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Une femme dit avoir été agressée sexuellement dans un taxi à Moncton

Chantal Thanh De Alba en entrevue sur la rue Main à Moncton.

Chantal Thanh De Alba a porté plainte à la Gendarmerie royale du Canada.

Photo : Radio-Canada

Pierre-Philippe LeBlanc

Les femmes sont exposées à bien des dangers, selon Chantal Thanh De Alba. La résidente de Shediac a porté plainte à la police pour une agression sexuelle qu’elle dit avoir subie samedi dernier dans un taxi à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Mme Thanh De Alba, qui est travailleuse sociale au Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour, raconte qu’elle s’est rendue chez un ami à Moncton où elle a garé sa voiture. Comme elle voulait sortir seule au centre-ville où elle comptait prendre un verre, elle a appelé un taxi.

Le taxi est venu me chercher. Quand il m’a déposée au restaurant, il m’a donné sa carte d’affaires avec son prénom et son numéro de téléphone. Comme ça, je pouvais le rappeler quand j’étais prête à retourner chez mon ami à la fin de la soirée, relate Mme Thanh De Alba.

Une photo Facebook de  Chantal Thanh De Alba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chantal Thanh De Alba est travailleuse sociale au Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour. Elle a voulu raconter son histoire difficile « pour que le monde sache ce qui se passe.»

Photo : Facebook / Chantal Thanh De Alba

Un détour non planifié

Après un souper et une soirée de danse, les choses se sont gâtées au retour dans le même taxi. Circulant sur le chemin Gorge, dans le nord de Moncton, en pleine nuit, le chauffeur n’a pas tourné dans la rue qui menait à la destination de Mme Thanh De Alba, dit-elle.

Il ne voulait pas me reconduire chez mon ami. Il me demandait constamment d’avoir du fun avec lui. Il voulait qu’on aille quelque part ensemble, juste moi et lui.

Chantal Thanh De Alba, victime alléguée d'agression sexuelle

La jeune femme raconte qu'il lui répétait les mêmes questions.

Je lui répondais chaque fois que j’étais fatiguée. “Je vais juste aller dormir. Je vais juste retourner chez mon ami.” Mais il continuait juste à conduire, relate-t-elle.

Un arrêt « à l'abri des regards »

Le chauffeur s’est ensuite arrêté dans un endroit où il n’y avait aucune maison ni éclairage public, poursuit Mme Thanh De Alba.

J’ai pensé peut-être que je devrais juste courir et aller me cacher, mais je n'avais aucune idée où j’étais et j’avais peur qu’il me trouve. Qu’est-ce qu’il m’aurait fait après?

Chantal Thanh De Alba, victime alléguée d'agression sexuelle

Le chauffeur, raconte-t-elle, lui a alors dit de prendre place à l’avant à côté de lui, ce qu’elle a fait par peur.

J’ai juste été m'asseoir en avant. C’est là qu’il a commencé à me faire des attouchements sexuels dans l’auto. Il avait commencé à conduire de nouveau en me touchant. Je continuais de lui dire que j’étais vraiment fatiguée, que je voulais juste retourner chez mon ami et m’en aller, dit-elle en peinant à retenir ses larmes.

Les faits entendus par un témoin

Chantal Thanh De Alba ajoute qu’elle avait son téléphone en mode silencieux. Lorsque le taxi n'a pas suivi la route prévue, elle a envoyé un message d’inquiétude à son ami. Ce dernier l’a appelée peu après et il a, selon elle, entendu le chauffeur lui faire des avances et elle qui les refusait.

Son ami, Daniel MacLean, explique qu'il n’entendait au début qu’un bruissement et qu'il ne savait pas que le téléphone de son amie était en mode silencieux ni qu’elle espérait qu’il devienne un témoin auditif.

Il dit avoir compris peu après que son amie avait des difficultés lorsqu’il a entendu le chauffeur lui demander si elle voulait aller avec lui et avoir du plaisir. M. MacLean affirme qu’il a alors ressenti une grande inquiétude pour elle et qu’il l’a entendu dire au chauffeur que ses mains étaient froides.

Daniel MacLean ajoute qu’il est resté à l’écoute jusqu’à l’arrivée du taxi chez lui et qu’il a photographié la plaque d’immatriculation du véhicule.

Une fois à l’intérieur de sa maison, Mme Thanh De Alba s’est effondrée.

J’étais juste par terre. Comme je pleurais beaucoup, je paniquais parce que je ne pouvais pas croire ce qui venait juste de m'arriver. Je voulais juste avoir une belle soirée.

Chantal Thanh De Alba

La Néo-Brunswickoise se dit bouleversée par ce qu'elle a vécu, alors qu'elle pensait être en sécurité.

Je faisais une chose responsable et sécuritaire en prenant un taxi parce que j’allais boire du vin et que je ne pouvais pas conduire, mais finalement, c’était une façon dangereuse, s'indigne-t-elle, consternée.

Une plainte à la GRC

Chantal Thanh De Alba ajoute qu’elle a porté plainte à la Gendarmerie royale du Canada et qu’un agent s’est rendu sur place le soir même pour prendre sa déposition. Son ami aussi a fait une déposition en tant que témoin, souligne-t-elle.

Mme De Alba dit qu'elle a décidé de témoigner par solidarité à l'égard de toutes les femmes, même si elle se sent vulnérable.

Je voulais juste m’assurer que ça n'arrive pas à d’autres personnes et même si c’est difficile de dire mon histoire. Je trouvais que c’était important pour la cause d’avoir cette voix-là et que le monde sache ce qui se passe.

Chantal Thanh De Alba

Le sergent Tyson Nelson, de la Gendarmerie royale du Canada, confirme qu'une plainte pour agression sexuelle a été reçue le 23 février, vers 1 h, et qu’une enquête est en cours.

Aucune des allégations de Chantal Thanh De Alba n’a encore été prouvée en cour.

Le chauffeur suspendu

Chantal Thanh De Alba dit avoir aussi porté plainte à l’entreprise de taxi White Cab.

Le propriétaire de White Cab confirme qu'une plainte a été portée contre un de ses chauffeurs et que ce dernier est suspendu jusqu'à la fin de l'enquête policière.

Réglementation entourant les taxis à Moncton

Dans le Grand Moncton, c’est la ville de Moncton qui octroie les permis de taxi. Une porte-parole du service des communications affirme qu’on exige systématiquement aux nouveaux demandeurs une vérification de leur casier judiciaire auprès du service Codiac de la GRC en plus d’une vérification relative aux personnes vulnérables.

Le propriétaire précise que le chauffeur en question était à l'emploi de l'entreprise depuis environ trois ans.

Il ajoute que tous les chauffeurs associés à son entreprise ont un permis pour conduire un taxi et que la Gendarmerie royale du Canada a confirmé qu'ils n'ont pas d'antécédent judiciaire.

White Cab compte environ 300 chauffeurs à plein temps et à temps partiel. Il est très rare, selon l'entreprise, qu'une plainte soit portée contre l’un d’eux. Il assure que son entreprise prend au sérieux les allégations faites par une cliente.

Avec des renseignements de Sophie Désautels, de Radio-Canada, et de Tori Weldon, de CBC

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