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La propagation du coronavirus mène les autorités américaines à sonner l'alarme

À l'avant-plan, la Dre Nancy Messonnier, s'adressant aux médias en compagnie d'autres responsables américains.

Les autorités américaines de santé publique, dont la Dre Nancy Messonnier, une des responsables des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, ont estimé quasi inévitable la propagation du coronavirus aux États-Unis.

Photo : Reuters / Amanda Voisard

Radio-Canada

Par contraste avec le ton rassurant employé par les autorités américaines jusqu'ici, la principale agence fédérale américaine en matière de santé publique a lancé un avertissement mardi : il faut se préparer dès maintenant à une éventuelle propagation du coronavirus dans les communautés du pays, car elle est presque inévitable.

Finalement, nous nous attendons à ce que la maladie se propage aux États-Unis, a averti la Dre Nancy Messonnier, une des responsables des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, au cours d'une conférence de presse.

Les autorités ont dit ignorer si la propagation sera importante ou non, mais ont indiqué que les Américains doivent être prêts à faire face à une perturbation importante de leur vie quotidienne.

Nous demandons au public américain de se préparer à la perspective d'une propagation de grande ampleur, a insisté la Dre Messonnier.

La question n'est pas de savoir si cela se produira, mais plutôt quand cela se produira et combien de personnes dans ce pays auront des maladies graves.

Dre Nancy Messonnier, haute responsable des CDC

En raison de l'absence de vaccin ou de traitement pour le nouveau coronavirus, les communautés et les individus doivent se protéger par d'autres moyens, a soutenu la Dre Messonnier.

Les autorités sanitaires américaines exhortent donc les établissements hospitaliers, les entreprises et les écoles à prévoir dès maintenant des moyens de limiter l'effet du coronavirus lorsqu'il se répandra dans leur communauté, évoquant par exemple le télétravail et la fermeture d'écoles.

La multiplication rapide, ces derniers jours, de nouveaux cas à l'extérieur de la Chine continentale, berceau de l’épidémie, explique l'urgence exprimée dans les nouveaux avertissements officiels, a précisé la Dre Messonnier.

Il y a 79 331 cas confirmés de COVID-19 à travers le monde, dont l'immense majorité en Chine, mais le virus progresse de façon fulgurante, avec des foyers de contamination importants à Hong Kong, en Iran, en Italie, au Japon, à Singapour, en Corée du Sud, à Taïwan et en Thaïlande.

Lundi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé la communauté internationale à se préparer à une éventuelle pandémie du nouveau coronavirus, jugeant très préoccupante [...] l'augmentation soudaine de nouveaux cas dans plusieurs pays.

Les États-Unis dénombrent pour leur part 57 cas de coronavirus; 43 des personnes touchées étaient des passagers du bateau de croisière Diamond Princess.

En matinée, le président Trump, en visite officielle en Inde, s'était fait rassurant. Le coronavirus est très bien contrôlé aux États-Unis, a-t-il écrit sur Twitter.

Je pense que c'est un problème qui va disparaître, nous sommes très près d'un vaccin, a-t-il aussi soutenu devant les médias.

Le président du comité sénatorial chargé d'étudier notamment les questions de santé, le républicain Lamar Alexander, a signalé au réseau CNN que la mise au point d'un vaccin devrait prendre 18 mois.

Le conseiller économique du président, Larry Kudlow, a pour sa part assuré aux journalistes que les États-Unis avaient contenu le problème. Partout ailleurs, c'est une catastrophe humanitaire.

Inquiétudes bipartites devant la stratégie du gouvernement

Le message des autorités de santé publique a aussi été relayé devant un sous-comité du Sénat par le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, qui a reconnu l'existence d'un défi sanitaire sans précédent, potentiellement grave, à l'échelle mondiale.

Le nombre d'Américains atteints augmentera inévitablement, a-t-il prédit, plaidant pour l'enveloppe budgétaire de 2,5 milliards de dollars américains réclamée la veille par l'administration pour aider à contrer la propagation du virus.

La moitié de cette somme viendrait d'une nouvelle enveloppe; l'autre viendrait d'une nouvelle répartition de sommes destinées à d'autres programmes. L'administration Trump voudrait entre autres utiliser 535 millions censés servir à lutter contre l’épidémie d’Ebola, qui a frappé l'Afrique de l’Ouest.

M. Azar a notamment souligné que les services de santé du pays auront besoin de 300 millions de masques pour les travailleurs de la santé et de ventilateurs supplémentaires pour les hôpitaux.

Des élus démocrates et républicains ont cependant exprimé des préoccupations devant le degré de préparation de l'administration de Donald Trump, au moment où celle-ci prévoit effectuer des compressions de 3 milliards dans des programmes de santé publique mondiale, dont la moitié du budget qu'allouent les États-Unis à l'OMS.

Dénonçant une incompétence démesurée et dangereuse, le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a estimé insuffisant le plan de 2,5 milliards. Il réclame une somme d'au moins 3,1 milliards ainsi que la nomination d'un haut responsable pour gérer la réponse des États-Unis à ce problème.

Les démocrates font pression depuis des semaines afin d'obtenir un financement d'urgence, mais Alex Azar arguait que de nouveaux fonds n'étaient pas nécessaires.

Ils auraient dû faire cette demande il y a trois semaines, alors que nous étions nombreux à la réclamer, a d'ailleurs déploré Chris Murphy. Je crains que ce soit à la fois insuffisant et potentiellement trop tard.

Des républicains comme Richard Selby ont également jugé qu'un montant insuffisant risquait d'avoir des conséquences à plus long terme.

Le républicain Mitt Romney s'est en outre dit très déçu du manque de préparation à une pandémie, tant en matière d'équipements de protection que de dispositifs médicaux qui aideraient les gens une fois qu'ils sont infectés.

Le sénateur républicain John Kennedy a pour sa part reproché au secrétaire de la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, qui comparaissait devant une autre instance sénatoriale, de ne pas avoir de réponses à fournir à plusieurs questions. M. Wolf n'a notamment pas indiqué le nombre estimé d'Américains qui risquaient d'être touchés, selon les prévisions des responsables sanitaires.

Vous êtes censé nous protéger. Et le peuple américain mérite des réponses claires sur le coronavirus, et je ne les obtiens pas de vous, a lancé M. Kennedy.

Le Dow Jones touché par le coronavirus

Les marchés réagissent nerveusement au risque d'une pandémie et à ses possibles répercussions sur l'économie.

À New York, après avoir perdu 1000 points la veille, le Dow Jones Industrial Average a chuté de près de 900 points, soit 3,3 %, mardi après-midi, dans la foulée de l'avertissement lancé par les CDC.

Après sa pire dégringolade en deux ans, l'indice élargi S&P 500 a en outre perdu plus de 3 % pour une deuxième séance consécutive, une première depuis 2008.

Entre les deux reculs, le président Trump a minimisé les répercussions économiques possibles d'une éventuelle propagation du virus aux États-Unis. Je pense que ça va être maîtrisé, a-t-il affirmé depuis la Chine. Sur Twitter, il avait précédemment déclaré que les marchés boursiers commençaient à lui sembler très bien.

Avec les informations de Washington Post, The New York Times, The Hill, et ABC News

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