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C'est comme ça que je t'aime : sexe, mensonges et crimes à la Berlinale

François Létourneau, Marilyn Castonguay, Karine Gonthier-Hyndman et Patrice Robitaille dans la série «C’est comme ça que je t’aime».

Photo : Jocelyn Michel

Encore sur le décalage horaire, les créateurs de Série noire et des Invincibles, François Létourneau et Jean-François Rivard, sont arrivés à Berlin très enthousiastes à l'idée de présenter en première mondiale leur nouvelle série déjantée, C'est comme ça que je t'aime.

Le tandem a assez de kilomètres au compteur pour savoir qu'il tient quelque chose d'unique; une espèce de série volante non identifiée à grand déploiement dont les diffuseurs de partout sur la planète sont friands. Il n'y aura pas de demi-mesures avec C'est comme ça que je t'aime : pour le grand public, il s'agira d'une série culte ou d'un échec cuisant. Le beau risque.

À Berlin, malgré la barrière linguistique, le public a embarqué, et il riait pendant la projection : Le monde a embarqué; je suis surpris, je suis très heureux en ce moment... J'ai hâte de prendre une bière, nous dit le réalisateur Jean-François Rivard. Le comédien Patrice Robitaille, qui est lui aussi du voyage, confirme : Le beat était super bon; il y avait une bonne qualité d'écoute.

Ce n'est pas un hasard si ce projet devient le premier réalisé au Québec à être présenté à la Berlinale dans la section « Berlin Special Series ». Celle-ci existe depuis huit ans et permet à des séries des quatre coins du globe de se faire voir. Cette année, 8 séries ont été choisies sur 120 candidatures.

La directrice de la « Berlin Special Series », Julia Fidel, nous confie que C'est comme ça que je t'aime est une série exceptionnelle. Près de 300 personnes ont assisté, au Zoo Palast, à la projection de deux épisodes de cette série qui n'a rien à envier aux grosses productions d'un géant comme Netflix.

J'ai pris le risque d'investir beaucoup d'argent dans cette série, parce que si on fait une série d'époque, il faut qu'il y ait de l'argent à l'écran et de la "production value". Si on veut que la série se démarque à international, il faut y mettre le paquet.

Joanne Forgues, productrice de « C'est comme ça que je t'aime »

1974 : l'année du crime

C'est comme ça que je t'aime met en scène deux couples de Sainte-Foy, en banlieue de la ville de Québec, qui sont en pleine crise conjugale. Gaétan (François Létourneau) et Huguette (Marilyn Castonguay) attendent un nouvel enfant, tandis que leurs amis et voisins, Serge (Patrice Robitaille) et Micheline (Karine Gonthier-Hyndman), sont sur le point de se séparer. Entre deux revirements de situation, le regretté lutteur professionnel Dino Bravo entrera dans le ring. Le désir sexuel est vagabond; les jeux sont faits; rien ne va plus.

Trahis de toutes parts, les deux couples formeront le groupe criminel le plus meurtrier de l'histoire de Québec. Le reste appartient à l'histoire : Dans le premier épisode, on sent qu'ils ont envie de s'entretuer; ça ne va pas bien dans le couple. Finalement, ils ne vont pas faire ça. Ils vont déchaîner leurs frustrations et leur violence sur les autres. Ils vont tuer les autres au lieu de se tuer entre eux, dit le scénariste François Létourneau, qui est allé puiser dans ses souvenirs d'enfance pour certains éléments de la série, sauf les crimes, bien sûr.

Le titre de la série est inspiré par la chanson C'est comme ça que je t'aime, de Mike Brant, interprète et compositeur d'origine israélienne qui a connu le succès en France avant de mourir tragiquement, en 1975, à l'âge de 28 ans. Lui aussi se sentait trahi de toutes parts, personnellement et professionnellement. Selon François Létourneau, le choix de cette chanson est un hasard, un concours de circonstances. Au final, et sans le savoir, les créateurs ont sélectionné un thème musical qui va comme un gant au projet. Ce genre d'accident artistique est l'apanage des grands.

Un quatuor sorti de l'enfer

La série repose en grande partie sur les quatre comédiens principaux. Leur rôle relève parfois de la haute voltige, étant donné que le concept repose sur la trahison, moteur des deux premiers épisodes. Les rebondissements sont nombreux et c'est à en perdre la tête.

Il y a beaucoup d'argent qui a été investi dans ce projet, et ça paraît à l'écran. On a recréé l'année 1974 dans toute sa splendeur, avec des costumes et les automobiles de l'époque. On se croirait parfois dans le Pulp Fiction de Quentin Tarantino, version banlieue de Québec. Il y a indéniablement un côté cinématographique à cette émission destinée pour la télévision. Quel joyeux mélange des genres pour le réalisateur Jean-François Rivard, qui a décidé de se mettre en danger en changeant la moitié de son équipe technique habituelle pour en arriver à une facture visuelle différente.

Des membres de la distribution et de la production de la série sont sur un tapis rouge et sourient à la foule.

Des membres de la distribution et de la production de «C'est comme ça que je t'aime» sur le tapis rouge de la Berlinale.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Ouimet

Un bel avenir

La série sera présentée au Canada dès le 6 mars sur l'Extra de Tou.tv, mais elle pourrait être présentée à l'international sur d'autres plateformes de télévision en continu. En anglais, on lui a donné le nom de Happily Married. Quelle ironie! En coulisse, plusieurs diffuseurs veulent mettre le grappin sur C'est comme ça que je t'aime, et nos espions nous indiquent que le meilleur est encore à venir pour cette série. Devant ces circonstances favorables, le scénariste François Létourneau ne veut courir aucun risque : il est déjà à l'écriture de la deuxième saison.

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