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Un pour tous et tous contre la CAQ

Depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ, les députés libéraux, péquistes et solidaires mettent de plus en plus souvent leur partisanerie de côté pour former un front commun contre le gouvernement.

Dans le foyer du parlement, le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois entouré de la péquiste Véronique Hivon et le libéral Marc Tanguay.

Conférence de presse commune des partis d'opposition sur la réforme de l'aide juridique le 18 février dernier. Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois entouré de la péquiste Véronique Hivon et le libéral Marc Tanguay.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Le nombre de sorties publiques dans les médias réunissant des députés des trois partis d'opposition a plus que doublé comparativement à la dernière année au pouvoir du Parti libéral, qui a été défait en octobre 2018.

De septembre 2017 à juin 2018, les partis d’opposition ont convoqué conjointement la presse à sept reprises. Le plus souvent, c’était le Parti québécois et Québec solidaire qui s’unissaient pour dénoncer les politiques libérales. La CAQ n’a participé qu’une seule fois à ce genre d’exercice.

Depuis l'automne 2019, les déclarations communes se sont multipliées au parlement. Une compilation des convocations de presse conjointes montre que les partis d'opposition se sont unis 16 fois pour faire entendre leurs voix. Depuis la reprise des travaux parlementaires cet hiver, ces tirs groupés sont même devenus hebdomadaires.

On n’a pas le même programme, on ne défend pas les mêmes idées, mais on partage les mêmes craintes face à la CAQ.

Christine Labrie, députée de Québec solidaire de Sherbrooke

La majorité écrasante de la CAQ, qui compte 76 députés sur les 125 sièges de l’Assemblée nationale, explique aussi que les autres partis sont plus enclins à collaborer. La CAQ est tellement puissante qu’on a avantage à s’unir. À frapper à trois, on est plus forts, dit le péquiste Harold LeBel.

Le député de Rimouski donne en exemple la collaboration entre les trois partis dans le dossier de la réforme de l’éducation. Le ministre Jean-François Roberge a dû faire face aux tirs groupés de la libérale Marwah Rizqy, de la solidaire Christine Labrie et de la péquiste Véronique Hivon.

Ça a cogné fort, ça a ébranlé le ministre, ça n'a pas changé l'issue, mais ça a amélioré la loi.

Harold LeBel, député péquiste, Rimouski

Les trois élues n’ont pas fait reculer le gouvernement, mais elles ont été en mesure de faire modifier certains articles de la loi, dont celui de redonner aux enseignants le dernier mot sur les notes de leurs élèves. Le projet de loi 40 a finalement été adopté sous le bâillon le 8 février dernier.

Une collaboration payante

Si dans le cas de la réforme de l’éducation le gouvernement a maintenu le cap, dans d’autres dossiers, la collaboration entre les partis d’opposition n'a pas laissé la CAQ indifférente.

Devant l’unanimité créée contre les changements apportés au Programme de l'expérience québécoise (PEQ) cet automne, le gouvernement n'est pas resté inflexible bien longtemps. L'image de la conférence de presse conjointe réunissant dans le foyer du parlement des députés des trois partis et des dizaines d'étudiants étrangers exclus du programme qui permet d'accéder plus rapidement à la résidence permanente a eu son impact.

Trois députés des partis d'opposition entourés d'étudiants étrangers dans le foyer du parlement.

Front commun des partis d'opposition contre la réforme du programme de l'expérience québécoise (PEQ), le 5 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Ce n'est pas cette seule démonstration de mécontentement qui a mené la CAQ à suspendre sa réforme quelques jours plus tard, mais elle a certainement sonné l’alarme.

Les partis ont dû se montrer plus tenaces dans le dossier des pesticides. L'opposition a d'abord fait front commun pour réclamer la réembauche de l’agronome Louis Robert. Le lanceur d'alerte avait été congédié du ministère de l'Agriculture après avoir dénoncé l'ingérence du privé dans la recherche sur les pesticides.

Le président du syndicat des professionnels du gouvernement du Québec entouré de députés de l'opposition dans le foyer du parlement.

Le 14 février 2019, les partis d'opposition unissent leur voix à celle de Richard Perron, le président du SPGQ, pour demander au gouvernement de réembaucher l'agronome Louis Robert.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

L'affaire a ensuite mené à la tenue d'une commission parlementaire sur les impacts des pesticides, ce qui a donné lieu à un mariage surprenant entre la libérale Marie Montpetit et la solidaire Émilise Lessard Therrien.

Un an après le congédiement de M. Robert, les deux élues, craignant que la commission accouche d'un rapport sans recommandations, ont décidé de publier un rapport dissident. Une semaine plus tard, les membres de la commission, où les députés de la CAQ sont majoritaires, présentaient finalement un rapport bonifié.

Deux députées en conférence de presse dans le foyer du parlement.

Les députées libérale Marie Montpetit et solidaire Émilise Lessard-Therrien ont déposé un rapport dissident commun à la suite des travaux de la commission sur les pesticides.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Conférences de presse communes depuis janvier 2020

  • 23 janvier – Traversier Trois-Pistoles (PLQ, QS, PQ)
  • 6 février – Rapport dissident sur les pesticides (PLQ, QS)
  • 11 février – Transferts fédéraux en éducation (PLQ, QS, PQ)
  • 13 février – Prestation aide sociale (PLQ, QS, PQ)
  • 14 février – Projet de loi 31 sur la pharmacie (PLQ, QS)
  • 18 février – Réforme de l’aide juridique (PLQ, QS, PQ)
  • 18 février – Réaction au rapport sur les pesticides (PLQ, QS)
  • 20 février – Suivi de la COP 25 (PLQ, QS, PQ)

Mariage imparfait

Ce n’est pas toujours facile de collaborer avec ses adversaires, mais la libérale Marwah Rizqy croit que c’est ce à quoi s’attendent les citoyens. Les citoyens sont fatigués de la partisanerie et la nouvelle génération d’élus l’a compris, dit la députée de Saint-Laurent.

Tout n'est pas parfait. Il y a parfois des tensions vives sur certains dossiers. C’est aussi parfois difficile avec le PLQ parce qu'ils réclament des choses qu'ils refusaient lorsqu’ils étaient au pouvoir, affirme Christine Labrie.

Même si les opinions politiques divergent, les députés ont trouvé une façon de travailler ensemble sur des enjeux qui, eux, sont communs.

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