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Michel Brûlé décrit une « tension sexuelle palpable » à son procès pour agression

Michel Brûlé et son avocat.

Le procès de l'éditeur Michel Brûlé débute au Palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada

Sébastien Tanguay

Accusé d'agression sexuelle, l'éditeur Michel Brûlé maintient que la plaignante avait insinué son consentement en instaurant une « tension sexuelle palpable » dans les minutes qui ont suivi son arrivée chez lui.

Michel Brûlé insiste : son procès pour agression sexuelle représente un cas classique.

Il y a un flirt, elle pense à son mari, elle se sent coupable et elle porte plainte : c’est un classique.

Michel Brûlé, accusé

Lors de son contre-interrogatoire, le propriétaire des éditions Les Intouchables raconte que la plaignante, une autrice venue lui soumettre ses manuscrits, s’était extasiée immédiatement devant sa maison bicentenaire de la rue Sainte-Ursule.

Elle disait : c’est donc bien beau ici, relate Michel Brûlé. Elle était câline, elle faisait des compliments. Il y avait une tension sexuelle : j’étais perplexe.

Disant avoir l’impression de marcher sur des œufs, mais déterminé à avoir le cœur net quant aux intentions de son invitée, Michel Brûlé l’a alors invitée à l’étage.

Ça passe ou ça casse

Il avoue avoir commencé pendant même pas une minute un massage non sollicité à la plaignante. Selon lui, elle aurait réagi avec beaucoup d’intérêt et de désir, en poussant des gémissements. C’était la preuve, selon lui, qu’il ne rêvait pas.

Ça passe ou ça casse, aurait pensé l'accusé.

Afin de confirmer les avances qu’il croyait percevoir de son invitée, Michel Brûlé aurait demandé, selon ses dires : Je vais me raser et prendre ma douche : viens-tu?

La femme se serait alors approchée de lui, dos à la baignoire, en le complimentant sur son allure. T’es fait fort, t’as l’air viril, se rappelle-t-il avoir entendu. Il n’en fallait pas plus pour que l’éditeur se tourne vers son invitée et l’embrasse en lui caressant un sein et une fesse.

Elle gémit, c’est vraiment intense. Je n’avais jamais vu ça dans un contexte professionnel, a déclaré l’éditeur à la procureur Valérie Lahaie. D’après son propre souvenir, 20 minutes maximum se seraient écoulées entre l’entrée de la plaignante à son domicile et le baiser.

Alors qu’il dirigeait sa main vers le bas ventre de la femme, celle-ci aurait précipitamment dévalé les escaliers pour s’enfuir.

« C'est la vie »

Dans son contre-interrogatoire, la Couronne a tenté de démontrer les incohérences entre la déclaration que Michel Brûlé a prononcée devant les enquêteurs et son témoignage au procès.

Notamment, Me Lahaie a souligné que l’accusé n’avait jamais fait mention du massage, des gémissements ou du baiser langoureux à la police. Vous ne pensiez pas que c’était important, ces éléments-là? a demandé l’avocate à Michel Brûlé.

Vous ne pensiez pas que c'était important de mentionner le massage, les gémissements, la tension, le fait qu'elle accepte de se faire toucher, le baiser langoureux?

Me Valérie Lahaie, procureur de la Couronne

Non, a-t-il indiqué. À l’époque, non. Pour l'accusé, ce genre de rencontre amoureuse n'avait rien de criminel. Je me suis dit : c'est la vie, a-t-il rappelé au tribunal.

Une plaignante intéressée, selon la défense

Dans sa plaidoirie, la défense a souligné la difficulté d’établir la culpabilité de son client hors de tout doute raisonnable, surtout en l’absence, a-t-il noté, de preuves physiques.

Me Laurent Morin a rappelé que son client avait cessé ses caresses dès le moment où la plaignante a pris la fuite. L’avocat de la défense a également attaqué les intentions de la plaignante à porter plainte.

Elle se décrit comme une romancière à temps plein, a indiqué l’avocat de la défense. Je me demande comment elle peut se dire romancière à temps plein en ayant publié un seul livre en 12 ans.

Me Morin a indiqué que dans la situation de la plaignante, celle-ci devait être désespérée d’être publiée. Il a rappelé que cette dernière s’était confiée à une poignée de confidents, dont un auteur qui venait tout juste de devenir éditeur.

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