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Bernie Sanders au centre des attaques d'un débat chaotique

Bernie Sanders prend la parole lors d'un débat.

Le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, a été la cible de plusieurs attaques lors du débat démocrate du 25 février 2020.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Un débat sans knock-out évident au cours duquel de multiples coups ont été portés au meneur, des candidats montant le ton et se coupant la parole, et des spectateurs huant à plusieurs reprises : le 10e débat démocrate, mardi, s'est révélé à plus d'une reprise chaotique.

Le but de la majorité des sept candidats du débat qui se déroulait à Charleston, en Caroline du Sud, quatre jours avant la primaire dans cet État était clair : arrêter l'élan du sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, qui s'est imposé comme meneur après sa victoire éclatante au Nevada.

Une situation d'autant plus marquée que le temps commence à manquer pour plusieurs d'entre eux, qui joueront leur survie dans la course au cours des prochains scrutins.

Les hostilités ont rapidement été lancées à l'endroit de celui qui se présente comme un socialiste démocrate, certains de ses rivaux martelant que la nomination de Bernie Sanders, beaucoup trop à gauche à leur goût, risque de coûter aux démocrates bien plus que la Maison-Blanche.

Non seulement est-ce un moyen de faire réélire Donald Trump, mais nous devons aussi nous préoccuper de la Chambre [des représentants] et du Sénat, a martelé l'ex-maire de South Bend, en Indiana, Pete Buttigieg. Nous n'allons pas gagner ces courses critiques à la Chambre et au Sénat si les gens dans ces courses doivent expliquer pourquoi le candidat du Parti démocrate dit aux gens de regarder le bon côté du régime castriste, a-t-il ajouté, évoquant les louanges des programmes sociaux cubains faites par le passé par Bernie Sanders, dont ont fait état des médias récemment.

Condamnant l'autoritarisme partout dans le monde, Bernie Sanders a cependant persisté et signé.

Occasionnellement, ce serait une bonne idée d'être honnête quant à la politique étrangère américaine.

Bernie Sanders

Et cela inclut le fait que l'Amérique a renversé des gouvernements partout dans le monde – au Chili, au Guatemala, en Iran – et lorsque des dictatures, qu'il s'agisse des Chinois ou des Cubains, font quelque chose de bien, vous le reconnaissez, mais vous n'avez pas à échanger de lettres d'amour avec eux, a-t-il ajouté, faisant référence à des commentaires de Donald Trump sur sa relation avec le leader nord-coréen Kim Jong-un.

Je n'ai pas hâte à un scénario dans lequel il y aurait Donald Trump, avec sa nostalgie de l'ordre social des années 50, et Bernie Sanders, avec sa nostalgie de la politique révolutionnaire des années 60, a asséné Pete Buttigieg à son aîné.

Si vous pensez que les quatre dernières années ont été chaotiques, diviseuses, toxiques, épuisantes, imaginez passer la majeure partie de l'année 2020 avec Bernie Sanders contre Donald Trump. Pensez à ce que cela sera pour ce pays.

Pete Buttigieg

Bernie va perdre contre Donald Trump. Et Donald Trump, la Chambre, le Sénat et certaines des législatures d'État vont tous devenir rouges [la couleur du Parti républicain] et alors, entre le [redécoupage partisan des districts] et la nomination des juges pendant les 20 ou 30 prochaines années, nous allons devoir vivre avec cette catastrophe, a renchéri l'ex-maire de New York Michael Bloomberg.

Si nous passons les quatre prochains mois à déchirer notre parti, nous allons voir Donald Trump passer les quatre prochaines années à déchirer notre pays, a pour sa part soutenu la sénatrice du Minnesota, Amy Klobuchar, une centriste, ajoutant que Bernie Sanders n'était pas la meilleure option pour les démocrates.

En évoquant des informations de la communauté du renseignement américain, M. Bloomberg a par ailleurs affirmé que la Russie avait en tête un but spécifique en voulant favoriser la nomination de Bernie Sanders.

Le président Vladimir Poutine pense que Donald Trump devrait être président des États-Unis, et c'est pourquoi la Russie vous aide à vous faire élire, a-t-il soutenu.

La semaine dernière, les médias américains ont signalé que, selon le bureau du directeur du renseignement national (DNI), Moscou fourbissait ses armes pour s'ingérer dans l'élection présidentielle américaine de 2020 avec l'objectif d'aider Donald Trump.

Condamnant à nouveau toute ingérence étrangère dans le processus électoral américain, Bernie Sanders a affirmé qu’il pourrait remporter la présidence grâce à des électeurs enthousiastes qui voteraient en grand nombre.

De gauche à droite, Michael Bloomberg, Pete Buttigieg, Elizabeth Warren, Bernie Sanders, Joe Biden, Amy Klobuchar et Tom Steyer, avant le début du débat. Mmes Warren et Klobuchar ainsi que M. Steyer saluent des spectateurs dans la salle.

Les sept candidats qui participaient au 10e débat démocrate : Michael Bloomberg, Pete Buttigieg, Elizabeth Warren, Bernie Sanders, Joe Biden, Amy Klobuchar et Tom Steyer.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Attaqué sur plusieurs fronts, Bernie Sanders a également dû essuyer des attaques sur ses propositions aux coûts élevés, notamment son régime universel d'assurance maladie, et sur son bilan législatif, comme son opposition passée à des mesures pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Neuf personnes ont été abattues par un suprémaciste blanc, a ainsi lancé l'ex-vice-président Joe Biden, rappelant la fusillade survenue en juin 2015 dans une église fréquentée par la communauté noire de Charleston, où se déroulait le débat.

Je ne dis pas qu'il est responsable des neuf morts, mais cet homme n'aurait pas pu obtenir cette arme si le délai d'attente avait été ce que je propose, a-t-il ajouté, évoquant le fait que M. Sanders s'est déjà opposé à l'imposition d'un délai aux acheteurs d'armes.

La Caroline du Sud, qui compte une importante population afro-américaine, base électorale importante du Parti démocrate, tiendra sa primaire samedi. Meurtri dans les premières joutes électorales, Joe Biden, populaire auprès d'une frange importante de l'électorat afro-américain, espère que l'État lui servira de pare-feu. C'est lui qui mène, devant Bernie Sanders et le philanthrope milliardaire Tom Steyer.

S’il n’est pas assuré de remporter les caucus et les primaires démocrates, Bernie Sanders semble à tout le moins favorisé pour arriver à la convention armé du plus grand nombre de délégués, selon le site de prévisions probabilistes FiveThirtyEight.

Bloomberg lui aussi ciblé

Au troisième rang des sondages nationaux, Michael Bloomberg s'est lui aussi trouvé au centre des attaques, mais ce débat a été pour lui moins catastrophique que son premier, la semaine dernière.

Le présentant comme le candidat démocrate posant le plus grand risque, la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, qui avait été la candidate la plus virulente lors de la dernière joute oratoire, a notamment reproché à l'ex-républicain ses contributions à des candidats républicains.

Qui a financé la campagne de Lindsey Graham pour sa réélection la dernière fois? C'était l'[ex-]maire Bloomberg. Et ce n'est pas le seul sénateur de droite que le maire Bloomberg a financé. Il est intervenu pour essayer de défendre un autre sénateur républicain contre une femme qui l'affrontait. C'était moi. Ça n'a pas marché, mais il a essayé de le faire, a-t-elle lancé.

Après avoir rappelé qu'elle avait perdu son emploi d'enseignante après être tombée enceinte, elle a affirmé que Michael Bloomberg lui aurait dit de tuer son enfant, évoquant dans une poursuite les accusations formulées par une ex-employée de sa société d'informations financières, Bloomberg LP.

L’homme d’affaires a de nouveau été critiqué pour la pratique controversée du Stop and frisk, qui permettait notamment aux policiers de New York, entre autres lorsqu'il en était le maire, d'arrêter et fouiller ceux qu'ils suspectaient de détenir une arme et qui ciblait principalement les Afro-Américains.

Du coronavirus aux contributions de riches donateurs en passant par la légalisation de la marijuana, les candidats ont aussi croisé le fer sur de nombreux autres sujets.

À la toute fin, les modérateurs ont notamment demandé aux candidats d’identifier une idée fausse à leur sujet. J'ai plus de cheveux que je pense avoir, a répondu Joe Biden sous les rires de la salle.

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