•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un maire ontarien accusé d'utilisation abusive d'électeurs par procuration

Larry Snively, le maire d'Essex.

Larry Snively, le maire d'Essex

Photo :  CBC / Jason Viau

Radio-Canada

La Police provinciale de l'Ontario accuse le maire d'Essex Larry Snively en vertu de la Loi sur les élections municipales de l'Ontario pour utilisation abusive d'électeurs par procuration.

Larry Snively, le maire d'Essex, fait face à des accusations pour abus présumés concernant des votes par procuration lors des élections municipales de 2018.

L’accusation portée contre lui fait suite à une enquête déclenchée après les élections municipales d’Essex en 2018. Deux citoyens de la Ville avaient porté plainte après s'être aperçus qu'ils ne pouvaient pas voter, quelqu'un l'ayant déjà fait à leur place. Des bulletins de vote par procuration avaient été signés sans consentement. 

Radio-Canada/CBC avait alors examiné 94 formulaires de vote par procuration, et le tiers d'entre eux étaient erronés et comportaient des lacunes.

Larry Snively avait gagné par 117 voix contre son plus proche rival.

La conseillère Sherry Bondy demande au maire de démissionner

La conseillère municipale d'Essex Sherry Bondy, qui avait réclamé la tenue d'une enquête en 2018, demande maintenant une réunion du conseil d'urgence et souhaite que le maire démissionne.

Le conseiller d’Essex Chris Vander Doelen estime quant à lui que le maire doit rester en place. Je ne pense pas qu’une personne qui est accusée d’un fait qui n’a pas encore été prouvé devrait être considérée comme coupable et perdre son emploi, affirme-t-il. Il déplore le fait que la résolution de cette affaire pourrait prendre des années. Malheureusement, cela va affecter l’image de la Ville. Je crains que ça sape nos ressources, détourne notre attention et nous fasse gaspiller de l’argent.

Le système de vote par procuration dans le viseur

Quant au système de vote par procuration, que la conseillère Sherry Bondy avait appelé à modifier suite aux plaintes déposées en 2018, Chris Vander Doelen juge qu’il serait une erreur de l’enlever. Certaines personnes sont intimidées par le système, illettrées ou ont obtenu depuis peu la citoyenneté canadienne, et ils ne savent pas comment s’y prendre. Le vote par procuration est fait pour eux, ainsi que pour ceux qui restent chez eux pour des raisons de santé, explique-t-il.

C’est la position inverse qu’adopte Duff Conacher, coordinateur de Democracy Watch. Il pense que le votes par procuration tel que pratiqués lors des municipales en Ontario est dangereux et facile à contourner. Ce n’est pas un système qui peut protéger l’intégrité des élections.  Selon lui, l’Ontario devrait changer la loi et s’inspirer du système d'élections fédérales, qui ne permet pas de voter par procuration.

[Le vote par procuration¨] ne peut pas  protéger l’intégrité des élections

Duff Conacher, coordinateur de Democracy Watch

Selon la Loi sur les élections municipales de l'Ontario, une personne reconnue coupable d'une infraction est passible d'une amende pouvant atteindre 25 000 dollars. Si le juge conclut que la personne a sciemment commis l'infraction, la peine peut également comprendre une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à six mois.

Le maire d’Essex a indiqué pour sa part qu’il ne compte pas démissionner. Il doit comparaître devant le tribunal de Windsor à la fin du mois de mars.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !