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Un syndicat d’enseignants promet de perturber le gouvernement Legault jusqu’au bout

Un homme s'adresse aux médias en conférence de presse.

Le président de la Fédération autonome de l'enseignement, Sylvain Mallette

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Depuis plusieurs semaines, des membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dérangent lors d’activités du gouvernement. Ils ont adopté jeudi dernier encore davantage d’actions dites « lourdes » pour dénoncer la loi 40 et l’offre patronale dans le cadre de la renégociation de leur convention collective.

Autrement dit, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, n’a pas fini d’entendre les trompettes, les cris de revendications et les attaques à son endroit.

Vendredi dernier, avant une allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, coup sur coup, 80 enseignants ont exprimé au ministre, sans gêne et droit dans les yeux, le fond de leur pensée en lui remettant un carton où il pouvait lire « La Réforme Roberge : ça ne passe pas! ».

À leur point de vue, la loi remet en cause leur expertise et leur impose des conditions non négociées en matière de perfectionnement.

Il y aura une intensification des activités de perturbation, explique le président de la FAE Sylvain Mallette. Nos membres vont viser les événements auxquels participent le premier ministre, le ministre de l’Éducation et certains membres de la députation caquiste.

32 heures, pas plus

Autre action qui pourrait ne pas passer inaperçue : fini, les heures « bénévoles » pour compenser le manque de temps à l’école. On nous paye 32 heures, dit-il, ben on va faire 32 heures.

Il n’est pas question d’empêcher les élèves d’avoir accès aux ressources, mais on va se respecter.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement

Les membres du syndicat sont aussi appelés à boycotter les conseils d’administration des centres de services qui remplaceront les commissions scolaires et leur comité d’engagement pour la réussite scolaire.

Ce comité a notamment pour mandat d’élaborer un plan d’engagement vers la réussite en analysant les résultats des élèves et en formulant des recommandations.

De plus, un recours juridique sera déposé prochainement dans le but de faire reconnaître inconstitutionnel le volet sur la formation continue des enseignants contenue dans la loi 40. Le ministre passe par-dessus la table de négociations pour imposer des modalités qui doivent être négociées en vertu de la Loi, selon M. Mallette.

La FAE veut parler de financement, d'accessibilité et de qualité

Mais autant d’actions ne reviennent-elles pas à crier au loup? Les négociations viennent tout juste de débuter et elles pourraient s’étirer pendant des mois. Est-ce qu’on considère que la réforme Roberge est une bonne réforme pour nous, l’école et les élèves, demande le président de la FAE? Si la réponse est non, on ne peut pas rester assis en disant on va sauver notre peau pour les négos.

Le syndicat s’oppose à ce que les règles sur la formation soient dictées dans la loi 40, d’autant qu’il n’y a pas un sou de plus en ce sens dans l’offre patronale déposée par le Conseil du Trésor en décembre. En effet, l’engagement de la Coalition avenir Québec de se montrer plus généreuse avec les enseignants y est absent; il doit faire l’objet de discussions lors d’un forum auquel aucun syndicat ne veut participer.

Les profs veulent se former, mais il faut parler de financement, d’accessibilité, de diversité et de qualité.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement

Le ministre Roberge a indiqué mardi, lors d'une conférence de presse sur le nouveau concept architectural des futures écoles, qu'il entend le message. On va s’ajuster, on va négocier, c’est le principe de base de la négociation, a-t-il affirmé. Et je suis convaincu qu’à la fin, tout le monde va signer, le sourire aux lèvres.

La FAE, dont les syndicats affiliés se trouvent principalement à Montréal, à Québec et en Outaouais, représente quelques 45 000 des 100 000 enseignants sur le territoire québécois. La Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec représentent ensemble la majorité d'entre eux.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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