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Coronavirus : ce qu'on sait et ce qu'on ignore

Le virus Sars-CoV-2 apparaît en orange alors qu'il colonise la surface de cellules (en vert).

Le virus Sars-CoV-2 (en orange) alors qu'il colonise la surface de cellules (en vert).

Photo : NIAID-RML

Agence France-Presse

Taux de mortalité, modes et niveau de contagion, période d'incubation : alors que l'épidémie provoquée par le nouveau coronavirus se répand dans le monde, de nombreuses inconnues demeurent sur cette nouvelle maladie.

Plus mortel que la grippe saisonnière, mais moins virulent que les précédentes épidémies liées à un coronavirus : voilà où semble se situer la dangerosité de cette nouvelle maladie dénommée COVID-19, même si l'on ne connaît pas encore avec précision son taux de mortalité.

Selon les derniers chiffres de l'OMS, 2700 décès ont été recensés sur 80 239 cas confirmés dans le monde, l'essentiel concernant la Chine (2666 sur 77 780). Cela donne un taux de mortalité un peu supérieur à 3 %.

Image montrant le SARS-CoV-2 qui se développe à la surface de cellules (bleu/rose) cultivées en laboratoire.

Cette image montre le SARS-CoV-2 (jaune), le virus qui cause le COVID-19, qui se développe à la surface de cellules (bleu/rose) cultivées en laboratoire.

Photo : NIAID-RML

Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié la semaine passée une étude portant sur 72 314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale, constatés en date du 11 février.

Il s'agit de la plus importante étude menée depuis le début de l'épidémie. Selon ses résultats, la maladie est bénigne dans 80,9 % des cas, « grave » dans 13,8 % des cas et « critique » dans 4,7 % des cas.

Le taux de létalité augmente avec l'âge et les plus de 80 ans sont les plus à risque, avec une mortalité de 14,8 %. Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d'hypertension.

Les estimations globales de taux de mortalité doivent toutefois être prises avec prudence, car on ignore combien de personnes sont réellement infectées.

En outre, la dangerosité d'une maladie ne dépend pas seulement du taux de mortalité, mais aussi de sa faculté à se répandre plus ou moins largement.

Même si seuls 3 % des cas décèdent, ça peut faire des chiffres importants si 30 % ou 60 % d'une population sont infectés.

Simon Cauchemez, Institut Pasteur à Paris

Les spécialistes semblent s'accorder sur le fait que chaque malade infecterait entre deux et trois personnes en l'absence de mesures de contrôle (ce qu'on appelle le taux de reproduction de base de la maladie, ou R0). C'est plus que la grippe (1,3), nettement moins que la rougeole (plus de 12), et comparable au SRAS (3).

Mais certains mettent en garde contre une sous-estimation possible du nombre de cas. Des chercheurs de l'Imperial College de Londres ont estimé le 21 février qu'environ les deux tiers des cas de COVID-19 sortis de Chine sont restés indétectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel de multiples chaînes non détectées de transmission humaine hors de Chine.

Dans d'autres travaux parus lundi, une équipe anglo-américaine estime que plus de la moitié des personnes infectées échappe au dépistage.

Une des difficultés que pose ce virus, c'est le fait qu'il y a (...) tout un spectre de manifestations cliniques, dont des formes légères, avec peu de symptômes, explique à l'AFP Daniel Lévy-Bruhl, de l'agence sanitaire française Santé publique France.

Les personnes qui ne présentent que peu de symptômes peuvent donc passer entre les mailles du filet.

Autre catégorie, encore moins détectable : celle des malades qui n'ont aucun symptôme. Les scientifiques jugent toutefois que leur poids dans la propagation de la maladie est sans doute limité.

Peut-être [que ces personnes] y contribuent un petit peu, en tout cas certainement moins que quelqu'un qui éternue, qui tousse.

Dr Lévy-Bruhl

Le virus se transmet essentiellement par voie respiratoire et par contact physique. La transmission par voie respiratoire se fait dans les gouttelettes de salive expulsées par le malade, par exemple quand il tousse. Les scientifiques estiment que cela nécessite une distance de contact rapprochée (environ un mètre).

Pour se prémunir d'une contamination, les autorités sanitaires insistent sur l'importance des mesures-barrières : se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir jetable, porter un masque si on est malade...

Par ailleurs, la diarrhée pourrait être une voie secondaire de transmission.

Les symptômes les plus courants comprennent les troubles respiratoires, de la fièvre, une toux, un essoufflement et des difficultés respiratoires, indique l'OMS.

Dans les cas les plus graves, l'infection peut entraîner une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort.

OMS

Il n'existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge consiste à traiter les symptômes. Certains patients se voient malgré tout administrer des antiviraux ou d'autres traitements expérimentaux, dont l'efficacité est en cours d'évaluation.

Cette période, qui sépare l'infection et l'apparition des symptômes, est estimée entre 1 et 14 jours par l'OMS, selon qui le cas le plus fréquent est autour de cinq jours. Cela a conduit à fixer à 14 jours la période de quarantaine pour les cas suspects.

Mais sur la base de certains cas, des experts chinois ont estimé que la durée d'incubation pouvait aller jusqu'à 24, voire 27 jours. Ce qui voudrait dire qu'un isolement de 14 jours pourrait parfois être insuffisant.

Cette hypothèse laisse pour l'heure les scientifiques sceptiques.

On n'y a jamais beaucoup cru, les données les plus récentes vont au contraire plutôt dans le sens d'une diminution de la durée d'incubation.

Dr Lévy-Bruhl

Selon lui, il y a très peu de chances que des durées d'incubation aillent au-delà des 14 jours.

Le nouveau coronavirus est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu'il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l'humain.

Des chercheurs chinois ont affirmé que cet animal intermédiaire pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d'extinction. La communauté scientifique internationale a jugé cette hypothèse plausible, mais elle devra être vérifiée.

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