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Blocages ferroviaires : les petites entreprises des Maritimes se serrent la ceinture

Une pancarte où l'on peut voir "no pipeline" sur le site d'une manifestation de Moncton.

Les manifestations sur les voies ferrées en soutien aux chefs héréditaires wet'suwet'en se multiplient à l’échelle nationale.

Photo : Radio-Canada / Tori Weldon

Radio-Canada

L’arrêt des trains maintenant en vigueur depuis 20 jours au Canada frappe de plein fouet les petites et moyennes entreprises du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les manifestations sur les voies ferrées en soutien aux chefs héréditaires wet'suwet'en, qui s’opposent au projet de Coastal GasLink en Colombie-Britannique, se multiplient à l’échelle nationale.

Les entreprises de l’autre extrémité du pays déplorent leur implication dans cette affaire et se disent maintenant à bout de patience.

Ce blocage des lignes ferroviaires en raison d'un différend impliquant un pipeline en Colombie-Britannique a fini par nuire à toute l’économie canadienne, et ce n'est pas un moyen productif d'exprimer leurs inquiétudes.

John Wishart, président-directeur général de la Chambre de commerce pour le Grand Moncton

Le quart des membres de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) disent subir des conséquences des blocages. Dans les Maritimes, plus de la moitié des produits sont transportés par train.

Les secteurs de l'agriculture, des ressources naturelles et du transport seraient les plus touchés. Les commerces au détail, comme les épiceries, subissent aussi les contrecoups de cette crise.

Une pression sur l'industrie du camionnage

Si le pilier de la chaîne d'approvisionnement manque, c’est l’effet boule de neige. Dans le meilleur des cas, les entreprises font appel à l’industrie du camionnage pour livrer ou recevoir leur marchandise.

Bon. C'est quoi les [solutions de rechange]? Si c'est possible, on se retourne vers l'industrie du camionnage. Si c'est possible. Mais ça ajoute des coûts additionnels au niveau des coûts, expose Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales pour le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard auprès de la FCEI.

Cependant, le transport par camion n’est pas toujours une option. M. Gauthier évoque alors le pire scénario : celui dans lequel la marchandise ne se rend tout simplement pas à destination et que des employés doivent être mis à pied temporairement.

Si c'est impossible, écoutez. La marchandise qui n'arrive pas ou les produits qui ne se rendent pas à destination, c'est une réalité, admet Louis-Philippe Gauthier.

Rendue à ce point-là, l'entreprise se voit potentiellement dans l'obligation de mettre des employés temporairement à pied.

Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales pour le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard à la FCEI

Pénurie de propane

La pénurie de propane qui guette des écoles, les hôpitaux et les foyers de soins a aussi de quoi inquiéter les autorités.

Les agriculteurs, comme les producteurs laitiers, dont la production dépend du propane, se disent également alarmés par la situation.

Les approvisionnements en propane se raréfient, menaçant les restaurants et les entreprises qui dépendent de ce carburant pour chauffer leurs bâtiments et faire fonctionner leur équipement, soutient John Wishart.

Pendant ce temps, les activités du port d'Halifax sont au ralenti et l'industrie du camionnage roule à plein régime afin de combler ce vide, mais l'offre ne répond pas à la demande.

Si cette crise révèle les tensions entre les peuples autochtones et le gouvernement fédéral, elle met aussi en lumière la dépendance de l'économie de l'est du pays au transport ferroviaire.

Les quatre provinces de l’Ouest canadien sont celles où les entreprises ont le plus subi les blocages, suivies par la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

Les opposants wet'suwet'en au projet de Coastal GasLink

Ce sont les chefs héréditaires (un mode de gouvernance traditionnel) des Wet'suwet'en et une partie des Wet'suwet'en qui s'opposent au projet de gazoduc.

Ceux-ci affirment qu'ils sont les seuls à pouvoir consentir à un projet qui traverse leur territoire ancestral, qui n'a jamais été cédé par traité.

De leur côté, 20 conseils de bande, dont 5 conseils de bande wet'suwet'en, le long du tracé du gazoduc, ont approuvé le projet.

Avec les informations de Marielle Guimond

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