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Des médailles nazies et du KKK à vendre au plus offrant

La vente provoque de la colère dans la communauté juive.

À gauche, une croix gammée sur une médaille et à droite, un canif avec une gravure d'un homme dans un habit du KKK.

Deux des objets qui seront vendus le 1er mars prochain.

Photo : Radio-Canada / Images tirées du site Web Encan en ville

Félix Morrissette-Beaulieu

La vente en ligne d'articles du Troisième Reich et du Ku Klux Klan (KKK) à Québec suscite l'indignation, dont celle du groupe Unité Québec.

Un canif et une médaille associés au KKK, un groupe suprémaciste blanc, de même que deux médailles nazies, sont en vente sur le site Internet Encan en ville, qui a pignon sur rue à Québec.

Ces articles seront vendus officiellement le 1er mars, lors de la fermeture de l'encan. Jusqu'ici, les articles ont reçu plus d'une dizaine d'offres.

Vue de face et de dos de la croix. De face, on aperçoit une croix gammée nazie et, au dos, une inscription de la date (16 décembre 1938).

L'une des médailles mises en vente par le site Encan en ville

Photo : Radio-Canada / Images tirées du site Web Encan en ville

« Insultant »

L'organisme Unité Québec, qui promeut le vivre ensemble à Québec, s'explique mal la vente de tels objets. « C'est triste, c'est insultant », déplore David Weiser, porte-parole de l'organisme.

Ces objets-là n'ont aucune valeur historique. Ça semble être un manque d'éthique de vendre ces objets-là. C'est insultant pour les gens qui ont souffert, ajoute celui qui est aussi porte-parole de la communauté juive de Québec.

Selon lui, ces objets sont largement répandus dans le monde, ce qui en diminue grandement leur intérêt pour les collectionneurs. Ce n'est pas du bon voisinage, croit-il.

David Weiser, cofondateur d'Unité Québec

David Weiser, cofondateur d'Unité Québec.

Photo : Radio-Canada / Valérie Marcoux

Devoir de mémoire

Le copropriétaire du site Encan en Ville, Nicolas Marcoux, justifie sa décision de mettre en ligne les objets par le devoir de mémoire.

Peu importe l'objet et sa valeur historique, on va toujours se poser la question à savoir s'il y a un intérêt à offrir ce genre de produit. Lorsque la réponse est oui, on va y aller, explique-t-il.

Nicolas Marcoux.

Nicolas Marcoux

Photo : Radio-Canada

Les objets rappellent des choses. Ils nous rappellent l'obligation de mieux s'informer, de mieux comprendre ce qui s'est passé, justifie M. Marcoux.

La signification des médailles explique aussi la décision de M. Marcoux.

Dans ce cas-ci, il s'agit d'une médaille civile et une médaille d'honneur de l'Allemagne nazie. Si je m'étais retrouvé en possession de médailles qui représentaient la SS [police politique nazie], j'aurais été plus hésitant puisqu'elle aurait peut-être attiré une clientèle plus fervente ou avec des idéologies malsaines, se défend-il.

Mise en garde

Le copropriétaire indique être conscient des réactions que peuvent susciter de tels objets. Il a d'ailleurs publié une mise en garde sous chaque article controversé.

On met des avertissements et c'est important de le faire. Nous sommes conscients qu'ils peuvent heurter certaines sensibilités, puis c'est normal. On comprend très bien.

Notre volonté n'est pas de choquer les gens, mais beaucoup plus de susciter de l'interrogation.

Nicolas Marcoux, copropriétaire, Encan en ville

Nicolas Marcoux indique faire un certain suivi avec les acheteurs de ses objets. Les gens qui s'inscrivent sur notre plateforme se doivent de détailler leur identité pour qu'on puisse bien les identifier.

Si on savait que ça pouvait tomber dans les mains de quelqu'un qui voudrait en faire la promotion, on mettrait un terme à la transaction, affirme-t-il.

Les médailles aux militaires

La Légion royale canadienne dénonce la vente de médailles en ligne compte tenu de la valeur symbolique qu'elle représente. Ce n'est pas quelque chose qu'on préconise, rappelle Pierre Gosselin, président de la filiale 265 de la Légion royale canadienne et vétéran de la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Le mot d'ordre, c'est qu'une médaille gagnée par une personne, c'est seulement cette personne-là qui peut porter cette médaille.

Pierre Gosselin, président de la filiale 265 de la Légion royale canadienne et vétéran de la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Pierre Gosselin

Photo : Radio-Canada

Lors du décès du militaire propriétaire, la médaille doit être remise à la famille qui, si elle veut s'en débarrasser, doit l'envoyer dans un musée.

C'est pour ne pas retrouver des médailles militaires, qu'elles soient canadiennes ou nazies, dans les pawnshops ou les marchés aux puces, tranche l'ancien militaire.

Dans tous les cas, la loi interdit à qui que ce soit de porter une médaille qui n'est pas la sienne, y compris les collectionneurs.

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