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Vote au C. A. de Vitalité sur la réforme en santé : qui dit vrai?

Norma McGraw a démissionné à titre de vice-présidente du conseil d'administration du Réseau de santé Vitalité, le 24 février. Elle a annoncé sa décision en conférence de presse deux jours plus tard, le 26 février.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La présidente du conseil d'administration du Réseau de santé Vitalité, Michelyne Paulin, dément les propos de l'ancienne vice-présidente, Norma McGraw, qui a démissionné cette semaine. Cette dernière contredit le président-directeur général du Réseau, Gilles Lanteigne, soutenant qu'aucune résolution sur les changements aux services des urgences d’hôpitaux n’a été présentée au conseil d'administration.

Mme McGraw prétend qu’elle a appris la nouvelle sur la fermeture partielle du service des urgences de certains hôpitaux en même temps que la population et qu’elle n’avait pas eu l’occasion de voter sur une telle mesure.

Lors de la réunion à huis clos, le 10 décembre 2019, je désire vous aviser, la population en général, qu’aucune résolution en bonne et due forme pour ou contre la fermeture des urgences ou sur le changement de vocation de ces petits hôpitaux ne fut présentée au conseil, dit-elle.

Michelyne Paulin, présidente du conseil d'administration du réseau de santé Vitalité, au micro en conférence de presse.

Michelyne Paulin se range derrière le PDG de Vitalité et assure sa pleine confiance envers son travail.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, la présidente du conseil d'administration de Vitalité a ensuite confirmé la décision de fermer partiellement des urgences lors d’une réunion par vidéoconférence tenue le 10 février.

Depuis le 10 février, j’ai recensé tous les écrits de toutes les réunions du conseil, de ses comités, de ses plans de services cliniques, de la planification stratégique pendant notre mandat de quatre ans, et je n’ai trouvé aucune résolution formelle qui fait allusion aux fermetures des urgences ou de changement de vocation de ces hôpitaux ciblés par la présente réforme, explique Norma McGraw.

Je me suis fait dire que par mes questions j’aspirais d’être une directrice des soins infirmiers, que j’intervenais constamment dans les opérations, et que je devais tenir compte des intérêts du Réseau avant de défendre les intérêts de la population.

Norma McGraw, vice-présidente démissionnaire du Réseau de santé Vitalité

Mme McGraw se dit aussi bouleversée parce que, selon elle, la direction de Vitalité persiste à dire aux médias et au [Comité permanent des] comptes publics qu’une résolution en bonne et due forme concernant cette fermeture existe et émane du conseil. Je n’hésite pas à dire que cette affirmation est fausse.

La présidente nie en bloc

Michelyne Paulin, présidente du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité, infirme les propos de son ancienne vice-présidente. Elle assure que les membres ont eu l’occasion de s’exprimer librement sur le sujet.

Il est important de préciser que tous les membres sont au fait et toujours bien informés des différentes étapes reliées au processus de développement des différents projets. La récente réforme ne fait pas exception à cette règle, soutient Mme Paulin.

La présidente juge d'ailleurs que les propos de Mme McGraw sont « faux » et « offensants ».

Mme McGraw connaît parfaitement les orientations stratégiques de l’organisation, qui sont contraires à son énoncé public et qui ne correspondent en aucun temps aux valeurs du Réseau.

Michelyne Paulin, présidente du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité

Mais elle ajoute que Mme McGraw n'aurait pas respecté certaines politiques de confidentialité, sans pour autant préciser de quelles politiques il s'agit.

Je constate avec regret que la confidentialité reliée aux politiques en vigueur des Assemblées délibérantes n’a pas été respectée par Mme McGraw, déplore-t-elle.

Qui dit vrai?

Radio-Canada Acadie a demandé au Réseau de santé Vitalité s'il y a eu un vote sur la fermeture des urgences et s’il était possible d’obtenir un exemplaire du procès-verbal de cette réunion.

Mais on a précisé que cette résolution n'était pas disponible, puisqu'elle aurait été adoptée à huis clos.

Cette rencontre s’est déroulée à huis clos. Par conséquent, aucune information ne peut être partagée publiquement à ce sujet, a répondu le porte-parole de Vitalité, Thomas Lizotte.

Le député de Kent-Sud se demande si les dirigeants de Vitalité ont menti aux députés.

C'est clair que quelqu'un ne dit pas vrai. Il y a clairement une différence entre ce qui a été dit il y a une semaine [...] et ce qu'on entend aujourd'hui.

Benoît Bourque, député libéral de Kent-Sud

Il estime que si les dirigeants de Vitalité ont induit les députés en erreur, il devrait y avoir des conséquences.

À mon avis, il s'agit de mentir devant le comité des comptes publics, si ça s'avère être le cas, je ne dis pas que c'est le cas, mais admettons que ça s'avérait être le cas, à ce moment-là, c'est carrément la démission, selon moi, ou bien un congédiement, lance-t-il.

Le député libéral insiste sur l'importance de respecter le rôle des comités de l'Assemblée législative, qui regroupent des députés de tous les partis politiques.

On ne peut pas mentir devant un comité d'élus comme ça, ça mine toute la crédibilité de l'institution gouvernementale.

Benoît Bourque, député libéral de Kent-Sud

Le Parti vert soutient pour sa part que la démission de la vice-présidente du conseil d'administration de Vitalité est le symptôme d'un problème plus grand.

C'est clair, une autre conséquence de l'hyper centralisation de notre système de soins de santé maintenant, sur le côté de l'administration, observe-t-il.

Les verts demandent d'ailleurs une décentralisation des décisions dans le système de soins de santé, afin de permettre une plus grande participation des membres des conseils d'administration, mais aussi des citoyens dans les différentes communautés.

De nouvelles voix réclament la démission du PDG de Vitalité

Le maire de Tracadie, Denis Losier, affirme que son conseil municipal a adopté, mardi, une résolution demandant la démission de Gilles Lanteigne, comme l’ont fait la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne et d’autres intervenants.

Je pense que Norma [McGraw] a démontré qu’il est incapable d’occuper un poste à la mesure qu’on lui demande au niveau de la population pour bien nous représenter. Tout ce qu’il mérite, c’est la porte. Merci, lance Denis Losier.

Un homme en gros plan entouré de gens dans une salle de réunion.

Denis Losier, maire de Tracadie, juge qu'il est inacceptable qu'un conseil tienne une réunion à huis clos quand il est question de l'avenir d'une population.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Denis Losier a proposé à Mme McGraw de ne pas démissionner, estimant qu'elle était une bonne représentante de la population, mais cette dernière a ensuite expliqué qu’elle ne comptait pas chercher un autre mandat aussi longtemps que le directeur général et la présidente du conseil seront nommés par le ministre.

Elle invite les gens à réclamer auprès de leur député respectif un changement législatif pour que les PDG et les présidents des réseaux de santé soient nommés par les membres des conseils d’administration.

Une réforme controversée mise en veilleuse

Le plan présenté publiquement le 11 février par le gouvernement de Blaine Higgs vise à améliorer l’accès aux médecins de famille et aux infirmières praticiennes, mais il a été très mal accueilli dans la population, parce qu’il prévoit notamment la fermeture des urgences de six hôpitaux durant la nuit, de minuit à 8 h, et la transformation de 120 lits pour les soins aigus en lits de soins de longue durée.

Ces mesures devaient entrer en vigueur le 11 mars dans les hôpitaux de Caraquet, Grand-Sault, Sainte-Anne-de-Kent, Perth-Andover, Sackville et Sussex. Le changement des heures d’ouverture de ces urgences devait permettre, selon Vitalité et Horizon, d’embaucher une infirmière praticienne dans chacun des six hôpitaux.

L’opposition populaire à cette réforme a mené le gouvernement à la mettre en veilleuse le temps de faire des consultations publiques.

Avec les renseignements de René Landry et Alix Villeneuve

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