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Meurtre de Marylène Levesque : l’examen interne jugé « problématique »

Autoportrait de la jeune femme.

Marylène Levesque a été retrouvée morte dans un hôtel de Sainte-Foy, le 22 janvier 2020.

Photo : Facebook/Marylène Levesque

L'enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, juge que l'examen interne commandé par Service correctionnel Canada et la Commission des libérations conditionnelles sur les circonstances qui ont mené au meurtre de Marylène Levesque manque de transparence.

En comité parlementaire à Ottawa, mardi, M. Zinger, l’ombudsman pour les délinquants sous responsabilité fédérale, a indiqué que cette situation était pour le moins problématique.

On peut pas demander aux agences qui ont peut-être été négligentes, dans l'administration de leurs devoirs, de s'autoenquêter.

Ivan Zinger, enquêteur correctionnel du Canada

S’il joue normalement un rôle plutôt discret, l’enquêteur correctionnel a lui-même tenu à aborder le sujet du meurtre hautement médiatisé alors qu’il était questionné par un député conservateur sur le nombre de libérations conditionnelles au pays.

Face à ce cas troublant, qui pourrait ébranler la confiance du public, Ivan Zinger réclame plutôt qu'un examen soit mené par un juge à la retraite ou un avocat pour faire la lumière sur les conditions de libération d'Eustachio Gallese, maintenant accusé de meurtre au premier degré.

Le problème [est que] même si l'enquête interne est faite de façon diligente, ça laisse toujours un doute. Les perceptions, quand on parle de cas extrêmes, sont importantes, estime M. Zinger.

Fin janvier, Marylène Levesque, une femme de 22 ans, a été retrouvée morte dans un hôtel de Sainte-Foy. Eustachio Gallese, qui a été accusé de meurtre, avait été reconnu coupable en 2006 du meurtre de sa conjointe. Depuis mars, il se trouvait en semi-liberté.

Ivan Zinger assis à une table devant des drapeaux du Canada.

L'enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, lors d'une conférence de presse à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Malgré ces critiques, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, dit avoir toujours confiance dans l'enquête menée par le Service correctionnel du Canada et la Commission des libérations conditionnelles.

Une enquête interne complète est en cours. Celle-ci inclut la nomination de deux coprésidents indépendants qui vont s’assurer que les directives, les procédures et la formation ont été suivies dans ce cas, et si ces dernières sont adéquates, indique le ministre Blair.

Il ajoute que le rapport soumis sera rendu public et que le gouvernement agira selon les recommandations qui y seront faites.

L’opposition toujours insatisfaite

Cette sortie de l’enquêteur correctionnel fait dire à l’opposition qu’elle avait raison de réclamer une enquête indépendante sur les conditions de libération d’Eustachio Gallese.

Dès le début, quand on a poussé pour la motion qui a été adoptée [pour condamner la décision de la Commission des libérations conditionnelles d'autoriser la prolongation de la semi-liberté d’Eustachio Gallese], ça faisait partie des points qu'on amenait. On disait que ça ne fonctionnait pas [...], je l’ai dit au ministre Blair : une enquête interne, ça n'irait nulle part, explique le député conservateur Pierre Paul-Hus.

Même son de cloche chez la bloquiste Kristina Michaud. On ne peut pas demander à la police de s’enquêter elle-même. Je pense qu’il faut avoir un recul et c’est ce qu’on demande, du moins, dans le comité de la sécurité publique, dit-elle.

Avertissement aux politiciens

Même s’il qualifie le meurtre de Marylène Levesque d’échec flagrant du système, l’enquêteur correctionnel du Canada sert un avertissement aux élus qui seraient tentés de politiser l’affaire, ou encore de réclamer un resserrement des règles entourant les libérations conditionnelles au pays.

On ne parle jamais quand la libération conditionnelle fonctionne bien, on voit des milliers de cas passer à travers le système, les politiciens ne sont pas là pour louanger le bon travail de la Commission des libérations conditionnelles ou des services correctionnels du Canada, souligne Ivan Zinger.

Ça fait 25 ans que je travaille en justice pénale. Des cas extrêmes, souvent, peuvent porter à développer des politiques ou des lois qui sont mauvaises, qui ne reflètent pas le bon travail qui est fait, résume-t-il.

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