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Le nombre de crimes haineux au Canada en recul en 2018

Des gens tiennent une banderole et des affiches.

Des gens manifestent à la mémoire des victimes de la tuerie de la grande mosquée de Québec, survenue en janvier 2017.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Après avoir connu une augmentation notable en 2017, le nombre de crimes haineux signalés à la police a chuté globalement de 13 % au Canada en 2018, selon Statistique Canada.

D’après les données compilées par l’agence fédérale, 1798 crimes haineux ont été déclarés par les corps policiers du pays en 2018 contre 2073 l’année précédente, soit 275 crimes de moins à l’échelle du pays. Par ailleurs, environ 43 % des crimes haineux signalés en 2018 étaient considérés comme violents.

Or, malgré le recul marqué de ce type de crime en 2018, cette année demeure néanmoins la deuxième en importance depuis 2009 pour la fréquence des crimes motivés par la haine, souligne Statistique Canada.

Les crimes considérés comme haineux ciblent la race, la couleur, l'origine nationale ou ethnique, la religion, l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expression de genre, la langue, le sexe, l'âge, l'incapacité mentale ou physique, ou d'autres facteurs semblables, précise Statistique Canada. Cette catégorie comprend les crimes commis autant contre des personnes que sur des biens.

L'encouragement au génocide, l'incitation publique à la haine, la fomentation volontaire de la haine et le méfait motivé par la haine à l'égard d'un bien utilisé par un groupe identifiable sont également compilés dans les statistiques des crimes haineux.

Les crimes de ce type représentaient 0,1 % des 2 millions de crimes signalés à la police en 2018, en excluant les délits de la route.

Un homme debout face à des portes fermées sur lesquelles des graffitis ont été inscrits, dont le mot « arab », en anglais.

Les crimes haineux avaient connu une augmentation importante au Canada en 2017.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mais le nombre de crimes haineux serait nettement plus élevé au Canada, dans la mesure où la majorité de ces méfaits ne sont en général pas signalés à la police, selon Statistique Canada, qui cite l'Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité des Canadiens.

Les deux tiers de ces incidents n'ont pas été signalés à la police, un taux semblable à celui observé dans le cas de la victimisation criminelle dans son ensemble, constate l’agence.

Baisse marquée en Ontario

En ce qui a trait aux provinces, c’est en Ontario et au Québec que le nombre de crimes haineux a le plus reculé en 2018. L’Ontario a connu une baisse de 261 affaires déclarées à la police contre 36 de moins au Québec pendant la même période.

Le nombre de crimes haineux a cependant augmenté en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et dans les provinces atlantiques, à l’exception du Nouveau-Brunswick.

Si on tient compte de la taille de la population par rapport au nombre de cas signalés, c’est au Québec que le taux de crime haineux est le plus élevé avec 5,4 affaires par tranche de 100 000 habitants contre 5,3 en Ontario, 5 en Colombie-Britannique et 4,8 en Alberta.

La religion

En 2018, les crimes motivés par la haine d’une religion ont diminué de près du quart au Canada par rapport aux données de 2017.

Les crimes haineux ciblant des groupes religieux représentaient plus du tiers (36 %) de tous les crimes haineux commis au Canada en 2018, en baisse par rapport à la proportion de 41 % notée en 2017.

Le nombre de crimes commis contre les musulmans, qui avait notamment augmenté en 2017 au pays, a pour sa part reculé de 50 % en 2018. Les crimes commis contre les juifs ont aussi reculé de 4 % au cours de la période.

L'origine ethnique

En ce qui a trait aux crimes de nature raciale qui représentaient 44 % des crimes haineux répertoriés en 2018, ils ont baissé de 11 % par rapport aux données de 2017 principalement en raison d’une diminution des crimes ciblant les Noirs, les Arabes et les Asiatiques de l'Ouest.

Les crimes haineux rapportés à la police contre des Autochtones ont quant à eux légèrement augmenté au pays au cours de la période, passant de 31 affaires en 2017 à 35 en 2018.

Les crimes haineux violents déclarés par la police et ciblant les Autochtones sont plus susceptibles que les autres crimes haineux de viser des personnes de sexe féminin. De 2010 à 2018, 45 % des victimes de crimes haineux violents ciblant les Autochtones étaient des personnes de sexe féminin, comparativement à 32 % de toutes les victimes de crimes haineux violents, souligne Statistique Canada.

L'orientation sexuelle

Quant aux crimes haineux motivés par l’orientation sexuelle des victimes, la police en a répertorié 173 en 2018, soit 15 % de moins qu’en 2017.

Les personnes gaies et lesbiennes ont été 8 fois sur 10 la cible de ces crimes. Les personnes bisexuelles, asexuelles, pansexuelles ou dont l’orientation n’est pas définie constituaient le reste des victimes.

Fait à noter, près des deux tiers (62 %) des crimes haineux motivés par l’orientation sexuelle en 2018 ont été de nature violente, contre 24 % pour les crimes ciblant la religion et 53 % des crimes visant l’origine ethnique.

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