilie Bierre dans le film « Les Nôtres »

Photo : Babas Photography

Radio-Canada

Le deuxième film réalisé par Jeanne Leblanc, Les Nôtres, qui aborde un sujet difficile et complexe, est présenté en ouverture des Rendez-vous Québec Cinéma (RVQC), ce soir, le 26 février. Le long métrage met en vedette Émilie Bierre, Marianne Farley, Paul Doucet et Judith Baribeau, qui a coécrit le scénario avec la réalisatrice.

C'est l’histoire de Magalie (Émilie Bierre), qui cache un lourd secret, un scandale qui ébranle la communauté de Sainte-Adeline où vit la jeune fille de 13 ans. C'est un village fictif qui pourrait être n’importe quel village québécois. Sa mère, Isabelle, jouée par Marianne Farley (aussi réalisatrice du documentaire Marguerite, sélectionné aux Oscars en 2019), tente de savoir ce qui hante celle-ci.

La réalisatrice tient à maintenir le suspense autour du lourd secret de Magalie. D’ailleurs, même son propre père n’en connaît pas les détails et verra le long métrage pour la première fois le 26 février.

C’est un lourd secret qui a énormément de teintes et de couleurs. [...] Il faut aussi revenir sur la communauté, les gens qui entourent [les personnages principaux]. S’il y a une chose que j’aimerais qu’on retienne du film, c’est le déni des autres. On peut le vivre sur plus d’un sujet, de plus d’une façon, mentionne Jeanne Leblanc en entrevue avec la chroniqueuse du 15-18 Catherine Richer.

La réalisatrice espère que le film ouvrira des discussions après que les gens l'auront vu.

Si un film sur le silence et le déni peut porter à faire parler, ça serait génial. [...] Très personnellement, je suis une grande partisane de ce cinéma qui rend le spectateur actif, qui lui fait prendre parti. Je trouve ça magnifique.

Jeanne Leblanc

Plonger au cœur de l’être humain

Ce film raconte un drame humain, parle du silence d’une communauté et de justice réparatrice. La réalisatrice avoue être fascinée par l’être humain et ses failles. Selon moi, l’art doit servir à aller plus loin, à se poser des questions sur qui nous sommes. Ce qui me fascine et me traumatise aussi, c’est à quel point nous sommes complexes. [...] Je trouve qu’on n’a pas assez de ces émotions qui nous travaillent, nous bouleversent. Il y a une mise à nu [dans l'art] que je crois nécessaire et salutaire sur le long terme, explique-t-elle.

La jeune fille est assise sur le sol, son téléphone intelligent dans les mains et son sac à côté.

Émilie Bierre joue une jeune fille de 13 ans, Magalie, dans le film de Jeanne Leblanc, « Les Nôtres ».

Photo : Babas Photography

Émilie Bierre, la jeune comédienne qui jouait dans Une colonie, de Geneviève Dulude-De Celles, est dans presque toutes les scènes de ce film. Il s'agit pour elle d'un autre rôle dramatique, mais encore plus troublant que son rôle précédent (elle avait 14 ans au moment du tournage de Les Nôtres, presque le même âge que son personnage), et elle l'a grandement apprécié.

Tous les types de personnages m’intéressent et m’intriguent. Chaque fois, ces rôles m’amènent ailleurs et me font découvrir une autre facette de l’humain en général. J’ai déjà fait de la comédie avec "Les beaux malaises" et j’adore jongler entre les variétés de personnages. Ça me permet d’apprendre un peu plus, et le rôle de Magalie m’a amenée ailleurs.

Émilie Bierre

La jeune comédienne raconte que son personnage l’a hantée pendant toute la durée du tournage, puisqu’elle n’avait pas d’autres projets en cours. Même aujourd’hui [Magalie] est encore quelque part en moi, admet-elle. Je l’emmène dans les nouvelles expériences que je vis pour d’autres personnages. Ils me suivent tous, mais celui-ci m’a vraiment beaucoup marquée.

Les deux femmes sont assises dans des estrades entourées de plusieurs personnes.

Marianne Farley et Judith Baribeau dans le film « Les Nôtres »

Photo : Babas Photography

Si le film dramatique ne traite pas d’un sujet facile et reste marquant pour ceux et celles qui le voient, Marianne Farley, qui joue la mère de Magalie et coproduit le film, pense qu’il fallait aborder le sujet qui est une réalité dans la société. Je sais que des gens vont avoir des attentes différentes, dit-elle. Personnellement, je voulais faire un film qui n’était pas dans les zones de noir et blanc. Je voulais explorer les zones grises de la vie et montrer l’impact sur cette jeune fille.

Un personnage féminin différent

C'est Marianne Farley qui a eu l’idée du film il y a 10 ans. Elle a présenté Judith Baribeau à Jeanne Leblanc et ces dernières ont coécrit le scénario.

Ce que j’aime de ce scénario, c’est le côté nuancé de la trame narrative. On ne pointe personne du doigt, c’est la communauté au complet qui est responsable du drame de cette petite fille. La portée sociale du film me touche.

Marianne Farley

Marianne Farley a également aimé jouer un rôle qui sort des personnages féminins typiques, la femme de, la blonde, l’objet de désir, la femme frustrée ou acariâtre. J’étais un peu tannée qu’on m’offre tout le temps le même genre de rôles, avoue-t-elle. Il y a quatre ou cinq archétypes pour les personnages féminins.

Les Nôtres est présenté en ouverture des RVQC et sortira en salle le 13 mars prochain.

Avec les informations de Catherine Richer

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