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Le coronavirus se répand maintenant plus vite dans le monde qu’en Chine

De nouveaux cas de la maladie sont signalés pour la première fois au Brésil, en Norvège, en Grèce, en Macédoine du Nord et au Pakistan, tandis que le bilan des victimes s'alourdit en France, en Italie et en Iran.

Une femme masquée et portant des lunettes de sécurité et un bonnet est debout au milieu d'un autobus.

Une employée d'entretien nettoie un autobus à Téhéran afin d'éviter la propagation du coronavirus.

Photo : Getty Images / AFP/ATTA KENARE

Radio-Canada

Le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées par le nouveau coronavirus dans le monde est désormais supérieur à celui enregistré en Chine, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon des chiffres révélés mercredi par le directeur général de l'agence onusienne, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, 411 nouveaux cas de COVID-19 ont été déclarés en Chine mardi, contre 427 ailleurs dans le monde.

La Chine demeure tout de même le pays le plus touché avec 78 191 cas au total, dont 2718 décès, précise l'OMS. En dehors de la Chine, près de 3000 cas de la maladie et 43 morts ont été signalés. Avec la découverte de premiers cas au Brésil, le virus est maintenant présent sur les cinq continents.

L'heure n'est pas à la complaisance. C'est le moment de rester vigilant, a plaidé le Dr Tedros devant les diplomates de l'OMS. S'il maintient que le virus peut être contenu, il ne cache pas que la progression de la maladie en Italie, en Iran et en Corée du Sud est très préoccupante.

Le patron de l'OMS reste tout de même prudent face à la possibilité de déclarer la pandémie. L'augmentation du nombre de cas en dehors de la Chine a incité certains médias et politiciens à faire pression pour qu'une pandémie soit déclarée. Nous ne devrions pas être trop pressés de déclarer une pandémie sans une analyse approfondie, a-t-il dit.

Utiliser le mot "pandémie" de manière imprudente n'a aucun avantage tangible, mais il comporte un risque important d'amplification de la peur et de stigmatisations inutiles et injustifiées.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus
Des membres du personnel médical se préparent en enfilant des pantalons de protection.

Le coronavirus responsable de cette épidémie de pneumonie virale a contaminé environ 80 000 personnes et fait plus de 2700 morts, pour l'immense majorité en Chine.

Photo : Reuters / China Daily CDIC

Un premier cas en Amérique latine

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, un cas de COVID-19 a été signalé en Amérique latine mercredi. Il s’agit d’un Brésilien de 61 ans qui est revenu à Sao Paulo, mégapole de 12 millions d'habitants, après un séjour en Lombardie, dans le nord de l’Italie.

L’homme a été testé après avoir présenté certains symptômes de la maladie, notamment une toux sèche et un mal de gorge, a confirmé le ministre brésilien de la Santé, selon qui 20 autres cas suspects sont présentement en examen.

La nouvelle a effrayé les investisseurs : la Bourse de Sao Paulo perdait plus de 5 % à la mi-séance

Ailleurs sur le continent, le coronavirus a infecté 53 Américains et 11 Canadiens, soit 7 en Colombie-Britannique et 4 en Ontario. Un douzième cas présumé a cependant été signalé mercredi matin par les autorités ontariennes.

Aux États-Unis, le président Donald Trump doit s'exprimer sur la crise du coronavirus lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche en début de soirée.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a soutenu mercredi matin que la Chambre haute du Congrès souhaite débloquer 8,5 milliards de dollars américains pour combattre la maladie, soit 6 milliards de plus que ce que réclame l'administration Trump.

Une responsable des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, la Dre Nancy Messonnier, a demandé hier aux Américains de se préparer à la perspective d'une propagation de grande ampleur.

La question n'est pas de savoir si cela se produira, mais plutôt quand cela se produira et combien de personnes dans ce pays auront des maladies graves, a-t-elle dit.

Un homme masqué tient un grand pulvérisateur à la main d'où s'échappe une fumée. Il se trouve sur un stationnement, en Corée du Sud.

La Corée du Sud compte de nombreux cas de personnes contaminées. Certaines villes ont décidé de pulvériser des produits antiseptiques pour éviter la propagation du COVID-19.

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

L'Italie, plateforme de diffusion du virus

En Europe, l'Italie demeure le pays le plus touché avec plus de 374 cas et 12 morts et le pays apparaît de plus en plus comme une plateforme de diffusion du coronavirus.

La Macédoine du Nord est devenue mercredi le plus récent pays à signaler un premier cas de la maladie importé de la péninsule. Il s'agit d'une femme arrivée d'Italie dans une camionnette. Les autres passagers du véhicule subissent des tests.

La Grèce avait précédemment annoncé un premier cas de contamination au coronavirus chez une femme de 38 ans; elle avait récemment voyagé en Italie du Nord.

Son état de santé est bon, elle est dans un hôpital de Thessalonique, suivie par un groupe de médecins de haut niveau, a indiqué un porte-parole du ministère de la Santé. Ses proches seront placés en quarantaine et nous sommes en train de tracer ces contacts.

En Algérie, le ministre de la Santé a aussi confirmé qu'un premier cas de la maladie a été recensé chez un ressortissant italien arrivé dans le pays le 17 février. Jusqu'ici, seule l'Égypte avait signalé un cas sur le continent africain.

Depuis le début de la semaine, la Norvège, l'Autriche, la Suisse, la Croatie et la Catalogne, en Espagne, ont signalé de premiers cas de la maladie. Chaque fois, les personnes contaminées étaient des Italiens ou des voyageurs en provenance d'Italie.

Plusieurs capitales déconseillent désormais de se rendre en Italie, et encadrent le retour des personnes qui y ont séjourné, bien que ses voisins se soient engagés à garder leurs frontières ouvertes.

La Lombardie, qui englobe Milan, la capitale économique du pays, reste la région la plus touchée par le virus, avec 258 cas, dont pour la première fois quatre cas d'enfants ou adolescents dont les symptômes restent légers.

La deuxième zone la plus touchée est avec 71 cas la Vénétie (région de Venise), où avait été enregistré le tout premier décès d'un ressortissant italien vendredi.

Toutes les personnes mortes des suites du COVID-19 sont des personnes âgées souffrant déjà d'autres maladies graves, a précisé la Protection civile.

Des gens se prélassent sur le bord d'une piscine. Quelques-uns portent des masques.

Des touristes portent des masques au bord de la piscine de l'hôtel Costa Adeje Palace, sur l'île de Tenerife, la plus grande de l'archipel espagnol des Canaries. Environ 600 touristes y sont en quarantaine pour 14 jours parce que des Italiens contaminés y ont résidé.

Photo : Reuters / BORJA SUAREZ

Nouveau décès en France

Un premier Français qui n'avait pas voyagé dans une zone à risque est mort dans un hôpital de Paris après avoir été infecté par le nouveau coronavirus, a annoncé mercredi le ministère de la Santé de la France.

L'homme de 60 ans, enseignant dans un collège du département de l'Oise, au nord de la capitale, était en arrêt de travail depuis le 12 février lorsqu'il a commencé à se sentir malade, et n'est pas allé dans son établissement scolaire depuis.

L'enquête a été lancée en urgence sur la façon dont ce patient a pu être infecté et sur son entourage, a fait savoir le ministère de la Santé.

Pour l'heure, le bilan de la maladie en France s'établit à deux morts – l'enseignant de 60 ans et un touriste chinois de 80 ans –, 11 guérisons et 5 malades toujours hospitalisés, soit 18 cas au total.

Un taux de mortalité de 13 % en Iran?

En Iran, où le nombre de décès imputé au virus est le plus élevé à l'exception de la Chine, le nouveau bilan s’établit à 139 cas de contamination, dont le vice-ministre de la Santé, et 19 décès.

Le ministère de la Santé a affirmé que la situation s'améliorait, mais a tout de même appelé les Iraniens à limiter leurs déplacements.

Les chiffres en provenance de l'Iran soulèvent un doute sur la transparence du gouvernement dans ce dossier. Ils laissent entendre que le taux de mortalité du COVID-19 dans le pays est supérieur à 13 %, alors qu'il dépasse à peine 2 % en Chine.

L'ONG française Reporters sans frontières accuse d'ailleurs d'Iran de dissimuler des informations. Les autorités affirment contrôler la situation, mais refusent de publier le nombre exact des personnes infectées et décédées, déplore-t-elle.

Une mission de l'OMS qui devait arriver mardi a été reportée pour une raison qui n'a pas été expliquée. Elle est maintenant prévue pour la fin de semaine, affirme l'agence onusienne.

Ailleurs en Asie, le Pakistan a déclaré ses deux premiers cas de COVID-19. L'un a été diagnostiqué à Karachi, ville la plus peuplée du pays; on ignore où se trouve le deuxième.

Un homme masquée au milieu de la travée centrale d'une église vaporise du désinfectant sur des bancs.

Un travailleur portant un masque de protection désinfecte les bancs de la cathédrale Myeongdong de Séoul. La Corée du Sud est le plus important foyer de la maladie après la Chine, avec 1261 personnes touchées, dont 12 morts.

Photo : La Presse canadienne / AP/Lee Ji-eun

La Corée du Sud sur le qui-vive

En Corée du Sud, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (KCDC) ont dénombré 284 nouvelles contaminations, soit la plus forte augmentation en une journée, ce qui porte à 1261 le nombre de malades du COVID-19.

Un premier soldat américain a été contaminé. Âgé de 23 ans, il était dans le camp de Carroll à 30 km au nord de Daegu, a indiqué l'armée américaine.

La grande majorité des nouveaux cas de contamination – plus de 80 % – ont été détectés dans la région de Daegu et de la province de Gyeongsang du Nord.

La plupart des cas de COVID-19 en Corée du Sud sont liés à la secte de l'Église Shincheonji de Jésus. Une de ses fidèles, âgée de 61 ans, qui ignorait être porteuse du virus, l'aurait transmis en assistant à quatre services religieux avant de recevoir son diagnostic.

Les autorités vont contrôler plus de 200 000 membres de la secte.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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