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Le CP obtient une injonction pour lever le blocage à Kahnawake

À l'aide d'une excavatrice, des hommes ont installé des murets de béton.

Les manifestants de la communauté mohawk de Kahnawake ont fait installer, mardi, deux nouveaux murets pour renforcer la barricade.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le Canadien Pacifique (CP) a obtenu une injonction concernant le barrage à Kahnawake, mardi avant-midi, à la Cour supérieure du Québec. L’ordre de lever la barricade doit maintenant être signifié aux manifestants par un huissier.

Le blocage des rails en soutien aux chefs héréditaires wet’suwet’en se poursuit pour un 15e jour dans ce territoire mohawk au sud de Montréal. La barricade perturbe notamment le service de trains de banlieue de l'entreprise exo sur sa ligne 4 entre Candiac et Montréal, interrompu depuis le 8 février.

Pour l'instant, une trentaine de personnes se trouvent toujours sur les rails. À l'entrée du camp, à une trentaine de mètres de la voie ferrée, d'autres manifestants se relaient.

Une vingtaine de manifestants devant leur blocage.

Le blocage à Kahnawake, au sud de Montréal, est en place depuis le 8 février.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'injonction est valide jusqu'au 5 mars et autorise la Sûreté du Québec (SQ), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les Peacekeepers, force de police locale à Kahnawake, à assister le CP dans l’exécution de l'ordonnance.

Lundi soir, lors d’une rencontre d’urgence de la communauté de Kahnawake, les Peacekeepers ont toutefois indiqué à une journaliste de CBC qu’ils n’avaient pas l’intention de faire respecter une injonction.

Nous n'avons aucun intérêt à criminaliser les gens qui défendent nos droits, a déclaré le chef des Peacekeepers, Dwayne Zacharie, qui a aussi assuré aux gens présents que son service de police est le seul à pouvoir intervenir sur le territoire en vertu d'un accord tripartite entre Kahnawake, Québec et Ottawa.

Il reste donc à savoir qui accompagnera l'huissier afin d'appliquer l’injonction.

Du côté des autorités du territoire, on s'est dit déçu de l'injonction, car les relations avec le CP étaient cordiales jusqu'à maintenant. Notre position ne change pas. Nous sommes ici en soutien aux chefs wet’suwet’en. S’il y a une entente avec le gouvernement fédéral et la GRC et que les chefs sont satisfaits, la barricade sera démantelée. Nous espérons que la police du CP, la SQ et la GRC ne feront rien de précipité, a indiqué Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake.

Quelques minutes avant que le juge Michel Pinsonnault rende sa décision au palais de justice de Montréal, le premier ministre du Québec, François Legault, avait aussi commenté la situation.

Les Québécois ont assez souffert, c’est le temps d’agir. On souhaite évidemment que ça se fasse de façon correcte, sans violence. Je suis assez vieux pour me rappeler d’Oka, on sait qu’il y a des Mohawks qui sont armés, donc on est très prudents.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a réitéré à de multiples reprises que la prudence était de mise, avant de lancer que la SQ a son appui. On parle avec Joe Norton (le grand chef de Kahnawake). Je fais confiance à la SQ pour prendre toutes les mesures possibles pour essayer d’agir avec les Peacekeepers. J’ai confiance que la SQ va réussir à démanteler les barricades partout au Québec, a-t-il dit.

La SQ n'a pas voulu commenter pour le moment. Elle renvoie les journalistes à la police du CP et invoque la possibilité que les Peacekeepers lui demandent assistance.

Des manifestations ailleurs au Québec

L'ordonnance s'applique aussi à toute autre propriété du CP, y compris toutes emprises ferroviaires, intersections, lignes de chemin de fer, terminaux, terrains, locaux, installations dans la province de Québec, peut-on y lire.

L'injonction touche donc aussi la vingtaine de manifestants qui bloquaient la voie ferrée dans le secteur de Lennoxville, à Sherbrooke, depuis 9 h 45 mardi matin. À 14 h 45, les policiers du Service de police de Sherbrooke ont commencé à procéder à l'arrestation de ces individus, dont la plupart étaient masqués et refusaient de révéler leur identité. La barricade est levée depuis environ 15 h.

En Gaspésie, les Micmacs de Listuguj continuent de bloquer la voie ferrée et mènent aussi des actions sur la route 132. Là aussi, une injonction se profile à l'horizon. Le gouvernement du Québec s'est présenté devant un juge en début d'après-midi, et à 15 h, les quelques manifestants présents ont demandé aux médias de quitter les lieux.

Contrairement aux voies entravées à Sherbrooke et Kahnawake, qui sont opérées par le Canadien Pacifique, la voie ferrée à Listuguj appartient à Québec par l'entremise de la Société du chemin de fer de la Gaspésie.

Une femme se tient sur le bord de la route. Elle tient dans sa main gauche un drapeau sur lequel on voit le visage d'une femme autochtone de profil.

À Kanesatake, des manifestants en soutien aux Wetsuwet'en sont présents sur la route 344 et entravent partiellement la route.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pendant ce temps à Kanesatake, autre territoire mohawk au nord de Montréal, des manifestants sont présents sur la route 344 depuis mardi matin et entravent partiellement le chemin Oka.

Dans ce qui ressemble à un point de contrôle, les automobilistes sont parfois arrêtés, mais ne sont pas bloqués.

La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI) a d’ailleurs annulé en partie le transport scolaire dans les environs mardi matin.

En ce qui concerne les élèves résidant dans la zone bloquée, il est impossible pour la CSSMI d'assurer le service du transport en toute sécurité. Les parents concernés sont donc invités à venir porter leur enfant à l'école, a précisé la commission scolaire dans une note aux parents.

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