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Injonction à Listuguj : les manifestants la bravent, les élus refusent de l’appliquer

Un homme conduit un tracteur près du campement des manifestants.

Des employés de la Société du chemin de fer de la Gaspésie déneigeaient le rail mardi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Radio-Canada

Le conseil de bande de Listuguj n'appliquera pas l'injonction accueillie mardi par la Cour supérieure du Québec pour faire libérer la voie ferrée. Le chef héréditaire Gary Metallic ne la reconnaît pas, tout comme les manifestants qui demeurent en place.

Le conseil de bande considère que l'injonction n'était pas nécessaire. Les élus soulignent qu’elle a été signifiée aux manifestants par un huissier, ce qui est contraire au protocole de la police de la réserve, et qu'elle n'encourage pas un dialogue pacifique.

En ce moment, les manifestants pacifiques demeurent sur les rails et leur sécurité demeure une priorité pour conseil de bande, peut-on lire dans un communiqué publié mercredi en fin d’après-midi. Il faut savoir que nous n'avons pas l'intention de retirer par la force des manifestants pacifiques de la voie ferrée. Nous respectons leur droit de manifester pacifiquement et continuerons d'assurer leur sécurité physique.

Le chef héréditaire juge l'injonction invalide

Gary Metallic au campement des Micmacs en soutien à Wet'suwet'en

Le chef traditionnel micmac, Gary Metallic

Photo : Radio-Canada

Le chef héréditaire du Grand Conseil micmac de la Gaspésie, Gary Metallic, affirme que les manifestants à Listuguj ne reconnaissent pas l'injonction. Il soutient que le campement se trouve sur un territoire non cédé et que ces revendications territoriales ignorées par Ottawa, comme celles des Wet'suwet'en en Colombie-Britannique, sont à l'origine du conflit actuel.

Le chef dit aligner sa position sur celle des Mohawks de Kahnawake. Le chef du conseil de bande, Joseph Norton, a dit qu'il ne reconnaissait pas l'injonction et que les Mohawks n'allaient pas la faire appliquer par les Peacekeepers, qui sont là pour protéger l'intégrité du territoire, a expliqué Gary Metallic. C'est la même position que nous avons ici, au 7e district du conseil tribal de Gespeg'awagi.

Selon Gary Metallic, une intervention de la Sûreté du Québec serait une erreur.

M. Metallic affirme que le premier ministre Justin Trudeau devrait dire : "Nous reconnaissons le système de gouvernance héréditaire à travers le pays, et pas seulement les conseils de bande". Il doit s'asseoir avec nous pour discuter de coexistence et de cogestion en tenant compte de nos titres de propriété aussi, parce que nous avons été exclus des accords de redevances [des ressources de nos territoires] depuis des siècles.

Des véhicules circulent près du campement. Quelques personnes filment la scène avec leur téléphone.

Des policiers de Listuguj et des employés de la Société du chemin de fer de la Gaspésie se sont rendus au campement des manifestants mardi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Mardi après-midi, les Micmacs ont libéré le rail des objets qui l'entravaient, mais le campement est resté en place et des manifestants y ont passé la nuit.

Mercredi matin, une demi-douzaine de personnes ont entamé une 17e journée de manifestation.

Des représentants de la Société du chemin de fer de la Gaspésie se sont rendus sur les lieux pour discuter avec les Micmacs, mais les journalistes ont dû quitter l'endroit à la demande des manifestants.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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