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L'ex-président égyptien Hosni Moubarak est mort

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Hosni Moubarak, photographié de profil

Hosni Moubarak, photographié le 26 décembre 2018, alors qu'il était assistait au procès de l'ex-président Mohamed Morsi, accusé de s'être évadé de prison.

Photo : Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Radio-Canada

L'ex-président Hosni Moubarak, dont le controversé règne de 30 ans à la tête de l'Égypte a abruptement pris fin après le soulèvement populaire de 2011, est mort mardi, à l'âge de 91 ans.

Selon la télévision d'État, l'ancien leader a rendu l'âme dans un hôpital du Caire, à la suite de complications survenues après une intervention chirurgicale dont la nature n'a pas été précisée.

La nouvelle de son décès a été relayée par la télévision égyptienne, qui arbore depuis un ruban noir symbolique.

Les funérailles militaires auront lieu mercredi à la mosquée al-Mouchir Tantaoui, dans l'est du Caire. Et les autorités ont décrété une période de deuil national de trois jours à compter de mercredi.

Hommages et critiques

Plusieurs personnalités ont réagi à la disparition de M. Moubarak sur les réseaux sociaux.

Mohamed el-Baradei, prix Nobel et opposant libéral à l'ancien autocrate, a présenté ses condoléances à la famille du défunt.

Ayman Nour, opposant exilé en Turquie et ancien candidat à la présidentielle de 2012, a déclaré sur Twitter lui pardonner.

Il a vécu comme un criminel et un tyran, et il est mort comme un criminel et un voleur, a tweeté Racha Azab, une journaliste et opposante de gauche, figure de la révolution dont la répression avait fait au moins 850 morts.

Israël a été parmi les premiers pays à réagir au décès de Moubarak, le premier ministre Benyamin Nétanyahou rendant hommage à un ami personnel, un leader qui a conduit son peuple à la sécurité et à la paix avec Israël.

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a salué son engagement en faveur de la liberté et de l'indépendance du peuple palestinien.

Le prince héritier d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, a estimé sur Twitter que Moubarak avait travaillé avec loyauté pour l'unité arabe et la stabilité, et s'était opposé fermement au terrorisme.

Répression et alliance avec Washington

Hosni Moubarak avait pris les rênes du pouvoir en 1981, après que l'ancien président Anouar Al-Sadate eut été assassiné par un commando islamiste pour avoir normalisé les relations diplomatiques entre l'Égypte et Israël.

Au cours des trois décennies suivantes, il a gouverné son pays d'une main de fer, en maintenant en place l'état d'urgence qui accordait des pouvoirs élargis à la police en matière d'arrestation et de détention.

Son règne a aussi été marqué par une alliance indéfectible avec les États-Unis, qui le considéraient comme un rempart contre les Frères musulmans et un garant de la stabilité dans la région. L'Égypte a ainsi reçu des milliards en aide militaire américaine.

Son régime a finalement vacillé à l'hiver 2011, à l'occasion d'un soulèvement populaire survenu un mois après que la Tunisie eut donné le coup d'envoi au Printemps arabe.

Des centaines de personnes, dont plusieurs brandissant des drapeaux égyptiens, manifestent leur joie dans une rue du Caire.

La démission du président Moubarak, le 11 février 2011, avait été accueillie par une explosion de joie sur la place Tahrir, point de ralliement des manifestants qui exigeaient son départ.

Photo : Getty Images / Chris Hondros

Face à la pression de millions d'Égyptiens, des jeunes pour la plupart qui ont occupé la place Tahrir pendant plusieurs jours, Hosni Moubarak s'est finalement fait montrer la porte par l'armée, dont il était pourtant issu.

Arrêté en avril 2011 et accusé du meurtre de centaines de manifestants, il avait initialement été condamné à la prison à vie en juin 2012.

Il avait toutefois porté sa cause en appel et obtenu gain de cause deux ans plus tard. La décision avait soulevé l'indignation de millions d'Égyptiens, qui avaient de nouveau battu le pavé pour manifester leur colère.

En 2014, Hosni Moubarak avait été condamné à trois ans de prison après avoir été reconnu coupable de corruption lors d'un nouveau procès. Il a cependant été libéré deux ans plus tard, acquitté en appel par la Cour de cassation.

L'ex-président égyptien n'aura finalement passé que peu de temps derrière les barreaux; l'essentiel de ses peines de prison ayant été purgées dans un hôpital militaire du Caire.

Alors que ma vie approche de son terme, grâce à Dieu j'ai la conscience tranquille et je suis content d'avoir passé [ma vie] à défendre l'Égypte, avait-il déclaré lors d'un de ses procès.

Son régime a par ailleurs été rétabli par Abdel Fattah Al-Sissi, qui a renversé en tant que chef de l'armée le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

Porté au pouvoir en 2014 après avoir remporté des élections avec un score soviétique, Al-Sissi a depuis rétabli l'état d'urgence et livre une lutte impitoyable aux Frères musulmans. Des centaines d'entre eux ont depuis été condamnés à la peine capitale.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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