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Archives

Emily Carr : peintre de la forêt

Gros plan du visage d'Emily Carr.

Née en 1871, la peintre Emily Carr ne connaîtra la pleine reconnaissance de son travail qu'à l'âge de 57 ans.

Photo : Capture d'image dans le reportage: Le temps de jouer, 30 mars 1981

Radio-Canada

Il y a 75 ans nous quittait Emily Carr, peintre britanno-colombienne reconnue pour ses tableaux illustrant les villages autochtones de la côte ouest du Canada et les luxuriantes forêts de cette région. Nos archives témoignent du parcours de cette artiste à la personnalité excentrique qui n’aura connu le succès que tard dans sa vie.

C’est en 1871 à Victoria en Colombie-Britannique que naît Emily Carr. Jeune femme, elle se rend en Angleterre pour y étudier les arts, puis aux États-Unis, mais elle demeure profondément canadienne et choisit de peindre les paysages de sa région natale.

Le temps de jouer, 30 mars 1981

Dans un portrait de la peintre Emily Carr présenté à l’émission Le temps de jouer le 30 mars 1981, l’animateur Jacques Houde cite Emily Carr. Elle est touchée par l’environnement qui l’entoure.

À chacune des pointes de la baie était blotti un fouillis de maisons. Et les maisons et les gens étaient semblables; vent, pluie, forêt et mer avaient agi sur eux de la même façon. […] Les mâts, les totems, ne perdaient jamais leur dignité. Ils étaient délavés et fendus par le soleil, mais rien ne pouvait les rendre minables.

Une citation de :Emily Carr

Dans cet extrait d’émission Reflets – Années 80 du 16 septembre 1983, l’historien de l’art François-Marc Gagnon analyse l’œuvre de la peintre.

Reflets – Années 80, 16 septembre 1983

Il raconte qu’Émily Carr s’est d’abord intéressée au courant fauve en Europe où elle séjourne entre 1910-1912.

À son retour au pays en 1912, elle entreprend un voyage et visite des villages kwakwaka'wakws, haïdas et tsimshians. Elle souhaite documenter la culture autochtone qu’elle estime condamnée à la disparition et à l’assimilation.

C’est une période intéressante où elle a tenté d’exprimer son enthousiasme pour l’art des "Indiens" de la côte ouest, pour leur vie aussi et également pour la condition un peu difficile qu’on faisait aux "Indiens" à cette époque.

Une citation de :François-Marc Gagnon, historien de l’art

François-Marc Gagnon décrit dans le reportage la personnalité excentrique de la peintre. On comprend en voyant l’artiste, personnifiée par une comédienne, qu’elle ne passe alors pas inaperçue dans les rues de Victoria.

Emily Carr se balade avec sa ménagerie : un singe sur l’épaule, un chat dans un carrosse, deux chiens en laisse et un perroquet.

L’historien raconte que, pour avoir l’espace nécessaire à son travail dans son atelier, elle confectionne tout un système de poulies qui permet de monter les meubles au plafond.

Pour gagner sa vie avant de connaître le succès, elle loue des chambres d'hôte dans un immeuble à revenus qu’elle administrera durant 15 ans. Elle élève aussi des chiens et confectionne des objets d’artisanat en céramique.

C’est n’est qu’en 1927 qu’une première exposition lui est consacrée.

Dans ce reportage d’Art circuit du 17 mars 2007, Annie-Claire Fournier revient sur cette exposition de 1927.

Art circuit, 17 mars 2007

C’est lors de cet événement portant sur l´art de la côte ouest du Canada que l’artiste, alors âgée de 57 ans, fait la connaissance du peintre Lawren Harris, membre du Groupe des Sept.

Cette rencontre est déterminante et influence son style dans les couleurs et les formes qui prennent plus d'amplitude et qui donnent plus de mouvement aux tableaux.

Les totems amérindiens, les villages autochtones, les forêts de la Colombie-Britannique semblent être touchés par la grâce et empreints d'une certaine spiritualité.

Une citation de :Annie-Claire Fournier, journaliste

Vers 1932, Emily Carr abandonne les thèmes autochtones et se concentre sur la forêt, celle de l’ouest du Canada, caractérisée par ses conifères majestueux .

À 66 ans, elle subit une crise cardiaque qui l’oblige à ralentir ses activités de peintre. Elle se tourne alors vers l’écriture.

En 1941, elle obtient le Prix du Gouverneur général pour son recueil de nouvelles Klee Wyck inspiré de ses rencontres avec les peuples autochtones. Quatre autres ouvrages sont publiés par la suite. Emily Carr s’éteint le 2 mars 1945 à Victoria.

La force de son œuvre permet plusieurs analyses. On peut la voir comme peintre, céramiste, féministe, écologiste et écrivaine.

Une citation de :Annie-Claire Fournier, journaliste

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