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La défense d'Assange dénonce des poursuites fondées sur des « mensonges »

Barry Pollack et Jennifer Robinson donnent un point de presse à l'extérieur.

Les avocats de Julian Assange, Barry Pollack et Jennifer Robinson, s'adressent aux médias à l'extérieur du tribunal de la Couronne de Woolwich, près de Londres.

Photo : Getty Images / Peter Summers

Agence France-Presse

La défense de Julian Assange a accusé mardi Washington de fonder les poursuites pour espionnage visant le fondateur de WikiLeaks sur des « mensonges », au deuxième jour de l'examen par la justice britannique de la demande d'extradition américaine.

L'Australien de 48 ans est poursuivi aux États-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Poursuivi en vertu des lois anti-espionnage de 1917 et pour piratage informatique, il risque jusqu'à 175 ans de prison.

Mais les 18 chefs de poursuite contre Assange, arrêté en avril après sept ans passés reclus à l'ambassade d'Équateur, sont fondés sur des mensonges, des mensonges et encore des mensonges, a accusé l'un des avocats du fondateur de WikiLeaks, Mark Summers.

Il est difficile d'imaginer un exemple aussi évident de demande d'extradition qui déforme autant les faits tels qu'ils sont connus par le gouvernement américain, a-t-il fait valoir dans une salle d'audience de la cour de Woolwich, au sud-est de Londres.

L'avocat représentant les États-Unis a rétorqué en décrivant le tableau brossé par la défense comme une série d'inexactitudes sur la manière dont l'acte d'accusation est formulé et une déformation des faits reprochés à Julian Assange.

Pour statuer sur la demande d'extradition, dont l'examen se tient cette semaine, puis trois autres semaines à partir du 18 mai, la justice britannique doit notamment s'assurer qu'elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec certains droits de la personne.

Les conditions de détention dénoncées

Au banc des accusés, Assange, veste grise sur les épaules, est apparu fatigué après des heures d'audience, ce qui a conduit la juge Vanessa Baraitser à s'enquérir de son état de santé.

Julian Assange a des difficultés, il a du mal à se concentrer, a expliqué un membre de son équipe de défense.

En début d'audience mardi, la défense a protesté contre le traitement qui lui est infligé. Hier [lundi], M. Assange a été menotté 11 fois, mis à nu 2 fois à la prison de Belmarsh où il est détenu, a protesté l'un de ses conseillers, Edward Fitzgerald.

Un tel traitement pourrait influer sur cette procédure, a soulevé l'avocat; il a ainsi demandé à la juge Vanessa Baraitser d'instruire les autorités pénitentiaires d'assouplir les mesures autour d'Assange.

La magistrate a rétorqué que ses pouvoirs à cet égard sont limités, et qu'elle ne peut pas dicter aux autorités carcérales comment traiter les détenus. Elle a ajouté qu'elle s'attend à ce que Julian Assange soit traité de manière juste, comme n'importe qui d'autre.

L'avocat du gouvernement américain a apporté son soutien aux observations de la défense et a souligné qu'il ne voulait pas que le traitement d'Assange compromette la procédure.

Un dessin de cour montre Julian Assange en train de lire un document.

Julian Assange en cour, le 24 février 2020

Photo : Reuters

Collaboration de grands journaux

WikiLeaks a travaillé initialement avec des journaux de renom pour publier les fuites provenant du département d'État américain et du Pentagone, qui ont fait sensation et scandalisé Washington.

Selon Mark Summers, ce partenariat noué avec les médias avait conduit à un processus rédactionnel rigoureux, dont un travail avec des responsables américains pour veiller à ce que l'identité de sources ne soit pas publiée.

L'avocat a affirmé que, dans un livre publié en 2011, un journaliste du quotidien anglais The Guardian avait révélé le mot de passe permettant d'accéder à une base de données non expurgée de noms de sources.

Il a expliqué qu'Assange avait appelé la Maison-Blanche pour alerter des responsables américains de la publication imminente sur différents sites, en leur disant : Si vous n'agissez pas, la vie de gens se retrouvera mise en danger.

Ainsi, dire qu'Assange a délibérément mis des vies en danger en lâchant une base de données non expurgée [comme l'avait fait lundi le représentant des États-Unis, NDLR] est sciemment inexact, a-t-il plaidé.

Sur son site Internet, The Guardian, opposé à l'extradition de Julian Assange, a déclaré qu'il était entièrement faux de dire que le livre a mené à la publication de dossiers américains non expurgés.

Le livre contenait un mot de passe dont Julian Assange avait dit aux auteurs qu'il était temporaire et devait expirer dans les heures qui suivaient, selon le quotidien.

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