•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des instruments à cordes anciens et précieux temporairement dans la région

Malgré le passage du temps, ce violon a encore un fini stupéfiant.

Photo : Radio-Canada

Catherine Gignac

Le Quatuor Saguenay a offert deux concerts qui avaient toutes les apparences de voyages dans le temps à Chicoutimi mardi soir.

Pour pouvoir entraîner le public dans de tels périples, l'ensemble a utilisé des instruments d'une autre époque. Ces véritables bijoux ont été fabriqués dans l’atelier de Jean-Baptiste Vuillaume.

Encore de nos jours, la simple évocation du nom de ce luthier français fait rêver bien des musiciens, et ce, même si sa mort remonte à 1875.

Cet artisan avait la réputation de confectionner des instruments d'une qualité exceptionnelle et au fil du temps, des artistes aux aptitudes incroyables ont successivement fait vibrer leurs cordes.

Mardi soir, les chambristes du Quatuor Saguenay ont joué avec certains de ces trésors du passé leur ayant été prêtés par l'homme d'affaires Roger Dubois, un philanthrope bien connu.

Quand l'altiste Luc Beauchemin, le violoncelliste David Ellis et les violonistes Marie Bégin et Nathalie Camus ont eu ces instruments entre les mains pour la première fois, ils ont immédiatement réalisé qu'ils auraient besoin de temps pour les apprivoiser.

Pour Mme Camus, l’expérience a été déconcertante.

Je ne me reconnaissais plus. J’avais l’impression que mon identité n’était plus là. Tout ce que je tentais de faire qui est propre à moi, à mon style de jeu, le violon ne le prenait pas.

Nathalie Camus, musicienne
Des musiciennes se font interviewer par une équipe de Radio-Canada.

Marie Bégin et Nathalie Camus.

Photo : Radio-Canada

Une fois que la période d'adaptation a été terminée, la magie a toutefois opéré.

Chacun des chambristes a alors constaté que son nouvel outil de travail ne demandait qu'à être cajolé un peu.

Il faut jouer doucement. C’est beau, beau, beau. Puis, le son va loin comme s’il y avait de l’écho, a raconté Mme Camus, avec enthousiasme.

Les instruments ayant été temporairement prêtés aux membres du Quatuor Saguenay se démarquent non seulement par leur puissance extraordinaire, mais aussi par leur valeur monétaire.

Par exemple, le violon que j’utilise coûte environ 400 000 $. Je ne le laisse pas seul dans un local. Quand il est chez moi, je m'assure qu'il y a quelqu'un [pour garder un œil sur lui], qu'il est vraiment en sécurité. S'il lui arrivait quelque chose, je m'en voudrais. C'est certain.

Marie Bégin, musicienne

Les spectateurs ayant l'habitude d'assister aux prestations du Quatuor Saguenay ne sont évidemment pas tous des mélomanes chevronnés. Il est donc tout à fait possible que plusieurs d'entre eux n’aient pas pleinement pris conscience du potentiel des instruments.

Mme Bégin a refusé de s’en formaliser.

Les musiciens, on apprend à découvrir et à entendre des subtilités qui sont quasiment impossibles à percevoir pour des personnes qui ne sont pas habituées, a-t-elle souligné, avec philosophie.

Comme il s'agit de simples prêts, les musiciens du Quatuor Saguenay devront renoncer à ces remarquables instruments d'ici une semaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Saguenay–Lac-St-Jean

Musique classique