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Québec obtient une injonction pour faire lever le campement à Listuguj

Un groupe de manifestants se tiennent dans le campement.

Mardi, des Micmacs continuent d'occuper le campement érigé près de la voie ferrée, bloquée depuis le 10 février.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Le juge Paul Corriveau de la Cour supérieure du Québec a accueilli la demande d'injonction du gouvernement du Québec pour libérer la voie ferrée à Listuguj en Gaspésie. Même si la Société de chemin de fer a dégagé le rail, le campement situé tout près demeure en place.

L'injonction, qui est en vigueur jusqu'au 5 mars à 23 h 59, permet à Québec de déplacer toute structure bloquant ou restreignant l'accès à la voie ferroviaire, y compris par la force.

Vers 15 h mardi, des policiers autochtones de Listuguj se sont rendus au campement des manifestants, qui ont demandé aux représentants des médias de se retirer du site, à l'exception de la journaliste de Radio-Canada Isabelle Larose.

Par la suite, la Société de chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) a déblayé, nettoyé et inspecté le rail à la hauteur du campement, sans toutefois démanteler les installations de fortune mises en place le 10 février juste à côté de la voie ferrée. Le bois de chauffage qui avait été empilé sur le chemin de fer par les manifestants micmacs a été déplacé par la machinerie.

Un homme conduit un tracteur près du campement des manifestants.

Des employés de la Société du chemin de fer de la Gaspésie déblayent le rail mardi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

L'opération s'est déroulée pacifiquement. Les Micmacs disent avoir permis l'accès à la Société de chemin de fer de la Gaspésie afin démontrer leur bonne foi et, selon un manifestant masqué, pour montrer plus de paix.

Les manifestants maintiennent toutefois leur intention de bloquer le passage des trains jusqu'à ce que leurs droits, et ceux de la Première Nation Wet'suwet'en, soient respectés, et comptent passer la nuit au campement.

Des véhicules circulent près du campement. Quelques personnes filment la scène avec leur téléphone.

Des policiers de Listuguj et des employés de la Société du chemin de fer de la Gaspésie se sont rendus au campement des manifestants mardi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

De son côté, le directeur général de la Société de chemin de fer de la Gaspésie, Luc Lévesque, avait reçu des informations qui laissaient croire que tout le campement serait démantelé mardi, mais à son arrivée sur place, il a constaté que ce n'était pas le cas.

Selon M. Lévesque, la SCFG ne fera pas circuler de train avant d'avoir l'assurance que les Micmacs laisseront la voie libre.

Ce n’est pas nous qui allons forcer, dit-il. Nous, on n’est que l’exploitant, on opère des trains. C’est sûr qu’on a vraiment hâte de passer parce que c’est en train de causer de gros préjudices à la Société de chemin de fer de la Gaspésie. On est en train de scrapper des années d’ouvrage.

Plus tôt mardi matin, plusieurs voitures de la Sûreté du Québec étaient bien visibles aux abords de la réserve Listuguj, sur le territoire de Pointe-à-la-Croix. Aucun policier provincial n'a toutefois été vu sur le territoire micmac, à l'exception des véhicules circulant sur la route 132.

Injonction accueillie

Selon l'avocat Alexandre Ouellet, qui représente Québec, quatre principaux clients de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, soit LM Wind Power, Ciment McInnis, Temrex Produits Forestiers et Papiers White Birch, subissent des préjudices qui ne pourront pas être compensés monétairement, puisque ces entreprises ne peuvent pas faire transporter par camion toute la marchandise qui circule normalement par train.

Ainsi, un convoi de 48 pales d'éolienne, 50 wagons chargés de poudre de ciment, et neuf wagons remplis de bois d'oeuvre et de copeaux sont en attente d'être expédiés depuis plusieurs jours.

À Listuguj, le train est opéré par la SCFG, mais la voie ferrée, sur un tronçon de 325 km entre Matapédia et Gaspé, appartient à Québec depuis 2017.

Depuis le 10 février, le blocage a entraîné des pertes financières d'environ 350 000 $ pour la Société du chemin de fer de la Gaspésie, et le 21 février, la Société a dû mettre à pied 14 employés à temps plein, ce qui représente près de la moitié de son personnel.

Par ailleurs, le Canadien Pacifique a obtenu une injonction afin de faire lever les barricades sur ses installations du Québec, notamment à Kahnawake.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier et Isabelle Larose

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